‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 56 sur 183 · XVII. — COTE-D’OR · texte numérisé non relu

XVII. — COTE-D’OR

Dijon. 1 S&int-Michel. Portail. Samblin a orné le tympan d un bas-relief comprenant une quarantaine de personnages nus.

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comme il convient dans la reprcseni»alion du sujet (jui est encore 1(* Jugement dernier.

Entre les battants de la même porte centrale, une colonne, do-

minée par une console, en forme de chapiteau luxueusement et luxurieusement fouillé (lig". 241), sert de piédestal à la statue de saint Michel, qui vraisemblablement a remplacé celle de Marie, laquelle d'ailleurs n’était pas à sa place, en raison des sujets profanes du voisinag-e. En elfet, les scènes païennes de ce support, formant dais, V sont associées aux récits de l’Ancien et du Nouveau testament, les unes du coté gauche et les autres du coté droit. Au milieu de cette alliance disparate, on reconnaît, dans leur majestueuse nudité, Jupiter et Ganymède, Mercure, Hercule,

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\cssus et Dcjanire, Uda et le Cj/f/ne, Apollon qui pince de la Ivre, Vénus occupée à sa toilette, en compagnie de (aijjuIoii, etc.

Tout ce monde de la Fable repose sur des tetes (Tanges, à moins que ce ne soient des têtes d’a-

mours ; au xvi^^ siècle, la contusion est tort possible.

2° Cathédrale.

— Le tombeau de Joannes Du Berbisey (1720) est orné de deux statues allégoriques, la Foi et la Justice^ qui sont assises de chaque coté du sarcophage. La dernière (tig. 242) soulève son voile pour regarder l’elïigie dudétunt, sculptée près d’elle et découvre en entier son

Fig-. 24l\

Fig-. 243.

sein droit ; on l’a comparée à Messaline :

C’est Vénus, tout entière à sa proie attachée.

3® Notre-Dame h — (Place Renan). — Deux larges corniches de la façade sont formées, chacune, d’une vingtaine de gargouilles volumineuses et grotesques. La plus falote est une femme nue, renversée sur le dos d’un démon; elle jette l’eau par la bouche (%• 243). Ces hideuses conceptions sont l’emblème des esprits malins qui s’évadent des murs sacrés ; elles dépeignent encore, d’après l’abbé Bourassé, « l’alfreuse misère de ceux que l’Eglise a rejetés de son sein ».

Les tombeaux des ducs de Bourgogne, Jean sans Peur et

1. A l’origine, le.s fêtes des Fous et de l’Ane répondaient, selon A. Henry, à la doid^le mission qu’eut le Christianisme d’abaisser l'orgueil et de rele\ er rinimilité ; mais, plus tard, elles dégénèrent en saturnales. Leurs extravagances indécentes commençaient à la cathédrale et de là se répandaient dans la ville. Interdites à j)lusieurs reprises par l’Eglise, elles se perpétuèrent en dernier lieu à Dijon. I.es obscénités dont étaient couvertes le « Guidon de l’infanterie dijonnoise » (iig. 247) et les médaillons, en bois sculpté, empruntés à la ceinture de la « Mère Folle »

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Philippe le Hardi, placés vers 14a0 dans le chœur de la Chartreuse de Chami)mol et actuelleineiit au Musée, sont décorés, chacun, de K) statuettes de « plorants », olïiciers laïques ou ecclésiasti(|ues

des défunts, costumés en moines pour le cortège des funérailles. Le docteur Cabanes, dans une étude sur le mouchoir à travers les siècles, en signale deux qui se moucheraient, 1 un dans son manteau, l’autre avec ses doigts. Ce dernier ne se pince-t-il pas le nez, pour indiquer qu’il est incommodé par 1 odeur cadavérique ambiante, comme le font à la cathédrale de Baie les soldats de Dioclétien enterrant le corps de saint Vincent et ne semble-t-il pas dire comme 1 Ours de la fable ! (( Otons-nous, car il sent » ? L auteui de Vf) Liât .J parmi ces laux cloîtriers, n en voit qu un qui se mouche et un autre qui se cure les oreilles L Ne serait-ce pas plutôt une façon (( ondoyante et diverse » d’exprimer leur chagrin de commande?

(ÜJ--. 248-254) donneront nnc léjière idée des scènes échevelées qui accompagnaient ces mascarades mystico-satiric[iies et surtout satyriqnes.

1 Notule pour rire, sur la diversité des interprétations documentaires. Lu groupant trois de ces üf-nres de douleur (tig. 244-240), on obtient un trio des plus folâtres, analogue an Petit vent du Nord. Le premier semble dire : « Dieu que ça sent mauvais ! » ; le second proteste : « Ce n'est pas moi, c'est lui ! .. et le voisin avoue humblement : « Ça m’a z-échappé ! »

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