GEORGES, MADAME GÉRARD, MARCELLE, DE RIVES
DE RIVES, à Marcelle, qu’il rejoint, tandis que Georges et sa mère sont remontés au fond.
On me dit que tu désires me voir, chère enfant?
MARCELLE
Oui, mon père, oui; j’ai h t’annoncer une nouvelle et une griice à te demander.
Elle est accordée d’avance.
MARCELLE
Alors, tu quittes Paris et tes chères habitudes... tu nous accompagnes tous les trois... nou.s allons voyager.
DE RIVES, souriant.
Ah, mon Dieu! comme cela, tout à coup!... [La regardant.) Je. comprends... ton mari a fait amende honorable ; il a juré de ne plus jouer, et tu l’entraînes vite loin de Paris, de peur qu’il ne manque à ses promesses. C’est fort bien imaginé; et, ma foi, mes enfants, je ne dis pas que je ne vous suivrai pas... Je viens de voir un spectacle qui m’a tout bouleversé; j’ai assisté à des scènes terribles, que je voudrais oublier. [A Georges, qui s’est rapproché de lui, tandis que madame Gérard rejoint Marcelle.) Vous savez, madame Do Champs, avenue de Neuilly?,..
GEORGES
Oui.
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DE RIVES
TieasI c’est Juste, j’oubliais; c’est dans sa maison que vous jouiez... Eli bien! cher ami, voiis n’y jouerez plus; la pauvre femme est folle, folle à lier.
GEORGES
Ah !
Quel événement s’est produit et a déterminé cette crise?.. .
Il doit y avoir là-dessous quoique mystère, quelque ténébreuse affaire...
GEORGES
Qui vous le fait supposer? [Madame Gérard et Mar- ' celle se rapprochent.)
DE RIVES
Au moment où je suis arrivé chez elle, madame De Champs avait encore quelques lueurs de raison, et pa^r moments, je l’entendais crier : « Je serai vengée... Je v^x le perdre... je veux... là-bas... cette lettre... » Et, en même . temps, elle désignait un petit bureau qui se trouve dans son salon, et vers lequel elle ne pouvait se diriger, car elle avait déjà eu plusieurs crises terribles, et on la retenait île force sur un fauteuil.
GEORGES
Eh bien?
MADAME GÉRARD
Cette lettre?
DE RIVES
J’ai pensé qu’elle pouvait être importante; je me suis dirigé vers le bureau, j’ai trouvé la lettre, et bien m’en a pris d’avoir eu celje idée, car elle était adressée au procureur général.
MARCELLE
Mon Dieul
DE RIVES
Elle doit contenir quelque révélation sur l’existence de madame De Cham|)s, et elle liclairera certainement la justice.
GEORGES
Qu’en avez-vous fait?
DERIVES.
Mais je l’ai fait remettre à son adresse.
MADAME GÉRARD, ô eUe-niême.
Nous sommes^erdus 1 , ■ '
GEORGES. •
Combien y a-t-il de temps de cela?
DK RIVES.
Cne heure environ... [Il remonte rers le guéridon qui est au fond à gauche, et y clierche %in journal.)
GEORGES, bas à madame Gérard.
-Vllons!.,. d’un moment à l’autre, on peut venir m’arrôler.
MADAME GÉRARD
Aussi, pas une minute à perdre... partons... voyons. H mes enfants... voyons, du courage ! •
MARGELLE
J’en ai... j’en ai... mais je n’ai plus de forces.
MADAME GÉRARD, à moiisieur De Hives.
Rendez-nous, je vous prie, le service de voir si le docteur Combes est rentré, nous voudrions lui parler au plus vite.
DE RIVES, les regardant étonné. , -
Est-ce que vous trouvez Marcelle plus malade?
MADAME GÉRARD
Non, non, mais je voudrais voir le docteur... (A JOH fils, tandis que monsieur de Rites s'éloigne.) Georges, v viens... monte avec moi, prendre quelques papiers, {A Marcelle.] .Mon enfant, dans dix minutes nous descendons; serez-vous prête?...
MARCELLE, tremblante. *
Je le suis, madame... je le suis... Dites k Julie de m’apprêter un chapeau, un manlelet, un chàle, ce qu’elle voudra... Je ne monte pas... je no pourrais pas... mon cœur but si fort...
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' OKOKGKs, s'élançant rers ellr.
Pauvre enfant!.,.
MARCKLI.E.
Va... va... mais (lépiîclie-toiclonc!... (Elle le reconduit. Georges et madame Gérard sonent à f/auche.)
SCIINB V
MARCÆLLH, puis Jl'Ui:, et un DOMESTIQUE.
MARCKI.LK, seule.
.\h! mon Dieu! aurai-je la force d’aller Jusqu’au bout?... Voyon.s! je voulais emporter quelque chose... je- ne me souviens plus... Ah! oui, ce journal où sont inscrites mes plus secrètes pensems... où je parlais de lui à toutes' les pages. [Elle s'approche d'un bureau et cherche. La porte du fond s'ouvre, le Domestique paraît.)
V MARCELLE
Au moindre bruit je tremble! (Att Domestique.) Qu’y a-t-il? Que voulez-vous? ^
LE DO.MESTIQI-E.
Madame, je cherche monsieur...
MARCELLE, vivement.
Mon mari! Que lui veut-ou?,.. Qui le demande?
LE DOMESTIQUE
Un monsieur que je no connais pas.
MARCELLE
Dites qu’il n’y est pas... Dites...
LE DO.MEST1QLE
C’est que, madame, il n’est pas facile de se débarrasser de cette personno-là... on dirait que...
MARc.Ei.LE, Vivement.
Quoi ?
LE DOMESTIQUE
On dirait qu’elle a le droit d’ètre chez nous.
MARCELLE
Ah I mon Dieu !
LE DOMESTIQUE. -
Voici ce monsieur, madame.