MAITRE DELILLE
Nullement.
CHATELARD.
pa
Comment! comment 1 je ne parlerai pas^ mais j'avais pré« ré... (Élevant la voix,) Monsieur le président...
l'hitissibr, d Chatelard sur un signe du Président. Allez, vous asseoir.
. CHATELARD
M'asseoir I.,, Et ma femme qui s'apprôiait à m' entendre. .. et ma fille à qui j'avais prom»... Monsieur le président!
l'huissieh.
Allez done vous asseoir.
CHÀTEIJiRD.
Oh ! monsieur, on me fait perdre tout mon prestige auprès de ma famille. {Tl s* assied sur Marceline.)
MARCELINE
Prenez donc garde, ce n*est pas une raison de m'écraser parce que vous avez manqué votre effet.
CHATELARD.
Excusez mon trouble, mademoiselle, excusez-le. Mais lorsqu'on à vécu trois mois avec la pensée de comparaître en cour d'aséises'^ et de voir tcmtes ses paroles imprimées, il eat'bien triste de revenir...
MARCELINE
Bredouille.
CHATELARD.
.Je ne me serais pas, servi de ce mot, mais il peint bien la situation. (Se tournant vers le public et regardant*} Ah r nion Dieul elles sont au premier rang... elles ont touf vu.... Comment ma fille me respectera-t-elle? ( Pendant ce jeu de scène y [^huissier a introduit Potain qui s* est avancé vers le tribunal et a rempli les formalités d'usage. )
.' ■ SCÈNE V Les MÊMES, POTALN.
LE PRÉSIDENT, o/u témoin* Vous étiez sur le quai de la Marine, au Havre, au moment
du débarquement de Georges Du Hamel et de la dehiiOfselle Cora ?
Oui, mo«fsieur \e préaident. Victor MaziKer m'»vah dit : Un navire de mon père entre dans ies bassins ; les passagers débarquent , viens voir s'il y a quelques jolies fem^mes à bord. Alors, j'ai suivi Victor, parce que c'est mon arpi ; je le suis toujours.
LE PRÉSIDENT
Qu'a fait l'accusé en arrivant k terre?
POTAIN
Sa mète l'attendait. Il s'est précipité dans ses bras, et e&t entré avec elle à l'hôtel de l'Amirauté.
LE PFiÉSIPÇNT.
Il a laissé seule sur le. qiiai SGi compagne de route?
POTAIN
OiEn, racwisieur le président. Alors, Victor m'a dit: Potain, comment la trouves -tu? J'ai dii ; Je Ja trouve superbe! Victor a dit : Elle n'a pas l'air de connaître le Havre, elle paraît très-embarrassée de sa personne et de ses malles, viens. lui offrir nos services auprès de la Douane, j'ai dit.,.
LE PRÉSIDENT
Oui ^ votts vous ôtes dit... Âssex,.. Répondez seulement à nos questions» Quel accueil vous fit celle que vous aviez rejointe?
POTAIN,
Un accueil un peu froid d'abord: mais le capitaine du navire qiiielle venait de quitter a passé près de nous; Vfctor le connaissait... Il s'est fait présenter à sa- passagère et la glace a été rompue.
LB PI^ÉSIDËNT.
Combien de temps êtes- vous resté avec elle?
POTAIN*
Une heure à peu près, tandis qu'em visitait les malles.
L'APTÏCLE il 21
Puis, Victor m'a <)lt : PoUiQ, maintenant ta m'eipbarrasses, jfO ne puis pas causer intimement avec cette dame, va-t'en, je te rejoindrai bientôt. Je dtiis parti.
' £t quand il vous a rejoint, que vous a-t-il dit?
POTAIN
Qu'il avait promené madeaioiselle Gora sur les quais, dans la rue de Paris, qu'elle était aussi aimable que jolie, . et qu'il espérait bien la revoir le lendemain.
LE PRÉSIDENT
Et il l'a revue?
POTAIN
Ils ont pa^sé une partie de la journée ensemble , ce qui m'a beaucoup contrarié, parce que je ne quitte jamais YicV)r^ et que je ne savais plus que faire de mon temps.
XB PAÉSitDENT*
€ela nous 9<|ffit. Aëez vous^seôr» { 4u Greffier.) Qu'on introduise Victor Mazilier.
GHATELARD, pendant qu'on exécnHê cet «rvEr^, à Patain
qui 8*asêie4 près de lui.
Ah I monsieur, votsts au moins, vous aves parlé, vous lirez demaiâ dans les journaux veire déposition.
POTAIN
Et ma famille aussi la lira..* et elle me supprimera ma pension pour m'apprendre à aller attendre les joHes femmes qui débarquent d^ Amérique.
[àfazilier a traversé V auditoire et s* est placé datant
le tribunal.)