I. AUT PHOFANE
l/Airr l'ROFAiNK A i/ÉGLISK
traîné par des taureaux furieux, écrasant aveuglement les humains,
enfants et vieillards, pontifes et rois ; telle Tullie écrasait jadis le corps de son père (li^. 1)8, 91)).
Transept. Côté droit. Chapelle de la Communion.
Dans une toile de l’école italienne, le riche Job — le patron des jobards — qui s’est dépouillé de ses biens et de
Fig. 98.
ses vêtements, croupit sur son fumier, où il prend un bain de purin, en présence de sa femme, accompagnée d’une servante.
Bas côté droit. Chapelle Saint- Victor : tableau représentant le
Fig. 99.
Martyi'e de saint Adiàen. Le torturé est nu, étendu sur une roue.
Notre-Dame des Blancs-Manteaux. — Chapelle Sainte-Anne. La Madeleine essuie les pieds du Christ avec ses longs cheveux et les parfume de nard, toujours sans s'occuper des seins qu elle découvre, en déplaçant leur voile capillaire naturel.
Notre-Dame de Lorette. — Aux angles du fronton s’élèvent les trois vertus théologales, la Foi^ V Espérance et, au pinacle, la Charité (fig. 100), avec un sein gonflé de lait, sur lequel somnole un nourrisson rassasié. Cette laitière symbolique est, nous le savons, de Laitié.
Passons sous la colonnade du temple grec, par le portail de droite qui nous introduit dans un vaste et élégant boudoir. A gauche, dans une pénombre discrète se cache un tableau de Roger Adolphe, le
Baptême d'une Péruvienne par saint François Solano ^ le torse (le la cjil(3chuiuèiie, à demi ag'enouillée, est absolument nu et orné des airréments saillants de son sexe.
Panthéon. — Primitivement, église Sainte-Geneviève, élevée a la suite d'un vœu à la patronne de Paris par Louis XV, le Bien-Aimé et surtout le Bien- Aimant, protecteur de la Du Barry et d’une foule d'autres pécheresses non repenties.
Cette église, désaffectée pendant la Révolution, fut rendue au culte sous Napoléon P^‘, tout en restant destinée « aux grands hommes. » Elle ne fut plus qu'un temple chrétien sous Louis XVllI, le poussah qui aspirait ses prises de tabac sur le sein de la Gaïva : Ludovicus XV dicavit, Ludovicus XVIII restitiiit . En 1830, avec Louis-Philippe, elle redevient le Panthéon des hommes illustres, pour reprendre son caractère religieux en décembre 1851 , après les Te Deiim chantés dans toutes les églises de l’Empire, en l’honneur de l’amant de Marguerite Bellanger, d’Eugénie Eiocre et autres baladines du grand écart. La troisième République transforma de nouveau l'église en W estminster, à l’occasion des funérailles de Victor-Hugo (1885), mais elle conserva la croix et plaça k l’entrée du monument consacré aux génies de la France, le (fig. 101) absolument nu, de Rodin, qui fut démoli, une
nuit, vraisemblablement par un ajDache ultramontain ; il ne méritait
Ni cet excès d’honneur ni cette indignité b
Sous le péristyle, le cadre du milieu est occupé par un des basreliefs de Nanteuil : la Patrie montre le séjour de l’Immortalité k
1. Cette statue représente riiomme des premiers âj;cs (pii se dégage à peine (ie l’animalité, mais purifié par la première réfiexion, éclairé par la première lueur de la pensée qui s’éveille en lui. Le gros public y voit la représentation de Sparlacux (|ui a brisé ses entraves ou d'Uffoliii rongeant son poing, avant de se décider à imiter Saturne. Certains loustics malveillants, pour ([ui toulc (cuvre d’art est à la lois « dieu, table ou cuvette »>, en font l'image (lu Con^lipé, et l'on peut dire (pièce bloc, non enfariné, dernier mot de l'art, s’il n’est pas sur la selle ne cesse d’être sur la sellette :
Sifflets de sots sont fanfares de yloire !
Fig. 101.
T. ’ A R T 1* U O F A N 1-^ A L ’ K fi L I S 10
Tun de ses fils, qui meurt pour elle. D un côté, la 1 critd accourt,
dans la splendeur de sa nudité, tenant un miroir à la main droite et élevant, de l’autre, un flambeau (li^. 102).
Saint-Paul. — C’est dans cette église, édifiée en 1431 que Henri 111 fît élever des tombeaux, sur le même modèle, à ses mignons Quelus, Maugiron et Saint-Mégrin (fig. 103).
Rappelons que les deux premiers
Fig-. 102.
étourneaux furent tués en duel, à l’entrée de la rue desTournelles, et le dernier,
(( qui passoit, dit l’Etoile, pour être le mignon de la duchesse de Guise », fut assassiné, la même année (1578), par le duc de Mayenne, beau-frère de cette princesse. Dès que la nouvelle de l’assassinat de Guise, à Blois (1588), sur l’ordre de Henri III, parvint à Paris, le peuple, excité par les prédicateurs, sacciigea les mausolées des favoris de ce prince, disant : cc 11 n’appartient pas à ces médians, morts en reniant Dieu, et mignons du Tyran, d avoir si
Yiir. 103.
1. L’ég-lisc Süml-Paul et Saint-Louis fut élevée par les Jésuites en li;2à.
SEIN E
beaux moiuiniens dans TEg^lise. » Ces tombeaux de marbre noir étaient surmontés d’une statue agenouillée représentant chacun des jeunes favoris du sérail royal. Les quatre faces étaient couvertes d’épitaphes, en français et en latin, plus laudatives les unes que les autres ; nous n’en reproduirons qu une, celle de Maugiron ou Maugeron :
La Déesse Cyprine avoit conçu des Gieux, tai ce siecle dernier, un enfant dont la vue De flammes et d’éclairs étoit si bien pourvue,
Qu’Amour, son fils aîné, en devint envieux.
Chagrin contre son frere, et jaloux de ses yeux.
Le gauche lui creva * ; mais sa main fut déçue ;
Car l’autre qui étoit d’une lumière aiguë,
Blessoit plus que devant les hommes et les Dieux.
Il vient, en soupirant, s’en complaindre à sa mère ;
Sa mere s’en moqua ; lui, tout plein de colere,
La Parque supplia de lui donner confort.
La Parque, comme Amour, en devint amoureuse ;
Ainsi Maugiron gît sous cette tombe ombreuse.
Et vaincu par l’Amour, et vaincu par la Mort.
Si, avec de Saint-Foix, nous nous étonnons de rencontrer les Parques^ V Amour' et Vénus dans une Eglise, nous ne serons pas moins surpris d’apprendre qu’il s’est trouvé un prélat, Arnault de Sorbin, évêque de Nevers, pour louer ces jeunes débauchés du haut de la chaire et exalter leurs vertus dans des Oraisons funèbres largement apologétiques.
Les Lacédémoniens étaient plus discrets et n’accordaient l’honneur de l’épitaphe qu’aux guerriers tués sur le champ de bataille ou aux femmes mortes en travail d’enfant.
La Chronique Scandaleuse de Claude Le Petit (1668) donne ce dizain sur le « Jacquemard » qui se dressait au haut de Saint-Paul.
Passons, et d’un crayon lidelle Peignons à la postérité Ce Gaudenot- emmaillotté,
Qui fait là-haut la sentinelle :
Que les Dames ont mis ton nom.
Jacquemard, dans un beau renom, Et qu’elles aiment à l’entendre ; Non pas qu’il soit si doux qu’on dit.
Mais à cause qu’il se peut prendre.
Par métaphore, pour un ...
i. A râge de IG ans, nouveau Codés, il perdit un œil au siège d’Issoire. Du latin (jdiide nos.
i/Airr i*unKANi^ a i/éclisi-:
Petits-Augustins. — N’esl-il pas [)iquant (le voir, dans la cour de
l’école des Beaux-Arts, lu façade du château d’Anet 104, lÜoj,
ornée du ch di re de
Diane de Poitiers et des figures de divinités païennes, recouvrir le portail de l'ancienne église qui sert actuellement de Musée ? Sic transit gloria Dci.
Petits-Pères. — Le plafond de la bibliothèque du couvent des Augustins, de la place des Victoires, était orné d’une peinture à fresque, exécutée en dix-huit heures par le virtuose Napolitain Paul Mattéi. Le sujet de cette composition était la Religion accompagnée de la Vérité. Quelle ironie ! La Vérité^ un fouet à la main, portait sur la poitrine un soleil dont les rayons éclatants aveuglaient V Erreur ou V Hérésie^ blottie dans un coin du tableau.
Nous vovons encore une Vérité au transept ; d'une main, elle tient un miroir et, de l’autre, étouffe le serpent de la Calomnie / mais elle est drapée, ce qui est un contresens allégorique.
1. Le bas-relief place sous rAmour est de Jean Goujon; il décorait aussi la fontaine des Innocents (fig. 81).
Fit;-. 105.
Saint-Philippe du Roule. — A l’époque de la Renaissance, nombre de peintres, suivant l’exemple de Filippo Lippi, prenaient leurs épouses ou leurs maîtresses pour modèles des Vénus et des Vierges ; de même, l'artiste moderne qui a exécuté l une des fresques de la chapelle de la Vierge Marie a donné aux femmes de la Bible les traits profanes de Marie de Grandfort et ceux de Marie Garcia, l’une des amies intimes d’Arsène Houssave.
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A la sacristie du parloir, se voit le Martyre de sainte Agathe qui consiste, nous le sa\ ons, dans l’extraction des seins.
Saint-Pierre de Montmartre. — Des esprits mal intentionnés ou insudisamment documentés voient un religieux en association cultuelle avec un cochon, dans le motif anodin d’un chapiteau placé près de la sacristie, et où ligure un personnage barbu qui relève
i/aut phofam: a r/É(iMsi:
la queue d’uu bouc 100). Kst-ce réelle-
ment l'allég-orie d’une forme spéciale du péché de luxure ?
Port-Royal. — L’é^lisette de cette ancienne abbaye des bernardines, où régnaient au début des mœurs déréglées, a été construite par Lepautre en 1646 et sert de chapelle aux pensionnaires de la Maternité. Elle renfermait autrefois la sépulture de la Fontanges, 1 une des étoiles filantes du ciel de lit du roi Soleil ; mais son tombeau fut détruit en 1710, lors du pillage de l’abbaye par les jésuites triomphants.
Fig. 107.
A défaut du portrait de la fille de Philippe de Ghampaigne* , qui ornait ce coquet édifice, nous avons celui d’une élève de la Maternité, Mlle Lafont, peint par elle-même. Elle s'est représentée en ange gardien des petits enfants (lig. 107). Une future sage-femme, transformée en messagère céleste, en créature spirituelle, avec des ailes dans le dos, ce n’est vraiment pas chose banale, mais cette peinture symbolique, nous le craignons, peut évoquer la boutade peu élégante de Pascal ; « Qui veut faire 1 ange fait la bête ». Est-ce pour rappeler que les (( faiseuses d’anges » ne sont pas rares dans la corporation des tireuses de cordon ?