‹ L'Arthrotomie: Latéro Rotulienne ExploratriceChapitre 4 sur 5 · LAS · texte numérisé non relu

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faudra tenir compte surtout de la situation du projec- tile. L'incision pourra donc être latéro-externe.

3° Dans une troisième éventualité, le malade présente depuis plus ou moins longtemps des phénomènes douloureux : la douleur survient tout d’un coup, au cours de la marche; elle est souvent très aiguë et laisse après elle un endolorissement marqué, quelquefois une hydarthrose qui dure plusieurs jours. À plusieurs reprises, quelquefois même à chaque instant, le même phénomène se répète; d'autre part, le palper attentif réitéré du genou ne révèle aucun corps étranger. Deux diagnostics sont alors vraisemblables; ou celui d’arthrophyte non révélé par la palpation, ou celui de lésion du ménisque.

Certainement une analyse serrée des symptômes pourra dans certains cas permettre d'opter entre les deux hypothèses avec certaines chances de tomber juste : le blocage douloureux du genou, empêchant d'achever le mouvement commencé et se répétant toujours dans le même genre de mouvement, est un signe de lésion méniscale ; au contraire dans les corps étrangers les douleurs surviennent plus irrégulièrement et ne provoquent ordinairement pas de blocage caractéristique. Le diagnostic différentiel est donc possible et se confirme par l'opération.

Mais les symptômes n’ont pas toujours -une netteté aussi parfaite et bien souvent il est impossible de se prononcer. La radiographie, même si on s’aide de la distension gazeuse du genou qui, étant simple et inoffensive, est en tous cas à pratiquer, ne permet pas dans les conditions habituelles de voir les ménisques

etil n'y a par conséquent pas à compter sur elle pour.

trancher la question. Celle-ci restera donc souvent en suspens. C’est alors qu’il faudra recourir à l’arthrotomie exploratrice et la faire suffisamment large pour permettre, suivant les cas, d'enlever le corps étranger ou de traiter la lésion du ménisque ; l’ablation de ce dernier est en général préférable à la suture, parce que plus simple et tout aussi efficace qu'elle. Si toutefois on voulait pratiquer la suture ou que, ayant trouvé une désinsertion du ménisque sur tout son pourtour sauf aux extrémités, on veuille le réinsérer, il n'y aurait qu'à brancher sur l'incision verticale, au niveau de linterligne articulaire, une courte incision transversale postérieure qui donnera tout le jour désirable.

4 Enfin un quatrième cas se présente plus souvent encore ; on se trouve en présence d’une hydarthrose chronique ou à répétition, et il est impossible d'en préciser l’origine. S'il ne s’agit pas d'un des deux cas précédents, que le sujet ne soit pas un bacillaire, ni un blennorrhagique, ni un paludéen, on est forcé d’étiqueter le cas : hydarthrose essentielle ou encore hydarthrose d’origine inconnue. En face de ce groupe

confus des hydarthroses, dont la symptomatologie est

extrêmement réduite, le‘clinicien ne trouve aucun signe qui puisse le guider; aussi cette pathologie estelle tout entière à faire ; or elle ne peut être faite que par la pratique des arthrotomies exploratrices : il ne faudra donc pas hésiter à faire cette opération, sinon systématiquement du moins dans tous les cas qui en

valent la peine, c'est-à-dire lorsque, par sa répétition,

NT PRES l'hydarthrose arrive à entraver considérablement l'activité du malade.

En agissant ainsi il arrivera au chirurgien de découvrir une des affections précitées que la clinique n'avait pas permis de diagnostiquer, ou bien de trouver une affection rare à laquelle il était vraiment impossible de penser.

Bien que nous ne soyons pas toujours en mesure d'opposer aux lésions trouvées un traitement convenable, le renseignement obtenu vaudra pour le moins la peine d’avoir pratiqué cette opération inoffensive, qui devient, comprise comme nous l'avons décrite, l’'arthrotomie exploratrice du genou.

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