XXXII. — HAUTES-ALPES
Emrrun. Notre-Dame. — Extérieur. — Portail. Chapiteau du pied droit de gauche : néréide tenant entre ses mains sa double queue.
Au porche, un personnage nu embrasse des pieds et des mains quatre colonnettes dont la réunion forme la colonne de gauche.
D’après A. Montémont, on y vénérait le phallus du bienheureux saint Foutin, dont le toucher rendait fécondes les femmes stériles. Elles faisaient des libations de AÛn à cette image obscène ; le vin reçu dans un vase s^y aigrissait, devenait le « saint vinaigre » et servait à un usage assez étrange, que l’auteur auquel nous empruntons ce renseignement, se refuse de préciser, « par respect
Convoi de Carême-Prenant, la Diablerie de Chaumont, la Flagellation de l’Alleluia — sous forme de toupie que les enfants de chœur chassaient à coups de fouet de la cathédrale de Langres, — etc.
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pour les dames »... cjui cependant en étaient les zélatrices et les seules bénélîciaires.
Intérieur. — Plusieurs ligures humaines, nues et accroupies, font rolTice de cariatides qui soutiennent les orgues de cette ancienne cathédrale.
Chapelle des Ames du purgatoire. Figurines, placées sur des pilastres, de Sainte Agathe, les seins coupés, et d’une autre martyre {Sainte Apolline ?) tenant une pince qui lui a labouré les chairs.
Autel de Saint-François. Sur le troisième panneau représentant la vie du saint, on le voit nu, couché sur des brindilles enflammées, en présence d’une femme qui, dit J. Roman, « le regarde avec étonnement ». Au second plan, le saint, toujours nu, est couché sur un fagot d’épines et converse avec un démon sous la ligure d’un satyre.
Les Grottes. — Nous ignorons l’origine de ce nom, d’autant plus singulier que l’église des Grottes se trouve ainsi placée dans 1 arrondissement dont le vocable. Embrun, rappelle le vieux mot français embrené.
Guillestre. — D’après M. J. Roman, les culs-de-lampe soutenant les nervures du portail montrent les cw/i de Guillestrois et Guillestroises guillerets, « grotesques accroupis et relevant leurs jupes ».
L’Argentière. — Chœur. Peintures murales des Vertus et des Péchés capitaux, avec leur punition. La Luxure est à cheval sur un bouc, vêtue d’une robe noire, à crevés blancs, très échancrée sur la poitrine * satisfaite de son décolleté irrésistible, elle se mire dans un miroir qu^elle tient d une main, et, de 1 autre, soulève sa robe et montre sa jambe, au-dessus du genou. La coquette semble dire, comme Mlle de Montpensier dans ses Mémoires : « J’ai la jambe droite et le pied bien faits ». Au tableau inférieur un démon brûle avec une torche les organes d’un luxurieux pendu à une
double potence.
Nevaciie. — Façade, côté droit, au bas du clocher. Débris d une ancienne peinture du Jugement ; on y voit encore la Luxure vêtue