SAMSON
Mon cher confrère,
Je n^ai pas voulu vous parler de votre poème avant de l'avoir lu tout entier. C'est un véri-
[table 9nonu77zent que vous, élevez à Vart dramatique.
Je ne vous parlerai pas de la partie où vous traitez plus spécialement les moyens d'exécution^
. la voix, le geste et le silence : c'est fait de main de 7naitre,,avec un bon sens et une fine ironie qui prêtent un véritable charrne à ce sujet un fi ride : vous y avez fait de vrais tours de
is, quand vous passez à la partie nobvC de fi du com,édien, vous vous élevez aux plus
VIIÎ
grandes hauteurs de la critique littéraire. Vos analyses des chefs-d'œuvre sont des cheft-d'œu-] vre elles-mêmes ; il semble qu'on se promène dans des palais qui ont un architecte pour cicérone. Vos études sur AndromaLqne^ Polyeucte, le Misanthrope et TÉcole des Femmes m'ont par-ticulièrement ravi.
Ceitx qui, comme moi, ont déserté depuis un temps cette belle langue des vers, se sentent pr ts en voits lisant du besoin d'y revenir, comme le
soldat en congé' tressaille devant un drapeau, qui passe^ Merci de ce bon et salutaire tressaillement; merci de votre beau livre.
Bien à vaus de cœur,
E. AUGIBR,