‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 60 sur 183 · OC · texte numérisé non relu

OC

ùlruii^'ère. N’est-ce pas plutôt celle de notre destinée ou de la Ira- ^ilité des charmes corporels de la ienime ?

Au rétal)le, contre l’autel, l’allégorie seml^le plus transparente:

Deux statues principales figurent VAnnoncialion. A gauche, du côté breton, la sainte Vierge, à genoux devant un pupitre, a les traits et le costume de la duchesse Anne. Devant elle, ce personnage agenouillé est sans doute l’ange Gabriel ; d’où vient donc qu’il porte le manteau royal, la robe, les cheveux longs et bouclés de Louis Xll, et qu’au lieu du lys symbolique, il présente à la Vierge une quenouille ? C’est que le duché tombait en quenouille : la bonne duchesse ne laissait pas ce second fils qui, aux termes de son contrat de mariage, devait continuer la dynastie bretonne.

CoATiiuEL. Chapelle de Saint-Gildas.

— Le Pardon a lieu le dernier dimanche de septembre ; on l’appelle le « Pardon des Poires » ; ce vocable ne pourrait -il servir de terme générique à tous les Pardons?

Dinan. P" Saint-Sauveur. — Queue de voûte, sous forme d'une monstruosité monopode et sans bras (fig. 264). Nous rencontrons aussi la Luxure avec deux crapauds suspendus à ses mamelles. Cette église renferme encore des bas-reliefs à sujets païens, les Amours de Psyché^ par exemple.

2^ Saint-Malo. — On y remarque, comme dans le précédent édifice gothique, un singulier mélange de sacré et de grotesque ; quelques sculptures ont meme un caractère nettement licencieux.

Lantic. N.-D.-de-la-Cour L

1. Le Pardon a lieu le la août, mais les marins s'y rendent en tonte saison pins communément « ])ieds nus, la chemise flottant sur le pantalon », d mutisme le plus absolu.

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le

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c:oT i<:s-i)r-N()Ui)

Kuqi y. Saint-Pierre et Saint-Paul. — Il existe, paraît-il, sur la porte (le cette éi>;‘lise^ maçonnée dans le mur, une pierre, provenant d'un temple romain, dont la surface intérieure représente la louve îdlidtant Rémus et Romulus. On signale encore, à la porte Nord, un bénitier qui serait, suivant Baudouin, une ancienne cuvette de sacrifices.

Le Favuet. Chapelle Saint-Fiacre. — Jubé en bois sculpté couvert de peintures, avec pendentifs se terminant par des animaux à formes étranges ou des personnages dans des attitudes extravagantes.

Léiion. Abbaye L — Moncontour. Saint-Mathurin ^ — Plerxeuc \ — Plemaudan e — Qlintiin. Notre-Dame ou Saint-Thurian ^ — Saixte-Grüix. Abbaye ^

Perros-Glireg. — On voit çà et là dans cette église^ toujours d’après M. Jollivet, « des figures d’une indécence inexplicable en

1. Une sorte de servitude pesait autrefois sur les nouveaux mariés de la paroisse. « Ils étaient tenus de venir à cheval, le jour de la seconde fête de la Pentecôte, rompre une perche contre l’écnsscni du monastère, ce qui s’appelait courir la quinlnine. Gela fait, le marié prenait sa femme par la main et la conduisait dc^■ant le père prieur. Là, elle devait danser en chantant les paroles suivantes :

Si je suis mariée, vous le savez bien ;

Si je suis à malaise, vous n’en savez rien ;

Ma chanson est dite, je ne vous dois plus rien.

Le sénéchal, qui assistait à la cérémonie avec les antres ofliciers, réplitpiait : (( Vous devez encore à Monseif^neur honneur, respect et l’accolée. » La nouvelle mariée se jetait alors au cou du révérend père prieur et l’embrassait.

2. A ce pèlerinafi:e, comme à Aurai et à Guinj>am[), les femmes font plusieurs fois le tour de l’éj^lise, « sur les genoux nus ».

:U (]ette commune a conservé jus([u’en 183Ü le plus scandaleux héritage des fêtes druidi([ues. (( Des danses d’une lasciveté dont lujtre plume n’oserait rc})roduire les particularités dégoûtantes ({ui nous ont été racontées, écrit notre pudi(pie cicérone, s’exécutaient publiquement à côté de l’église. »

4. Une vieille statue de sainte Agathe — actuellement au musée de Dinan — était invocpiée par les mères j)our être bonnes nourrices.

5. Son trésor possède un fragment de la ceinture de la Merge ; cette reli({ue sert aux lemmes grosses « pour en estre ceintes avec révérancc et obtenir un facile et heureux accouchement ».

b. Henri, comte de Penthièvre, (jui avait posé la première pierre de cette abbaye, en chassa les religieux établis par son père et les remplaça « par des lilles perdues, à la tête descpielles il mit sa propre concubine ». L’écho de cette maison close, ajoute sans malice notre mentor, « a une grande puissance de reproduction ».

I/ART PROFANE A L’ÉCiTOSE

pareil lieu » ; mais ces celte époque.

exceiitricilés artisli({ues étaient de mise

Trédaniel. Chapelle Notre-Dame-du-Haut. — Entre autres statues, fort peu remarqual^les au point de vue de 1 art, M. Jollivet

signale une Sainte Manière — la

Fig'. 2G5.

commère de saint Mammès — montrant ses intestins qui s’échappent de son abdomen entr’ouvert et qu elle retient entre ses bras. Les personnes qui l’invoquent pour une maladie d’entrailles se forment une ceinture de cierges, qu’elles brûlent ensuite aux pieds c e

la sainte.

Tregleux. Chapelle de Sainte-Marie. — Elle renferme un

tableau représentant la Vierge, qui tient son fils dans ses bras et porte sur la poitrine un soleil de justice.

Près d’elle, un homme vêtu d’une robe blanche que recouvre un manteau noir, montre deux cicatrices qu’il porte au sein ; de sa bouche sort une namme,avec ces mots ; O Maria, adjuva me ! Un ange dansl attitude de l’étonnement, occupait le haut du tableau qui rappelle le ait ^uiva l Un templier de la Porte-Alain, blessé mortellement en due dans 1 allée de la Ville-Bougault, se traîna jusqu’à la Chapelle, invoqua la Vierge et

fut guéri presque aussitôt.

Trégeier. Cathédrale. — Certains culots de miséricordes sont particulièrement obscènes et défient toute description (lig. 2t)b-Ot,(i). Ces sculptures, d’un réalisme forcené et visible dans le chœur, ont été exécutées avec autant d’audace que d’babibilité ; les moins oses

COTES-l)U-NORD Clll^USË

de ces culs-de-lanipe représentent, soit un impudent personnage ([ui montre sa région fessière à nu, soit un autre cynique qui pratique sur lui-même le toucher rectal. Après de telles exhibitions il n V a plus qu’à tirer l’échelle ou mieux le rideau. Pour ne pas blesser le regard des infidèles, peu familiarisé avec des images qui ne se trouvent qu'à l’église, nous avons dû laisser incomplets les dessins exécutés par Darcel, en septembre 1850, et qui nous ont été communiqués par M. D..., archéologue distingué de Rouen. C’est sous les auspices de figures si peu édifiantes que Renan remplissait ses premiers devoirs religieux; peut-être contribuèrent-elles à jeter le premier trouble dans ses croyances ?

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