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i/art profane a l’église
Villa Borghèse. — Commencée par le cardinal Dezza, elle fut terminée sous le pontificat de Paul V par son neveu le cardinal Scipion. Avant d’être une galerie de peinture et de sculpture, elle fut la demeure d’un prélat, et l’on y pouvait déjà contempler les toiles et les statues les plus suggestives, entre autres : Jupiter et Danaé, un des meilleurs tableaux du Corrège ; V Aurore^ du Guerchin ; Vénus et V Amour ^ de Lucas Cranach ; V Amour sacre et V Amour profane^ du Titien ; Léda (fîg. 383) ; les statues colossales de Jupiter, Apollon, Julie et Sabine ; la Dispute d’Apollon et d' Hercule, par Domenico des Angelis, à la voûte de la première salle ; la Naissance de Vénus, fresque de Gaetano Lopis, à la voûte de la troisième salle; etc. Cet édifice n'a donc pas changé de destination; il n’a fait qu’étendre son hospitalité à l’art profane.
Palais du cardinal CesiL
La Farnésine. — Cette demeure de plaisance, édifiée par le banquier des papes, Augustin Chigi, devint la propriété des Farnèse. On y admire encore les douze fresques où le pinceau magique de Raphaël développe les différentes phases des Noces de Psyché, et où le maître des maîtres prouve que la foi n’est pour rien dans les manifestations artistiques de la peinture religieuse. Il ne serait pas question, ici, de ce palais, si l’amphitryon n’avait souvent réuni et « régalé » Léon X et divers cardinaux, en noble compagnie des nudités de l’Olympe, à la tête desquelles brillent les Trois Grâces, une brune, une blonde, une châtaine, à qui l’amour fait admirer Psyché dont il est épris (fîg. 384).
Palais Farnèse. — Ce palais fut construit en face de la Farnésine sur la rive opposée du Tibre, par le cardinal Alexandre Farnèse, qui devint pape sous le nom de Paul III. Les fresques lascives d’Annibal Carrache.son chef-d’œuvre, dont le Triomphe de Bacchus et d’Ariane occupe le centre, se déployaient à l’aise sur les murs de ce palais, sans crainte de faire rougir davantage la pourpre cardinalice. Les amours mythiques étaient célébrées sur les parois de la
1. L’auteur des Délices d’Ilalie y a « admiré » une sculpture antique représentant J linon, dite V Amazone parce qu’elle a une mamelle coupée. Nous ne connaissons aucune ligure d’Amazones olTrant la section mammaire à laquelle cette peuplade fabuleuse devrait son nom.
galerie des fêtes*. Il suffit de considérer les sujets d’ornementation
de la chape de ce pontife^^ pour avoir la mesure de son libéralisme artistique et de sa moralité.
Cet édifice n’a pas, non plus, beaucoup changé en devenant un Musée national, où Ton rencontre, par exemple^ Apollon et les Trois Grâces qui ont des draperies sous la main, mais se gardent bien de s en servir, à la satisfaction des amis des beaux-arts.
Palais Spada. — Il fut élevé pour le cardinal Gapo di Ferro sous le pontificat de Paul III et décoré par le cardinal Spada. On y
1. La chaste plume de Du Pays proteste contre les sujets de ces peintures - „
un des caractères de l’époque où elles furent exécutées que ce eoût prédomin-nU pour la mythologie, mais il uc .juslilic pas (pour parlor'le lougC rer^uc de La Bruyere), ces saletes des dieux peints pour les princes de l’Eglise. » Et chanoine de Bleser ajoute : « C’est une des plus belles œuvres de la Benaissance mais 1 est bien permis d fifïirmer sans témérité que de pareils scandales ne s’étaleront du moTdr» «“-'qi'cls il O Ole dit d.etre la lumière et le sel