I. V. 1 17 et suiv. de VEp, IX, — 2, Ép, IX^ v
ses Fâchetix : ** Sire, j ajoute une scène à la Comédie ; ••* et c'est une espèce de Fâcheux assez insupportable " qu'un homme qui dédie un livre. Votre Majesté en ** sait des nouvelles, plus que personne de son royaume; ** et ce n est pas d'aujourd*hui qu elle se voit en butte ** à la furie des épîtres dédicatoires ('). " Molière écrivait six ans plus tard au grand Condé, en lui offrant une autre Comédie :"N'en déplaise à nos beaux esprits, " je ne vois rien de plus ennuyeux que les épîtres ** dédicatoires ; et Votre Altesse Sérénissime trouvera ** bon, s'il lui plaît, que je ne suive point ici le style de " ces messieurs-là, et refuse de me servir de deux ou " trois misérables pensées, qui ont été tournées et ** retournées tant de fois, qu'elles sont usées de tous ** les côtés. "
On ne pouvait mieux caractériser, ni mieux éviter, ces banalités pompeuses et mendiantes (').
" Et partout, enfantant mille ouvrages frivoles, " Trafiqua du discours et vendit les paroles.
Le trafic, dont Boileau fait grand fracas, ne rapport;aît pas de lourds revenus ; témoin cette phrase écrite en 1688 :" Il n'y a point d'art si mécanique, ni de si " vile condition, où les avantages ne soient plus sûrs, " plus prompts et plus solides (^). "
Mais aussi pour tant d'ouvrages ** frivoles" produits par des sots besoigneux, combien de chefs-d'œuvre sont dus à la glorieuse pauvreté d'hommes de génie ! Telle était la réflexion que faisait Charles Sorel, tandis que Boileau, nanti de pistoles, limait sa Poétique ; " Il
2. " M. de Furetière a dit (Roman Bourçreois) que le premier inven- " leur des dédicaces fut un mendiant. " ^Ménagiana^ t. II, p. 1 10.)