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L'art profane à l'église

Quand nous voyons les galeries nationales reconnaître la nécessité d’un « Musée secret’ », nous ne saurions approuver l’exposition injustifiable d’objets plus que déplacés dans une église.

Chanoine Aciiilee Laju’he, 1879.

Nous i*eiivoyons nos lecteurs à TAvertissement des Seins à Végli se. D’ailleurs, il appartient surtout à ce nouveau volume qui, à l’origine, devait faire partie de la même publication, sous le litre du Nu à V église. Mais l’abondance des matières nous a obligé à séparer cette étude de la précédente, et, si nous avons modifié le premier titre, trouvé trop cru^ notre programme est resté le même.

Ce volume est donc le complément de V Iconographie religieuse traitée dans nos Seins à V église *. Là, nous avons envisagé les manifestalions du nu dans fart chrétien, à un point de vue général. Ici, nous nous occupons principalement des nuda exposés dans les édifices religieux et que les guides, les archéologues ou les critiques d’art, trop collet-monté, « qui parlent proprement et ennuyeusement », disait La Bruyère,

1. ru, par suite, se rattache à nos précédents travaux qui comprennent une douzaine de volumes in-8, sur l’Anatomie et la Physiologie humaines, considérées par leur coté anecdotiijuc, littéraire et artistique.

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passent sous silence dans leurs descriptions, forcément incomplètes, soit par hypocrisie, soit par esprit mercantile : il ne faut pas nuire à la vente d’ouvrages écrits avec l’encre de la « Petite Vertu ».

Pour ne citer cpi’un exemple, voyez le résultat de pareille restriction mentale : combien de curieux des choses de l’art ont visité Saint-Pierre de Rome sans avoir rien compris aux piliers du baldaquin ! Ils en trouveront la clef dans notre excursion à l’étranger.

Nous nous attaclions donc à combler ces lacunes regrettables et à parfaire l’éducation artistique des trop nombreuses victimes de la censure (( fulbertine ».

Nous avons recours à la documentation par l’image, et nous en usons jusqu’à l’abus, persuadé que la vue d’une gravure est une leçon de choses autrement éloquente que le plus brillant morceau de littérature descriptive. Les orthodoxes nous sauront gré de n’avoir pas hésité à reproduire les illustrations les plus libres qu’ils rencontrent chaque jour sur les murs des temples du Seigneur, et, pour ce devoir accompli, nous n’attendons d’eux ni indulgence ni (( indulgences ».

Quelque attentive qu’ait été notre recherche, nous ne saurions affirmer qiPelle n’ait rien laissé échapper de ce qui subsiste, surtout à l’étranger, où des chercheurs, amis des beaux-arts, seront plus à même que nous de grossir notre collection. Mais qu’ils se hâtent, carie fléau de la pudibonderie envahit le monde entier et aura tôt accompli son (cnvre dévastatrice.

Déjà beaucoup de ces aimables témoins de la franchise et de la jovialité de nos pères, « qui traitaient avec Dieu à la bonne gauloise », selon l’expression familière à saint François de Sales, ont disparu par l’effet du temps, d’accidents div-ers et des passions des hommes. Nous avons à compter avec

le vandalisme des hiigueiiols, des révolulioimaires et du clergé catholique, lui-même, qui a détruit bon nombre de curiosités archéologiques, de plein gré et, parfois, sur la décision des conciles. La religion, en effet, fut maintes fois iconoclaste, et ce n’est pas sans raison que Coysevox l’a représentée, parmi les figures allégoriques du tombeau de Mazarin V* foulant aux pieds les attributs des Arts.

Nous l’avons dit et le répétons : nous ne faisons pas seulement œuvre d’historien anecdotier ; nous prétendons servir la morale, en signalant ces tares du culte extérieur au souverain Pontife et en l’aidant à assainir les maisons de Dieu, dont saint Pierre lui a transmis les clefs. Nous nous approprierons les paroles de saint Cyrille, qui dénonçait les mœurs des Manichéens: « Je vous parle ainsi, je fouille dans les ordures de ces impies, afin de vous apprendre à ne vous en pas souiller ; je dévoile ces blessures hideuses, pour vous en garantir vous-mêmes ».

Lt à ce propos, nous renouvelons toutes nos excuses aux chastes Ligues contre « la licence des rues » et contre a les nudités dans l’art ». Nous les prions de nous pardonner de marcher sur leurs plates-bandes — oh ! combien plates ! — et d’explorer un terrain qu’elles ont fort négligé.

Mais nous ne saurions souffrir que les édifices d’où partent ces bataillons de croisés pour l’épuration des mœurs offrent des tableaux qu’ils qualifieraient de scandaleux, s’ils les avaient jamais aperçus eux-mêmes. A moins cependant que de tels tableaux ne les réjouissent, diront les malintentionnés : entre les goûts, la conduite et les principes de ces parangons de la vertu, de ces fervents gymnophobes, il y a un étrange désaccord.

Devons-nous rappeler la navrante défaillance d’un margiiil-

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