Traité de la Poés.fr. 2^ P., ch. VI
" Au joug de la raison sans peine elle fléchit, *• Et loin de la gêner, la sert et l'enrichit.
" J'ai dit dans mon Aj't PoLHiijice, (c'est Despréaux qui se commente lui-mcme) « en parlant de la rime :
<i Au joug de la raison, etc Cela est vrai ; et
" souvent une rime extraordinaire et difficile fait trou- *' ver un beau sens pour la remplir. J'en pourrais fournir '• une infinité d'exemples ; mais il n'y a qu'à ouvrir les " poésies de nos bons écrivains, \oici deux vers assez ** sini^uliers: ils sont de Dalibray, qui n'était pourtant ** pas un fort grand poète. C'est la métamorphose de " Montmaur (') en marmite :
" Son collet de pourpoint s'étend et forme un cercle , " Son chai)eau de docteur s'aplatit en couvercle.
'* Nous n'avons dans notre langue que ces deux ** mots qui riment ensemble ; et il ne semblait pas '' qu'ils dussent se rencontrer. Cependant voyez quelle *' peinture ils font, et quel sens ils produisent ! Ils ** s'enrichissent mutuellement (") ".
" Mais lorsqu'on la néglige, elle devient rebelle,
** On n'entend pas cela! s'écrie Desmarets ; et il '' (Despréaux) néglige tellement la rime, qu'il rime *' monstruetix avec comme eux... C'est rimer en éco- '^ lier " (^).
Boileau commet cette rime faible, six ou sept vers plus bas. Il en commet nombre d'autres pareilles ; et pourtant son siècle admira la richesse de ses rimes ! Mais on ne voit pas comment Desmarets a tant de peine à entendre un vers et une idée parfaitement intelliofibles.