‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 139 sur 183 · LXII. — SAONE-ET-LOIRE · texte numérisé non relu

LXII. — SAONE-ET-LOIRE

Giialon-sur-Saone. Musée. — Peinture de l’école lombarde (xve siècle), qui a dû appartenir à une église : Sainte Agathe^ tient ses seins coupés sur un plat.

Autun. D Cathédrale. Saint-Lazare. — Façade occidentale. Tympan de la porte centrale. Les phases de l’inévitable, mais étrange

1. Les gens du peuple, raconte Millin, en raison de la liaison do ces deux mots qui produit, à la prononciation, Lirenée entrent dans ce temple en se tenant le nez — comme le pleurant de Dijon — pour le préserver de quelque espièglerie du sort.

2. Durant les tumultueux inventaires, les ouailles de l’abbé Pourxet commirent une grave irrévérence envers le saint lieu et l’autorité, en faisant prendre au maire, M. Escudier {2 mars 1907), un bain de siège réfrigérant dans le l^éniticr de l’église.

3. En 15(i0, le clocher brûla par l’imprudence d'un plombier qui, séance tenante, subit la peine du talion :-la population exaspérée et })eu charitable quoique dévote, lit un autodafé du malheureux ouvrier, devant l’église en llammes. Pour mémoire encore, rappelons une antique coutume contre laquelle se seraient éle\ és nos galants et véhéments féministes. A la fondation de cette ville, au xi® siècle Humbert IV, sire du Breugnon, pour y attirer des habitants, leur accordait, entre autres privilèges, celui qui permettait aux maris de battre leurs épouses jusqu’à la première elfusion de sang, pourvu que la mort ne s’ensuivît pas. Depuis, les mœurs se sont adoucies, pour le sexe faible ; ce sont les maris qui sont battus et contents.

l'aut pfaofane. — I.

i/aut l* ko K aise a e éolise

Jugement^ découvert sous un enduit de plâtre^ appliqué sur les ordres d’un tonsuré qui avait la vocation de la maçonnerie.

Soyez plutôt maçon si c'est votre métier.

Ce faux franc-maçon, choqué

par les nudités du portail, n'osa pas

s AON i:-i<rr-Loi U k

les détruire; mais il les emmura comme autaiiL d’hérétiques. Kn ellel, ce poème en pierre, surtout dans la partie qui représente le Pcscnicnt des âmes et les tourments infernaux, fourmille de détails fantastiques. Plusieurs pécheresses charnelles ont les mamelles dévorées par des serpents. Nous ne décrirons pas ces extravar/anza, débordant de verve et d inspiration, 1 examen de leur dessin (lig-. dî)9) sera plus explicite que toute description ; et il ne donnera encore qu une faible idée de Paudacieuse et originale conception de son auteur,

Gislbertus ou Gilbert, qui Ta signée.

Ces nudités, écrit Lenient, que le Christianisme avait d’abord sévèrement proscrites comme un héritage du sensualisme païen, reparaissaient là non plus pour enivrer l’homme du spectacle de sa propre image, mais pour lui rappeler cette grande loi de misère et d’égalité que Job avait proclamée et qu’Eustache Deschamps célébrait en beaux vers, avant Malherbe :

Fig-. 400. — Reproduite par Vitry, Doc. de seul]).

^ ilment estes conçus,

D’où vient ce nom villains, qui le cœur blesce ;

\"ous estes tous d'une pel (peau) revestus.

... Ce n’est pas une satire, mais plutôt une terrible leçon dont l’auteur a résumé le sens dans ce vers, d’une harmonie presque infernale :

Terreal hic terror quos terreus allicjal error.

D’autres scènes, non moins variées (fig. i0())^ enjolivent les chapiteaux et font de cette cathédrale un musée de sculpture rétrospective h

1. Ou y remarque la chapelle où le tortillard Talleyraud-Péri<>oP,i a/.Knt., évé.,ue d'Autu., avant cio ..evèU.. Thalnt cl’aric.,nin' on <le

double) qui lui permit de servir tous les goiiveriiemeuls. Sou titre de nriuce dn Reiieveiit ue l aiitorisait-il pas à observer d’où soufflait le veut Av- f irouelfe diplomatique, l’épiscopat d’Autuu avait eu l’abbé Ronuelfo rm! ervi fie modèle à Molière, comme le raiipelle cette épigramme • ^ 'lirait

servi

Hoquette dims son lenqis, Talleyniml dans le nôtre, Furent les évêques d’Autun,

Tartulle est le por trait de l’iin :

Ail ! si Molière eût connu l'autre !

i/ar'i’ profane a i/i':olise

2^ Saint-Martin. — Fui l)âtie par IFunehaul, vraiseinhlahlement en expiation de ses crimes. On y voit le tombeau de cette reine, assassinée par Frédégonde, qui la lit attacher toute nue à la queue d’un cheval indompté après avoir fait étrangler sa sœur^ la douce Galswinthe, seconde femme de Chilpéric roi de Neustrie, pour prendre sa place dans le lit (( De Monsieur Chilpéric » !

Jean Petit, abbé de Saint-Martin, était sculpté sur son tombeau, (( tout nud, dit de Saint-Foix, et la mitre hors de la tête, pour signifier qu’on lui avoit ôté cette Abbaye, et qu’il ne l’avoit plus lorsqu’il mourut ».

SARTIIEi

Mans. I® Cathédrale Saint-Julien. — Les chapiteaux sont couverts de ligures monstrueuses, chimères, mascarons grimaçants et aussi de caricatures satiriques dirigées parle clergé séculier contre le clergé régulier. D'après l'abbé Auber, à l'un des contreforts méridionaux, se tiennent, « dans une attitude qui délie toute description, une femme et un homme encapuchonnés, qui très certainement n’y sont, et toujours en dehors de l’église, que pour stigmatiser ces chiens et ces impudiques abominables que saint Jean ordonne d’en chasser comme autant d’idolâtres et d'empoisonneurs ». Cet ecclésiastique veut sans doute parler d’une gargouille analogue à celle de rilôtel de Gluny et qui fait gémir les convenances : un moine et une religieuse sont en tête-à-tête-bêche ; celle-ci présente un orilice par lequel elle fait pipi quand il pleut et des pets de nonne quand il vente.

Le socle de l’ancien modèle du mausolée de Guillaume du Bellav, gouverneur du Piémont, seigneur de Langey, l'ami de Rabelais, « sépulture eslevée en marbre, à Saint-Julien du Mans », dit Bran-

1. Menu hors-d’(ï3iivre : Parmi les détails donnés })ar Dnrean-Delamalle, membre de rinstitnt, sur les mœurs des habitants du nord de la Sartbe, nous relevons leur ^ont pour les jeux de mots. « Voici un de leurs calembours favoris, dii^ne de Brunet. — Quel est le lien on il y a le plus de chats sans poils ? — L’Ei>lise, parce que toutes les bonnes femmes ont des chn])eLela (pour les lecteurs du Pèlerin : chatspelés-. Pour avoir des souliers parfaits, il faut que Fempeij'ne soit de j^osicr de musicien, qui ne boit jamais l’eau ; la semelle, de lanj>ne de femme qui ne s'use jamais, et qu’ils soient cousus avec du lil de rancune de prêtre parce que ça dure toujours... » Et cependant le Christ ne conseille-t-il pas de tendre l’antre jonc (juand on a reçu un sonftlet ?

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