‹ L'ártiste et le philosopheChapitre 10 sur 43 · XV · texte numérisé non relu

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société était arrivée à ce point que la peinture était tombée dans le plus grand mé* pris ; les mauvais artistes méritaient d'être traités sans égards; on pouvait renvoyer l'un au Pont-au-Ghange et Fautre au Garde- Meuble, sans qu^une pareille décision dut paraître déplacée ; mais aujourd'hui ....

.• — Aujourd'hui, de quoi vous plaignezvous? On a pour toutes vos personnes des ménagemens incroyables ;: et , quant à ' la manière dont on apprécie vos pix)duclionS| si la - rédaction des arrêts que Ton rend tx)ntre elles est parfois concise à Fexcèsi prenez-vous en au public, qui hait avant tout les précautions oratoires, et qui exige

de l'écrivain du positif et du formel. -

-^ Msds ie ton du doute qui adoucit la rigueur ' d' une sentence, pourquoi ne pas

( ïvi )

le prendre ? L'amour-prôpre de l'artiste serait à labri derrière cette espèce de con*cession ; ce serait d'ailleurs une formule polie....

—Des formules polies ! Demandez au lecteur s'il les aime. L'épigramrae lui plaît , même quand elle n'est pas très-bien tournée] le. madrigal l'ennuie avec ses formes attiques. Un écrivain veut être lu comme un artiste veut être vu. Si l'écrivain est juste, c' esta-dire, s'il dit en conscience: Ceci, est bon , ceci est médiocre , cela est mal , l'artiste n'a pas le drcyil de se plaindre, de quelque expression, décente au moins, qu'il ait revêtu son opinion. Le public est pour lui, s'il amuse, s'il intéresse, s'il sait avec adresse jeler le ridicule. sur une composition niaise, ou appeler l'attention sur un

ouvrage bien pensé*, bien exécuté; sMI se fait au contraire le héraut de toutes les vanités, le protecteur de toutes les petites gloires, le défenseur de toutes les prétentions , il est sifflé du public . et méprisé au fond par les artistes pour lesquels il a eu

de lâches complaisances.

— A mon tour, je vous répondrai : Je ne

dis pas que vous n'ayez un peu raison. Résumons-nous cependant. Nous vous accordons que vous pouvez être connaisseurs, et que, comme tels , vous avez le droit acquis de nous juger....

— C'est bien heureux !

— Mais soyez-nous un peu plus traîtables ; mesurez vos paroles au poids dé notre susceptibilité , épargnez-nous la Cruauté de vos

(. x.vin ),

jugemens en deux mots, el vivons en bons; amis,

T- Très - volontiers , je n'ai jamais demandé mieux. Adieu.

— A. propos ; noiis nous recommandons à vousj el nous vous avertissons que tout ce que nous avons exposé cette année est charmant , délicieux , admirable , sublime...

— Eh! messieurs, qui en doute? Pour moi, j'en suis bien persuadé.... mais votre prière est inutile. J'ai quelques amis parmi vous , je ncs veux pas les perdre ; j'ai peutêtre quelques ennemis, je n'en veux pas augmenter le nombre; je n'écrirai donc pas sur le Salon dè*iStt^,.é,

..^. Et j'avais en effet pfis la résolution de ne rien écrire, de ne rien publier a ce sujet» qvm^ jç .rç^^s,les deujcjetttteç suivantes;

(IIX)

« Mon cher ami,

tf C^€5t demain le grand jour, réjouissez- «c vous^; il y aura de la peinture par-des^

« sus les toits. Ne manquez pas Fouver-

4c ture, c'est un coup d'œil charmant. Vous

« me trouverez sur les marches de la grande

« porte. Je me.promets beaucoup de plaisir

« de nos causeries. Nous admirerons eft-

« semble , ensemble nous critiquerons ; et,

« si nous avon$ le bonheur de rencontrer

<c dans nos promenades au Louvre quel-

« ques Centaures (i), quelques Mutépha-

« hs (2), ou toutes autres jolies choses de

(i) Ouvrage ridicule de M. Tardieu; il obtint en 1819 un succès de gaieté.

(2) T)e M. d'Aubmsson. Tableau très-grand et trèsmauYâis exposé en i8aa. M. d'Aubuisson n'a rien ex^^

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