L'Art vainqueur
Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays
Au Lieulenanl-Colonel
RENÉ QU INTOX
Au Soldai,
Au Lyrique,
Au Savanl.
Il y a une loi de conslance lyrique qui lienl les sociéléè en vie el qui, lanl qu'elle persiste, ne serail-ce que dans quelques hautes têtes, empêche cette élite el son peuple de mourir. J'ai essayé dans cette série de cinq leçons, faites ce printemps, — le printemps de notre Victoire, — aux étudiants de /'Institut d'Action française, de dégager aussi précisément que Je l'ai pu, les bienfaits positifs de cette belle loi.
En préparant ces leçons je n'ai cessé de songer à vous, à vos travaux, à votre vie guerrière, à cet exact el lyrique génie qui donne une telle force à tout ce que vous pensez el à tout ce que vous dites et qui fait de vous, mon cher ami, avec Frédéric Mistral et Charles Maurras, un des plus riches et des plus significatifs exemplaires d'humanité qu'il m'ait été donné d'admirer et d'aimer.
Tout ce qu'il peut y avoir de fécond et de sûr dans ces pages leur vient de vous. Il est donc nalurel que je vous prie d'en accepter la dédicace, y'éles-vous pas, d'autre
pari, un de ceux qui senlenl le mieux en quelle époque merveilleuse nous entrons. Selon les principes qui ont toujours dirigé votre vie, est-ce que, dans tous les ordres de la recherche aussi bien technique que spéculative, chacun, dans notre pays, n'abandonne pas le superflu qui nous égara si longtemps, pour aborder l'essentiel ? On va droit au vrai, au caractéristique, au substantiel. Ce que vous apportez dans la science, ce qu'apporte un Louis Bertrand dans le roman, un Xavier de Magallon et un Charles Derennes dans la poésie, un Elle Faure dans l'histoire et la critique d'art, un Georges Valois dans la morale et l'économie politique, un Jacques Maritain dans la philosophie, ce que nous voyons s'épanouir avec tant de promesses joyeuses dans la printanière éclosion de notre jeune peinture et de notre jeune musique, cette restauration des grands sujets, des larges perspectives, la pleine harmonie de la fresque remplaçant les papillotements de l'impression et la puissance inductive de la raison se substituant aux hasards approximatifs de l'intuition, ce dégoût du convenu et cette soif de l'invention qui vont de pair avec le respect des formes traditionnelles, le souci de haut réalisme et de composition, d'ordre constructeur et de vérité passionnée, de renaissance lyrique, en un mot, — c'est l'esprit même de la Victoire. C'est le grand Rythme français dont nous reprenons conscience.
L'âme de notre terre se reprend à vivre sa vraie vie, elle quitte les errances et les plaisances du devenir pour se placer résolument au sein de l'Être, et de là tout voir, tout émouvoir par rapport au seul Réel, au Permanent. Instaurer toutes choses en l'Être et en l'Intelligence, la guerre le lui a enseigné : l'imagination et le cœur qui sont tant, sans l'Intelligence ne sont rien. N'est-ce pas l'Inlelli-