II. — Sources de ce commentaire
OILEAU fut l'écho, tout autant que l'oracle, de son époque; nous ne cesserons de le redire et de le prouver. Brossette écrivait en tête de ses Eclawcissements : '' C'est
'' l'histoire secrète des ouvrages de M. Despréaux; '' mais c'est aussi en quelque façon l'histoire de son
** siècle ('). " Brossette n'exai^crc rien. Tout ce que Boileau a écrit, avait été écrit, ou fut répété par son siècle. Boileau, dans sa Poétique, n'a peut-être pas versifié une seule demi-phrase, qui n'ait été émise en prose, ou autrement, avant lui ou à côté de lui.
La PotUique c'est tout le xvii^ siècle classique, avec ses principes, ses recettes, ses préjugés et son bon sens. Toute publication littéraire qui précéda ou suivit la Poétique, a une affinité naturelle, nécessaire avec ce code, avec cet arsenal de règles et de jugements.
Sainte-Beuve prête quelque part à Despréaux l'attitude de Caton le censeur, exerçant d'un air refrogné sa rigide magistrature :
" His daîitem jura Caioiem. "
C'est bien l'idée que l'on se fait souvent du satirique, devenu le " Grand Prévôt du Parnasse " français ('); cette idée est-elle très exacte.'^ Despréaux ressemble beaucoup plus à ce portrait que Vaugelas traçait de lui-même, au début de ses Remarq^ies : " Je ne pré- ** tends passer que pour un simple témoin, qui dépose '' ce qu'il a vu et ouï, ou pour un homme qui aurait fait " un recueil d'arrêts, qu'il donnerait au Public. " \^oilà, en vérité, l'attitude de Boileau dans s>on A 7't Poétique. Son poème est un recueil d'arrêts. Boileau rédige, coordonne, couche par écrit, en quatre chapitres rimes, ce qu'il a vu et ouï chez l'aristocratie ou la roture des écrivains de France.
Puis, dans ses autres ouvrages de prose et de vers, satires, épitres, réflexions critiques sur Longin, correspondance, etc., il revient sur ses préceptes, il les