‹ L'art profane à l'égliseChapitre 21 sur 97 · I R L A N DE ' — ISLANDE · texte numérisé non relu

I R L A N DE ' — ISLANDE

clergé régulier. On y voit un renard-capucin pendu par une oie (ouaille), tandis que deux renardeaux glapissent au bas du gibet ; un

autre renard-abbé, coiffé de la mitre et la crosse en patte ; un troisième renard enchaîné, tenant un sac d’argent, au milieu d'oies, de grues et de bécasses ; un singe avec une hallebarde de suisse ; un second quadrumane

Fig. 66.

Fiir. 67.

Fiff. 68.

en prière, un hibou perché sur la tête, etc. (J. Mason Neale et Benj-Webb).

2® Eglise de Nailsea. — Les mêmes auteurs indiquent, mais sans le moindre détail, une sculpture a des plus grossières », sur le nord de 1 arc de triomphe de cet édifice religieux.

Stamfort. Entre autres sujets peu convenables qui historient les culots des stalles, on remarque le baptême d'un chien.

Stevington. — Sur une stalle (fîg. 68 his), une Victime de la dyspepsie s’apprête à restituer le trop-plein stomacal : c’est la punition de la Gourmandise. Sursum corda!

Tewksbury. — Comme à Cambridge pour le tombeau de Wiliam Ashton, celui de lord Abbat offre les mêmes particularités : le

L A HT PROFANE A I. EOEISE

défunt est somptueusement habillé sur l'entablement et paraît au soubassement à l’état d'borrible squelette couvert de vers.

Wellingrorougii. — Augustin Filon, dans la Caricature en Anf/le terre, parle d'un bas-relief de cette église qui représente une jeune cabaretière {alewife) grassouillette et appétissante.

Elle est habillée avec une certaine recherche... Son corsage s'échancre très bas sur la poitrine ; un petit treillis formé de cordons entre-croisés s’oppose à l’invasion d’une main brutale, sans refuser le passage à un doigt indiscret: demi-précaution pour une demi-vertu. Le costume dit les mœurs. Quand on a vu ce corsage, on sait ce qui se passait dans les alehoiises, meme sans lire les vers de Skelton à dame Elinour.

Mais un proverbe anglais dit : « Sein découvert ne met pas le cœur à nu ». Aussi, comme le rappelle Georges Duval, vhz temps de Shakespeare, à la cour d’Elisabeth, il était d’usage que les vierges aient le sein nu. La reine elle-même observera cette coutume à l’âge de 70 ans, ainsi qu'en témoigne llentzer qui la vit à Greenwich « le sein découvert, comme toutes les dames anglaises jusqu’à ce qu’elles se marient ».

Wells. Cathédrale. — A signaler une néréide peu commune, elle tient un lion de la main droite et relève sa queue de la gauche (fig.69) : le symbole de la toute-puissance des charmes féminins?

Nous n’insisterons pas sur la sortie des tombeaux; les ressuscités, hommes et femmes à l’état de nature, sont isolés ou groupés sous diverses arcades gothiques. Le motif en est banal, quoique vif

A NG u:ti:khk — écosse — Irlande

(fîj;'. 70, 71) ; riiii d’eux étend la main qui ne cache rien : tenons lui conqile de rintention (li^. 72).

Winchester h

ORCESTER. 1® Cathédrale. — Tombeau de la comtesse de Salisbury, en 1 honneur de qui Edouard III institua Tordre de la Jarretière. On voit des anges ou des amours qui jettent sur le sarcophage des jarretières, comme d’autres elïeuillent des roses. « Il est inutile de remarquer, d après Mme de Genlis, combien il est ridicule de rappeler sur une tombe une anecdote de ce genre - ».

L ordre du Collier — devenu TAnnonciade sous le pieux Amé VU

1. ly comte Crooclwin, vers lOEi, sur la foi de l'ahljc Holicrt, appelé eu Auj^leterrc par L.douard le Coiilcsscur, accusa la reine iMiime, mèi‘c d’Edouard, « tTuii commerce scandaleux » avec Alwin, évê(pic de ’UdnchesLer. J^a reine démontra son innocence par 1 épreuve du feu : les yeux haiulés, elle marcha sans éprouver la moindre douleur sur douze socs de charrues rougis au feu ou seulement rougis à la peinture, car le juf-ement de Dieu, en l’espèce, nous paraît èti*e une couleur. Néanmoins, le roi se déclara convaincu et demanda pardon; il consentit, en expiation, a recevoir le fouet avec la discipline, de la main de l’évêipic ininstenient accusé.

2. llappelons, en passant, un des nombreux illo-isines des imeurs brilanniinics : le mot iiantalon est schocliiiuf, improper, chacun sait ça, et la jarretière ipii est au-dessous ne l’est pas ! Le pantalon n’existe même pas dans le vocabulaire Ang-lais; les Ecossais ont fait mieux, ils l'ont supprimé.

i/aht profane a l église

— a aussi une orig’ine amoureuse, ce qui ne rempêclie pas d’être porté en l'église de Westminster par des princes d’Albion. Cet

ordre vient d’un bracelet qu’une dame avait tressé avec ses cheveux pour Amé V, en lacs d’amour ; il portait cette devise passionnée :

F. E. R. T. (Frappez, Entrez, Rompez Tout).

Sur une autre sépulture est sculptée en bas-relief la JVaissance cVEve (fig. 73). Adam accouche debout et son corps à deux troncs simule un monstre dicéphale, variété des mélionides, genre Rita-Gristina.

2^^ Grcat-Malvern. — Une miséricorde du chœur dissimule dans son ombre le groupe burlesque et inconvenant d’un personnage qui souille au derrière d’un diable ; de même les Scythes souillaient

Fig-. 73 his. Fig. 73 ter.

dans l’anus des cavales pendant qu’on les trayait. Cette grossièreté ne nous est pas inconnue et vous savez que des esprits subtils y ont découvert une satire à l’adresse des « soulïleurs », des hermétiques chercheurs de la pierre philosophale (lig. 73 bis). Mais nous dirontils pourquoi les beignets souillés ont été gratifiés du vocable mondain « vent d’ange », vulgo « pet de nonne » ?

Sous une sellette voisine, un malade et son médecin semblent trinquer à leur santé, l’un avec un pot de tisane et l’autre avec un urinai; à moins qu’il n’y ait qu’une simple coïncidence dans le geste élévateur, en quel cas la facétie ne serait plus qu une simple image d’un trait de mœurs (fig. 73 ter).

Fig. 73.

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