NOTICE SUR M. DE MONTABERT. XV
Pour y parvenir, il fallut qu'il remontât jusqu'à sa source, et le suivît dans sa marche ascendante, jusqu'à la mémorable époque où l'art atteignit son plus haut degré de perfection, repassant cette succession de siècles où fleurirent tant d'artistes célèbres, et dont Phidias et Apelles sembent avoir été les plus favorisés du ciel. De Montabert reconnut aussi que, dans leurs conceptions, les grands génies étaient toujours régis par un des modes empruntés à leur musique, de telle sorte que ce mode une fois choisi et déterminé, selon les sujets qu'ils avaient traités, cette unité, loi immuable, aussi ancienne que le monde, et sans laquelle il n'est pas d'harmonie, apportait à leurs œuvres le sceau de la perfection.
11 faut voir, dans son Traité complet de la Peinture, avec quelle supériorité de Montabert développa ce principe, en exposant sa théorie de la beauté.
Enfin, après plus de trente ans de travaux incessants, il créa cette œuvre la plus capitale, le monument le plus glorieux qui ait été élevé à la peinture, et où les éternels principes du beau sont éloquemment traités.
Cet ouvrage fut imprimé en 1828. De Montabert y dépensa presque tout son revenu , et sa publication lui coûta plus de 200,000 fr. Mais qu'est-ce que cette valeur auprès des trésors qu'il renferme,