‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 32 sur 258 · Préfaces de 1674 et · texte numérisé non relu

Préfaces de 1674 et

IVadoii, nous affirnions ([ue ce ne sont point les plus mauvais.

5^ On reproche à Boileau son paganisme systématique.

" Es-tu 'l'iirc ? es tu Maure? idolâtre ou chrétien ? "

lui demande Desmarets.

C'est à ce chef d'accusation que s'attache l'auteur du Clovis. Nous le citerons tout au long dans les notes du iiic chant. Quatre-vingts vers de cette iii^ partie visaient directement les idées et théories chrétiennes de Desmarets. L'athlète octo£{énaire se défendit avec vigueur, et souvent avec les meilleures raisons du monde. Mais Boileau se savait appuyé. Il n'opposa aux prolixes arguments du poète chrétien qu'une épigramme peu acérée, par laquelle il se réclame de l'autorité de Racine :

'* Racine, plains ma destinée etc..

Pour toutes ces particularités du débat soulevé et soutenu par Desmarets, nous renvoyons au commentaire du chant iii^ où nous essaierons de présenter la question du merveilleux dans son plein jour. On y verra que Desmarets n'était point isolé en cette escarmouche et qu'il y apporta la plupart des arguments, qui ont fini par prévaloir, après un siècle et demi de fadeurs mythologiques.

Notons dès à présent que de tous les adversaires de \ Art Poétiqtce, Desmarets fut, malgré des minuties, le plus sérieux, et jugé comme tel par Boileau. Après lui avoir lancé quatre-vingts alexandrins pesants, Boileau écouta les remarques du vieillard. Il feuilleta la Défense du poème héroïque et il eut le bon esprit d'en profiter. Nous indiquerons/^ j'i'^V;^ certaines corrections

dues à cette lecture ('). Notons aussi derechef que la longue réplique de Desmarets ne passa point inaperçue. Son livre se fit lire du public lettré; Bayle nous l'a dit (''). Malheureusement Desmarets était condamné d'avance par le goût dominant de l'époque, et par ce motif que la raison du plus fort est toujours la meilleure auprès de la foule.

La guerre déclarée par Desmarets aux doctrines mythologiques de Boileau, guerre continuée par Charles Perrault, fut reprise après une trêve, par un champion assez peu célèbre, M. Frain du Tremblay, de l'Académie royale d'Angers (''). Lui-même confesse sa témérité, en ces termes : " Il me semble que j'entends " Messieurs du Parnasse (Boileau et les autres partisans " de la mythologie) s'élever en foule et s'écrier : Qui '* donc est ce nouvel Aristarque, qui se mêle de nous " reprendre, qui s'ingère de donner des lois dans un " pays qu'il ne connaît point, et où il n'est point con- '' nu ? Je les vois déjà prêts à me réduire en poudre " par leurs vers foudroyants, à me traiter d'impie com- " me un Zoile et d'insensé comme un Ariphrade *' etc.. (^) " Là-dessus l'Aristarque, ou l'Ariphrade, angevin invective fort contre Despréaux, contre \ Art Poétique, zon\,xç. le Paganisme érigé en dogme littéraire; il appelle cela *' une poussière de collège", '' un ridicule assemblage". Puis il s'enprend à lamoralepassablement relâchée, oii certaines doctrines de X Art Poétique conduisent, non en théorie, mais en fait. L'académicien provincial gourmande le Satirique parisien, pour avoir

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