Ibid., t. XIV, p
OÙ s'aiguisa l'esprit de Clément Marot et de ses confrères ?
I" La Ballade. Elle se composait, dit le P. Mourgues. de trois couplets et d'un " envoi, où l'on met *' quatre ou cinq vers, selon que le couplet est un " huitain on un dixain. Les ballades ont été fort en " vogue ; elles n'y sont plus tant: mais ce goût ancien '* peut revenir ('). "
Le P. Mourgues cite la Ballade au Roi de La P^ontaine :
" Roi vraiment roi, cela dit toutes choses, etc. "
La Fontaine était un rajeunisseur, et son gracieux génie se prêtait bien à ces formes légères du temps jadis. Malgré cela, les ballades n'étaient plus démode. En vain le Vadius de Molière assurait-il que :
" La ballade pourtant charme beaucoup de gens ; "
Trissotin pouvait lui répondre, en son nom, et au nom du public :
" La Ballade, à mon goût, est une chose fade ;
" Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps. "
La Ballade était un jeu d'esprit, un compliment. Mais r "adresse à un prince ou aune princesse n'était " pas une loi, comme pour le Chant- Royal (^). " Elle n'avait aucun rapport avec le petit poème mystérieux, légendaire, naïf, que la littérature française, anglaise, ou allemande, intitule : Ballade,
2° Les Triolets étaient et sont une des formes les plus délicates de la poésie malicieuse, fine, ou rieuse. Le P. Mourgues disait: '' Le caractère du Triolet étant '' essentiellement plaisant et un peu badin, on n'en fait
I. 7>. de la Pocs. fr., IIP P. — 2. P. Mourgues, îbid., loc. cit.
'' guère sur des sujets graves, ni pour louer ; mais ils " sont admirables pour un trait de raillerie un peu sati- " rique ('). "
Le triolet, est une sorte de rondeau de huit vers, dont les deux premiers ont un sens complet; '' et toute " la finesse du triolet consiste dans les applications " ingénieuses que l'on fait de ces deux vers, que l'on " répète, en forme de refrain ('').
La Fronde vit relleurir les triolets. Elle s'en servit contre le Mazarin; Condé en rima un contre le " brave "comte du Maure " ; Saint-Amant fit l'histoire du '' Blocus de Paris, en triolets, après avoir, au début de '' la pièce, donné le précepte et l'exemple de la mesure " et des retours :
" Pour construire un bon triolet,
" Il faut observer ces trois choses ;
" Savoir : que l'air en soit follet,
" Pour construire un bon triolet ;
" Qu'il rentre bien dans le rôlet,
'* Et qu'il tombe au vrai lieu des pauses :
" Pour construire un bon triolet,
" Il faut observer ces trois choses. "
Citons encore une ou deux de ces strophes joyeuses; voici d'abord la disette :
" Il n'est ni figue, ni raisin, " Il n'est amande, ni noisette, " Chez l'épicier notre voisin, ' Il n'est ni figue ni raisin ; " On a vidé le magasin, " Quoi qu'en rapporte la Gazette ; " Il n'est ni figue, ni raisin, " Il n'est amande, ni noisette.
Mais à la fin :