Disc, sur les Œuvres de M. Sarrasin^ 1663, p
3. Pratique du Théâtre, éd. d'Amsterdam, 1. 1. L. III, p. 241,
204 L'ART POÉTIQUK
" Un style trop ë^al et toujours uniforme
" En vain brille h nos yeux, il faut qu'il nous endorme.
" On lit peu ces auteurs nés pour nous ennuyer,
Desmarets n'entend pas les deux premiers vers, ou ne veut pas les entendre : " Que veut dire cela? Il " semble qu'il (Despréaux) devait plutôt dire : // //e '' faut pas qu il nous cjidormc.
" Mais le style de Virgile est uniforme,étant toujours "égal; et Horace dit qu'il faut qu'un poème aille " toujours d'une même force, comme un beau fleuve " qui coule toujours avec même force et pureté : " Ve]icme7is et liquidus puroque siniillinius anini ('). "
Desmarets prend ziniforme dans le sens à' égal; mais ce mot a une autre signification, qui est : é7'0p égal, ou monotone; et c'est en ce sens, très intelligible, que
L'ennui naquit un jour de Xuniformiié.
Desmarets répond au troisième vers de Boileau :
" On lit peu, etc " : '' ...Celui qui plaît toujours par
" ses diverses inventions, qu'il soutient avec une égale '' force de diction, n'ennuie jamais (^).
A merveille; mais précisément, s'il n'ennuie point, c'est à cause de " ses diverses inventions ", en d'autres termes, à cause de sa variété. Lorsqu'il rédigeait ses remarques, Desmarets songeait, sans nul doute, à son Clovis, dont le tort est d'être uniforme, c'est-à-dire, continuellement égal.
Boileau n'aimait point les vers qui invitent au sommeil ou aux bâillements, précurseurs du sommeil. Peut-être en rimant son précepte sur le style " trop égal " se rappelait-il ceux qu'il fait dire à l'un des convives du Repas ridicule :