L. IX, f
— 2. Lettre à VAcad.^ ch. V. — 3. Fables
avait pourtant soupçonne, longtemps avant Hoilcau,
le plus court chemin d'éviter l'abondance stérile :
" Nous écririons moins, si nous méditions davantage
** Si nous nous conseillions avec le temps, il réduirait
*' nos excès à la médiocrité, outre les autres bons offices
" qu'il nous rendrait.
" Cet homme, disait-on à Paris lorsque j'y étais, a
*' fait un grand livre, parce qu'il n'a pas eu le loisir d en
** faire un petit (').
" Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire :
" Un vers était trop faible et vous le rendez dur;
" J'évite d'être long et je deviens obscur;
" L'un n'est point trop fardé, mais sa muse est trop nue;
" L'autre a peur de ramper, il se perd dans la nue.
Chacun de ces vers, sauf le second, est une imitation d'Horace :
" In vit in m ducit culpae fuga... v. 31. " B revis esse laboro, " Obscurus fio ; sectanteni laevia nervi
" Deficiunt^ a?ii?nique ; professas }:[randia turget... v. 25 et seqq. *' Aut dît m vitat huninni mibes et inania captât. " v. 230.
Vauquelin avait traduit :
" Sous l'espèce du bien souvent on se déçoit;
'* Qui fait que la plupart des poètes s'abuse.
" Car l'un, pour être bref, importunant la muse,
" Trop obscur il devient : à l'autre le cœur faut,
" Suivant un sujet bas : trop s'enflant, s'il est haut... (^) "
Les contemporains de Boileau redisent à l'envi ces apophthegmes renouvelés d'Horace et du bon sens.
1. Socrate chrétien. Disc. X*^. — On a admiré le fameux Post-scriptum de Pascal à sa 16 lettre (Provinciales)., avouant " qu'il ne l'a faite plus longue, que pour ce qu'il n'a pas eu le loisir de la faire plus courte. "' Pascal, ce grand défenseur de la morale sévère, n'est-il pas de ceux qui prennent leur bien où ils le trouvent ?