CONCLUSIONS
1° Ce travail est basé sur l’analyse de 35 observa-
tions concernant des malades opérés depuis une période de 6 ans par le D' DucRoOQUET et hospitalisés pour la plupart dans le service du D° MARTIN à l’hospice des Enfants Assistés.
2° Il nous a semblé nécessaire de rappeler en quelques lignes la définition de l’arthrorise postérieure utilisée avec une particulière fréquence au niveau de l'articulation tibio-tarsienne vü elle bloque partiellement et mécaniquement le Jeu articulaire plus ou moins touché par l'atteinte roliomyélitique.
3° En outre, nous nous sommes crû obligés, d’en exposer les différents procédés auxquels on recourt en règle générale.
Les plus en vogue étant :
— Butée par enchevillement,
— Butée par lambeau osseux pédiculé.
4° Loin d’en nier les qualités qui sont grandes et les heureux résultats fonctionnels, nous estimons indispensable d'exposer en détails le procédé d’ar-
throrise postérieure qui nous appartient en propre
et que nous employons habituellement. Il se résume
en l’utilisation comme buttoir d’un transplant souple,
SUR Éd
ostéopériostique, incurvé, implanté librement dans le calcanéum. Le fait caractéristique réside dans lincurvation du greffon.
5° Sa technique se caractérise par sa rapidité, sa simplicité et se résume en trois temps essentiels :
— Prise du greffon souple sur le tibia sain.
— Incision médiane postérieure. Dédoublement du tendon d'Achille.
— Implantation dans le calcanéum du greffon in-
curvé.
6° Au point de vue mécanique : lélasticité naturelle de la lamelle osseuse entraîne un arrêt articulaire progressif et en même temps plus physiologique.
7° Les résultats comparés des sujets opérés et suivis pendant une période de 6 ans sont caractérisés par l’absence de toutes complications post-opératoires ou fonctionnelles. Les clichés radiographiques sont particulièrement instructifs en montrant l’état du greffon
à des époques variables après l'intervention.
8° Ils nous servent en outre de documents d’une valeur indiscutable pour envisager un des problèmes les plus complexes : le développement biologique du transplant.
Certains points nous ont particulièrement frappés :
__ La rapidité extrême des modifications, à tel point que l’on peut se demander si le greffon souple, ostéopériostique ne se développe pas sur place comme une bouture vivante.
__ La persistance de la forme primitive avec seu-
RTE
lement un léger redressement malgré la surcharge calcique importante. ; jee
__ Le rôle du périoste étant donné que cette même surcharge se fait uniquement du côté concave.
= Le rôle des mutations calciques locales, tibiales en particulier.
Répondre d’une façon affirmative nous semble difficile et nous nous sommes contentés d'analyser des
faits mis en lumière par nos résultats anatomiques.
9° Enfin, pour terminer, nous avons envisagé 2 problèmes d'ordre thérapeutique :
D'une part, la place de larthrorise postérieure dans le cadre des interventions pratiquées pour lutter contre les séquelles de la poliomyélite :-Telles transplantations. En fait, les avis sont si partagés, que prendre parti est impossible; il semble que l'A. P. ne peut être qu’une opération complémentaire dans un ensemble pathologique où se superposent des déformations multiples du pied.
D'autre part, l'A. P. convient non seulement dans le traitement des séquelles de poliomyélites où nous l'avons longuement étudiée, mais également dans les autres cas de pieds équins rencontrés dans des affections d’origine variée.
Vu : Le Président de la Thèse, Vu : Le Doyen, P. MATHIEU. M. TIFFENEAU.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, G. Roussy.