IV. — ALLIER
Moulixs. Cathédrale L — Les gargouilles olFrent une étonnante variété de formes bizarres, dont plusieurs frisent l'obscénité.
Portail. Au tympan de la grande baie, le Jugement ; peinture moderne (1872), donc pudique, par Charles Lameire. Les sept péchés capitaux sont enchaînés du côté de l'Enfer, Y Avarice est seule représentée par un personnage entièrement nu, tandis que la Luxure^ simplement échevelée, tourne le dos. Au-dessous^ à la zone de la Résurrection, Archembaud P^‘, le sire de Bourbon, soulèA^e sa pierre tombale. A côté, une mère élève son enfant hors de son sépulcre et nous oHre le portrait de la femme et de la progéniture du peintre.
Bas-côté droit. Une réplique, en bronze, du Saint Pierre qui fut élevé par Léon dans la basilique Vatican e. De même qu’à Rome, une indulgence de cinquante jours est attachée à la pratique pieuse, mais malpropre et dangereuse, qu’elle appelle : c’est-à-dire le salivage de son pied droit par des bouches de tuberculeux, d’avariés, etc.
l'allég'ürie analo^^ue d'une femme une enlacée par deux serpents, Tonchard Lafosse ajoute, à tort : « L'artiste, sans doute, inspiré par les souvenirs de la statuaire alléf^oricpie des anciens, a-t-il prétendu représenter la Ueligion, atteinte au cœur j)ar rilérésic et le Péché ? »
1. En 1()87, d’après Touchard-Lafosse, les maisons des Carmes, Auj>:ustins, Jacobins, Cordeliers et Minimes, « qui n’étaient pas au coin du quai », revendiquèrent le droit de donner la bénédiction aux femmes ))our leurs relevées de couche, mais l’ollicial continua à réserver ce monopole productif de la purification des nouvelles accouchées à leurs concurrents, les chanoines de Notre-Dame.
i/aRT profane a l/ÉflI.lSE
Chapelle Saint-Louis. Kiicope une sépulture ( 15o7) recouverte (ruii corps en putréfaction, rongé par les vers, d’une eirrayante vérité. Cette image de la destruction était encore plus terrifiante, quand elle était peinte et recouverte des teintes livides de la putridité. On lit ce distique latin :
Olim formoso fueram qui corpore putri Nunc sum : tu simili corpore, leclor^ eris^
que M L. Du Broc de Segange traduit et versifie de la sorte:
Autrefois beau de corps, aujourd’hui pourriture,
Ton corps aussi, lecteur, aura même aventure
Sur un vitrail qui raconte la Légende de sainte Barbe on distingue nettement les scènes de sa flagellation et du tenaillement mammaire. Une autre « mosaïque » de verre représente VEglise souffrante et triomphante : un grand nombre de chrétiens, suppliciés, sont fouettés de verges ou crucifiés.
Bas côté gauche. Chapelle de Marie-Madeleine. Toute la partie inférieure de la verrière qui se rapportait à la vie de la pénitente a été brisée. Dans les meneaux supérieurs, la pécheresse administre le baptême par immersion ; elle est entourée de plusieurs catéchumènes qui attendent leur tour. A la pointe de Togive, était dépeinte Tune des sept ascensions quotidiennes effectuées par Madeleine sur Taile des zéphyrs angéliques, du haut du mont Pilon (lou san pieroun), près de la grotte de Sainte-Baume
1. A moins que le « lecteur » ne conüe au feu du four crématoire le soin de purifier sa « chère guenille ».
2. « Gomme pour aller chanter les sept heures canoniques à leur chœur », dit saint François de Sales, dans son Traité de ramour de Dieu.
3. A 26 kilomètres de Brignolles (Var). Baume, en provençal signifie caverne, où • elle s'était retirée pour pleurer sur ses péchés de jeunesse. Il ne reste plus que les mollets de la sainte, recouverts par les longues tresses de ses cheveux, scs seuls vêtements, comme le rappellent ces vers d’un vieux poète méridional, Balthasar de la Barle, valet de chambre du cardinal de Bourbon ;
Janiay per mauvais temps que jessa, ni fredura,
Aultre abit non avia que la sion cabellura
Que como un mantel d’or, tant crains bels et blonds
La combria de la testa fine al bas des talions.
Traduction du charabia provençal :
Jamais ni par le plus mauvais temps ni i^ar la froidure,
Elle n'avait d’autre habit que sa chevelure
Qui, comme un manteau d'or, tant ses cheveux étaient beaux et blonds,
La couvrait de la tête jusqu’au bas des talons.
Nous savons que Pétrarque a aussi chanté cette légende.