‹ L'art profane à l'église (volume 2)Chapitre 90 sur 183 · ÉTANT SOUS-PRÉFET · texte numérisé non relu

ÉTANT SOUS-PRÉFET

La seconde se composait du quatrain dont François l*"^ honora la mémoire d’Agnès :

Gentille Agnès, plus de los tu mérite La cause étant de France recouvrer.

Que ce que peut dedans un cloistre ouvrer Glose nonain ou bien dévot hermite.

François

Dans le tympan du fronton de la porte d’entrée était gravé :

Je suis Agnès, vive France et l’Amour !

tndre-et-loire

A Ghinon^ Jeanne d’Arc envoya chercher 1 épée de Charlemagne^ c[iii se trouvait à l’église de Sainte-Gatherine-de-hier-Bois. fouchard Lafosse raconte que, dans la marche du cortège royal vers Reims, Jeanne la brisa sur le dos de certains gentilhommes qui se gaudissaient avec des ribaudes. « Jeanne, lui dit Charles VII à cette occasion, il fallait prendre un bâton et ne pas compromettre cette bonne épée qui vous est venue d’une manière si merveilleuse. » A ce compte, elle eut dû commencer par bàtonner l’amant de la l)elle Agnès. Ainsi Joyeuse devint gêneuse.

L’Eglise collégiale de Notre-Dame, située dans l’intérieur du château, renferme un autel antique, en pierre, de forme circulaire, qui a été renversé et dont on a creusé le dessus pour faire un bénitier. 11 est orné dans son pourtour de diverses sculptures où l’on peut distinguer un guerrier nu dans l’attitude du combat (Ghalmel et Richard).

PocÉ. — Moult joyeusetés s’émancipent sur les stalles qui proviennent de l’abbaye de Fontaines-les-Blanches. M. A. Gobeau * décrit le motif de la seconde : « Un triboulet, à la face réjouie, recevant dans un vase en forme de pichet l’urine que sa génisse lui fournit abondamment ». La stalle qui fait suite est mutilée ; la décoration nous échappe. On ne distingue plus que deux jambes, seul vestige d’un tableau qui aura peut-être paru trop vif à quelque cornichon confît dans le vinaigre de la dévotion. L’auteur qui nous fournit ces détails et les suivants a vu un curé du voisinage se chauffer avec l’une des miséricordes de même provenance, qu’il prenait pour une bûche — reflet de son image — tandis que du haut de sa chaire il tonnait et détonnait contre les cambrioleurs de la Réforme et de la Révolution ! L’éternelle méprise de la paille et de la... bûche.

Noisay. — Les stalles viennent aussi du même couvent de cisterciens, ordre cependant ennemi des images.

La 2*^ stalle à gauche du chœur montre une femme nue, assise sur un monstre et le terrassant avec une massue : le Viee vaincu par la Vertu ou l’image de l’empire de la femme qui jugule le démon, luimême.

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