XLIV. — LOIR-ET-CHER
Romorantin
Cour-sur-Loir. — Olivier Merson donne la description d’une curieuse verrière de cette église :
Jésus enfant, vers quatre ans à peu près, debout, complètement nu, entre les genoux de sa mère, bénit la troupe des apôtres et de ses proches, enfants eux aussi, dans le même état d’absolue nudité. Le nom de chacun est inscrit sur le nimbe qui encadre la tête, nimbe jaune, seule coloration apportant quelque variété à toutes ces chairs enfantines. Ce sujet étrange — nulle part ne s’en rencontre la répétition — contient certainement, croyons-nous, une leçon mystique. Mais laquelle ? Il nous est impossible de la dégager.
Et si cette « leçon mystique » était une simple « mystification » du peintre vitrier, tout s’expliquerait?
Les Guéreïs. Saint-Jacques. — Une fresque du xii^' siècle expose
\. Au lieu dit le Ciirroi doré se trouve l'hotel Saint-Pol, où François reçut le malencontreux tison de la main de Montgomery, le père de celui qui creva rœil de Henri II. Sur chacun des piliers en bois de la porte, sont sculptés deux bas-reliefs, dont M. Lov. Scrib a donné la description et communiqué le dessin à la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts départementaux. Notre croquis ne donne qu’une faible et insuflisantc idée de la singularité de ces représentations qui sont de véritaldcs caricatures religieuses. L’une de ces sculptures nous montre saint Michel terrassant le démon, qui apparaît sous la lorme d un homme nu, avec une tête de cochon (üg. 343). L’autre sculpture nous ollrc une Annonciation (tig. 344) ultra-comique. A la place habituelle de l’Etcrncl, une tctc diabolique et ricanante domine la scène, entre deux canards qui soutiennent es draperies relevées d’un baldaquin de lit, abritant la Vierge et Cxabricl, lequel lui tourne le dos. Marie porte un corsage collant qui accuse la saillie de scs mamelles et elle appuie la main gauche sur un meuble (jui a 1 apparence d un bidet.
LOTR-ET-CTIER
une damnée nue, qui se débat contre un volumineux serpent, at taché à son sein droit.
Vendôme. La Trinité. — Le Bulletin monumental ^ rappelle que le chœur fut décoré, k la fin du xv^‘ siècle, de stalles, dont les ornements sont (t une œuvre admirable de verve burlesque ou pieuse, dans le choix des sujets ». Ces stalles, vendues en 1792 comme bois à brûler, furent achetées par un prêtre constitutionnel, le curé de Lunay, petite paroisse du Perche, qui les plaça dans son égdise.
Sur une miséricorde, un animal fantastique montre les témoins de sa sexualité, dissimulés sous la forme d’une lang-ue qui semble appartenir k une figure tracée sur son train postérieur (fig. 244 his).
Un vitrail de l’abside, côté droit, représentait un abbé mitré in naturalihiis ; ce prieur a dû se contenter d’un simple in partihiis par ordre de l’évêque qui lui fit ajouter un caleçon de bains. Et cependant cette église abbatiale est classée parmi les monuments historiques ; il y a donc Ik un attentat, un outrage k la majesté souveraine de Part, que nous dénonçons k Qui de droit.