‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 169 sur 183 · T A R N -ET- C. A R 0 N N E · texte numérisé non relu

T A R N -ET- C. A R 0 N N E

Auprès de rimpudique, un abominable démon tient en léseive plusieurs de ces animaux immondes, prêts a s élancer sur la malheureuse suppliciée.

Au-dessus et en reg'ard de ce tableau fantastique lig'urent d autres

diableries, non moins pittoresques et saisissantes, qui contribuent à animer la Parabole du Mauvais riche ou la pu-

Fig. 529.

nition de Y Avarice (fig. 529). Impudicité et Avarice, deux péchés dont saint Paul défendait aux Ephésiens même de prononcer le nom : Omnis immunditia aiit avaritia, nec nominetur in vobis.

Le bas-relief voisin, la Visitation (fig. 530), nous offre plusieurs particularités iconographiques d’un autre ordre. Pour M. Ernest Pupin, la Vierge serait à notre gauche et viendrait annoncer à sa cousine Elisabeth la grande nouvelle.

l’art profane a l’église

Gomme toutes les femmes, elle sait que les seins subissent pendant la ji^rossesse des modifications qui les préparent aux fonctions de l’allaitement. Pour faire part du bonheur qui lui est arrivé, elle lève une main, tout en soulevant la guimpe qui lui cache le sein gauche ; elle le met légèrement à découvert pour qu’Elisaheth puisse constater l’état dans lequel elle se trouve, en voyant que les glandes mammaires ont commencé à se tuméfier. Elisabeth a tout de suite compris, elle lève la main droite...

Nous voyons la scène d’une façon inverse. La Vierge serait à notre droite, dans Eattitude d’une personne qui rend une visite : elle salue^ sa cousine en inclinant la tête et en levant la main droite. Marie ne peut manifester son étonnement de voir Elisabeth dans une position intéressante, puisqu’elle avait été prévenue par l’ange de cet état de grossesse avancée : Et hic menses sextus est illi. Celle des deux qui doit être surprise, et de la visite et de la nouvelle, c’est Elisabeth ; elle manifeste nettement ce sentiment^, en levant la tête et « une main », la droite. La gauche est-elle réellement occupée à écarter la guimpe pour découvrir son sein nu? C’est possible. Mais Elisabeth est chez elle, occupée vraisemblablement à sa toilette au moment de la visite imprévue ; elle se hâte d’ajuster sa guimpe. 11 se pourrait que le sein ne fût pas à nu et accusât sa saillie sous le corsage collant, pour exprimer l’état de grossesse avancée. Ce à quoi ne pouvait prétendre le sein de Marie, laquelle venait seulement d’être « obombrée » par le céleste tourtereau. De plus, le corps de Marie est plus fluet, ses vêtements dessinent les mêmes plis entre les cuisses qu’à Vxinnonciation voisine, tandis que ces plis n’existent pas du côté d’Elisabeth, ce qui semblerait indiquer que son ventre, quoique plat relativement, est plus développé que celui de Marie ; enfin, la Vierge, d’après nous, porte le même collier de perles sur les deux tableaux lapidaires.

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