Jeudi, 5 mai
2. Vigneul-Marville explique d'une façon singulière l'affluence des poètes dans la province de Normandie. Selon lui " les poètes abondent " plus dans les pays où le flegme règne, que dans les pays où le feu " brille davantage... En Normandie, qui est une province toute flegma- " tique, les poètes y naissent plus facilement que dans les autres pro- " vinces de France. " {Mél. t. I, p. 214-5.)
Baillet déclare que la température fort inégale de Normandie n'a causé " aucune bizarrerie dans la production des beaux esprits et des savants " hommes, dont cette province a toujours été fort libérale pour toutes " sortes d'arts et de sciences. "(/?<;?". des sav. t. I, p. 189.) — Le même Baillet détaille au long et au large les aptitudes intellectuelles et les gloires de chaque province. En son Tome V*^ des /uge?ne?its, il avoue (pp. 185 et suiv.) que, de son temps encore, vers 1685, la Normandie est estimée aussi féconde en poètes *' que dans les autres espèces de savants, dont " on peut dire qu'elle a toujours été la mère et la nourrice. " Sur quoi, il dresse un catalogue des poètes de cette province privilégiée; il en compte une cinquantaine, bien qu'il oublie nombre de poètes fameux, comme Vauquelin de la Fresnaye, Patrix, Fontenelle, et même Jean Loret, le rédacteur de la " Muse historique ".