‹ L'AryenChapitre 5 sur 60 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Homo Europœus* — Ce livre est la monographie de VHomo Europâsus, c'est-à-dire de la variété à laquelle on a donné les noms divers de race dolichocéphale blonde, kymrique, galatique, germanique et aryenne. Je la désignerai d'ordinaire par son nom scientifique, celui que lui a donné Linné. J'estime, en effet, que dans un ouvrage scientifique consacré à une forme de Homo, il convient de ne pas plus s'écarter de la nomenclature zoologique que s'il s^agissait de Felù, Corvus ou Ammonites, C'est le moyen le plus sur de rappeler incessamment au lecteur que l'être dont il question n'est pas un animal & part, mais qu'il rentre dans le système général de la nature et subit l'application des lois communes de la biologie. Trop souvent on parle de l'homme, même dans les ouvrages sérieux, comme d'une créature particulière, à côté, peut-être l'aryen* 1

au-dessus des lois. C'est un travers contre lequel il convient de réagir. L'arbitraire dans les choses humaines n*existo que pour Timagination des mystiques, et la science politique darwinienne, Tanthroposociologie, s'efforce précisément de substituer des notions concrètes aux conceptions métaphysiques ou mystiques de la sociologie des philosophes.

Si j'ai écrit îen tête de l'ouvrage le nom d'Aryen, c'est parce que le public instruit, dont l'éducation est surtout littéraire, ne sait point trop ce que veut dire le terme H, Europxus, Depuis que j'ai remis en vigueur cette dénomination linnéenne, de nombreux écrivains, Ammon, Wilser, Muffang, Fouillée, Closson, Ujfalvy, Ripley, beaucoup d'autres encore Tont vulgarisée en Europe et en Amérique, mais elle n'est pas encore assez connue bien que les journaux quotidiens commencent à l'employer. J'ai donc été obligé de choisir entre les divers noms les plus connus : Kymri, Germain, Aryen. Le premier qui veut dire compatriotes « ne date que du Moyen-Age et n'a aucun rapport avec le nom desCimmériens on desCimbres. Il n'a jamais désigné que des tribus galloises. Le second n'a jamais été accepté pour dénomination de la race entière. Je me suis arrêté au dernier, parce que depuis vingt ans il parait l'emporter dans la pratique, et parce que les philologues lui ont donné une étendue générale aujourd'hui connue de tous.

Je ne crois pas cependant qu'il soit bien meilleur. Il suffit pour s'en rendre compte de faire l'historique de ce mot.

Dans les livres sacrés de Tlnde et de la Perse, le mot Arya désigne le peuple indivis duquel sont descendus les Iraniens et les Hindous. D'Arya, les philologues ont dérivé aryen, pour

i. De Combroxy pi. Combroges, de corn et 6roaî, brogos, pays. Le terme Kymri apparaît seulement après Tinvasion saxonne, comme nom de confédération des indigènes gaulois de Grande-Bretagne. Voyez d'Arbois de Jubainville; R.' celtique, Î898,74.

qualifier le groupe linguistique et la civilisation particulière des peuples de ce rameau ethnique. On est ensuite arrivé à regarder toutes les langues indo-européennes comme dérivées d'un aryen plus primitif, parlé dans la région bactrienne, et tous les peuples indo-européens comme dérivés d'un mftme peuple aryen, dont les essaims auraient peuplé toute l'Europe et une partie de l'Asie.

Dans cette conception qui a régné jusqu'à la fin de ce siècle, il y a beaucoup plus d'erreurs que de vérités. Le groupe indo-iranien n'est pas le plus ancien et le plus rapproché de la souche des langues indo-européennes, les peuples indo-européens ne sont pas sortis de l'Asie centrale, et les éléments qui les composent sont d'origine très diverse, sans autres liens que des communautés de langues et d'institutions.

Dans ces conditions choisir pour désigner l'ensemble des langues et des institutions primitives des peuples indo-européens le nom du rameau aryen n'était pas précisément une idée heureuse. C'est à peu près comme si dans un avenir très lointain, où le souvenir de notre histoire serait perdu, des philologues et des ethnographes voulaient appeler Tasmaniens les Anglo-Saxons, dont ils auraient trouvé d'abord en Tasmanie des traces d'institutions ou de littérature.

Sur cette généralisation malencontreuse s'est greffée une spécialisation plus fâcheuse encore. La plupart des savants et desérudits qui placent en Europe l'origine des peuples aryens pensent que l'évolution de la langue et des idées générales de la culture primitive aryenne s'est faite chez un peuple doHchoblond, ou tout au moins dont la partie dirigeante était dolichoblonde. De là une détermination nouvelle du nom d'Aryen, qui étendu d*abord des Iraniens védiques à tous les Indo-Euro*, péens cesse d'être un nom ethnique commun pour devenir un nom de race dans le sens zoologique.

s bien que la classe domiDante chez les Aryens véàU il dolicho- blond?, peut-être le peuple aryen tout eulier ulicho-blond. Je n'en suis pas assez sûr pour ne pas que l'équivalence Aryen ^= H. Europieus est bien la limite des licences permises quaod on prend la parle tout. Le mot, à force de changer de sens, est ce> devenu si vague qu'il est encore préTérable aux noms iquc, germanique ou kynirique, ceux-ci étant propres uplcs bien connus, incontestablement dolicho-blunds, it chacun était seulement une petite partie nettement le la race.

donc pourquoi j'ai adopté pour titre le nom connu du t pourquoi je m'abstiendrai de m'en servir di^sormais, ue le permettront les nécessités du langage. e béiiéiice de ces observations je pourrais entrer en et commencer la monographie de H. Européens. Pour paraître esquiver la controverse aryenne, qui a fait es monceaux de papier.et qu'on s'étonnerait peut-èlra is voir en lèle d'un ouvrage consacré aux Aryens, je uidant lui consacrer quelques pages. L'intérêt de cette rse n'est plus qu'historique, le seul point discutable é restant la part de la race blonde dans l'évolution de ation protaryenne. Le lecteur qui désirerait être éclairé ^e trouvera ce qu'il cherche dans les travaux de e livre do Taylor et la monographie de la controverse mon Reinach K Cette monographie très érudite est

giœ des Aryen*. Histoire d'une controverse. Paris, Leroux, 1892. rage est consacra à l'.VryeD clhoographique, et Don aatbropo- 'est'&'dire à la discussion de l'origine des peuples aryens, abskilo de leur type. Il comprend une bibliograptiic presque comlous les travaux lioguisliques, ethnographiques, historiquesi date de sa publication. L'auteur, alors indécis, s'est rallié à

presque complète, il n'y manque guère qu'un peu plus de développements sur les travaux do Penka et les miens, et une plus équitable appréciation de nos idées, auxquelles Tauteur s'est rallié Tannée suivante.

La controverse aryenne. — Dans son livre célèbre et plein

J'hjpothèse de Torigine européenne dans un travail ultérieur {Le mirage oriental. Anthropologie, 1893, iv, 539-578, 699-73-2). Je conseille de lire ce mémoire vraiment remarquable et d'une érudition autorisée.

La thèse complexe de l'origine européenne et du type dolicho-blond des Aryens, la question de TAryen anthropologique, est déjà exposée par plusieurs des auteurs analyses dans Touvrage de Heinach. Elle remonte à Bulwer Lytton (ZanonU 18V2) et d*Omalius d'Halloy (B. Ac. de Belgique, 1848, XV, 549). Elle comporte un renversement de la position primitive de la question, et raisonne ainsi : TAryen étant le dolicho-blond, et le dolicho-blond étant d'origine européenne, c'est en Europe qu'il faut chercher l'origine des peuples aryens. La thèse reprise par Lathamen 1851 dans sa préface de la Gennania de Tacite n'était déjà plus nouvelle quand elle fut brillamment développée par Clémence Royer au Congrès d'Anthropologie de 1872, et au Congrès des Sciences anthropologiques de l'Exposition universelle de 1878. A partir de ce moment le protagoniste fut Penka, propagateur de l'hypothèse qui place l'origine des dolichoblonds et de la civilisation aryenne en Scandinavie. Les principaux travaux de Penka sont Origines aryacse, Wien, Prochaska, 1883; bie (let' kunft der Arter, Wien, Prochaska, 1886; Die arische Urzeit, Ausland, 1890. 741-744,764-771 ; Die Entstehung der arisch*n liasse, Ausland, 1891, 132-136, 14M4o, 170 174, 191-193; Die alter Vôlker der ostlichen Kinder Mîtteleuropas, Globus, 1892, lxi, n.4-o ; Die Heimat der Germanen, Mitt. der Anthr. Gesellschaft in Wien, 1893, xxiii, Heft 2; Zttr Paldoethnologie Mittel' und Sùdeuropas, ib. 1897, xxvii, 19-o-2).

L'hypothèse de l'origine scandinaye avait d'ailleurs été soutenue avant Penka par Wilser, à la séance du 29 di-cembrc 1881 de la Société archéologique de Karlsruhe (Karlsruher Zeitung, 22 jan. 1882). WMlser a publié une quinzaine de mémoires sur cette question, en dernier lieu Slammbaum der ariscken Vôlker^ Nalurwissenchaftliche Wochenschrift, 1898, XHi, 361-364.

Avant Wilser, Latham avait dans ses dernières années modifié soh hypothèse de l'origine des Aryens dans l'Europe centrale. Il regardait

L'ARYEN 'illaates erreurs, Leçons sur la science du langage, Max ir assure qu'il fut un temps oCi ]es premiers aucélres {indous, des Perses, des Grecs, de Romains, des Slades Celles et des Germains vivaient ensemble sous le e toit. Cette idée de la famille patriarcale d'Aryas, soûle peuples, premier foyer de la langue et des institutions,

:i comme le berceau de la ctviïtfalion arycDQe, et la région aujourcouierle par la Mer du Nord comme te berceau de la race. Je tieos ndicaliou de Bcddoe, ami de Latham.

mi les auteurs qui regardaient l'Asie centrale comme lieu d'origioe r;cm, parce qu'ils considéraient les brecbjcép haies comme les Ai^eDs, il faut citer lijfalïj. Aujourd'hui Ujfalfj regarde, a^ec , les brachycéphalea eux-mêmes comme nouveau» yeous en Asie lie. Les Tadjiks, si analogues à nos bracbyeéphales que Topinard gardait comme des Savoyards attardés dans leurs migrations, sont ililé un peuple transplanté en Baciriane peu de temps avant notre t venu des conBns de l'Arménie. Ujfalvy, dans son récent ouvrage, ryent au Nord et au Sud de l'HindauKouch (Paris, iiassoD, 1896), se À l'hypothâse complexe de l'origine européenne des peuples aryens, type dolicho-blond des Aryens.

lor {Origine des Argens, Ir. de Varigny, Paris, Bataille, 1895) souune hypothèse complexe dliïércQte, origine européenne de la civili- I et de la langue des Aryens, type bracliycéphale et finnique des is. Son livre, rempli d'erreurs anthropologiques, est à consulter pour testions ethnographiques et philologiques. Sur ce terrain, qui corod à la spécialité de Taylor, l'Origine des Aryens est d'ordinaire le le meilleur et le plus récent.

renvoie instamment aux livres de Reinach, Pcnka et Taylor. Dans ce livre d'ailleurs, je ne développerai que les matières sur les- 3 il n'existe pas encore d'ouvrages spéciaux et bienau courant des vertes récentes. Cela m'entraînera à des développements considéi sur des points moins importants, & des esquisses sommaires sur uestions capitales, mais pour être complet il me faudrait dix voluet je préfère d'ailleurs me borner k un renvoi motivé quand la maa cté traitée mieux que je ne pourrais le faire. Ce livre a exigé dles rches originales trop considérables pour qu'on puisse m'en vouloir (germa tâche en renvoyant le lecteur A des sources connues, quand ■liste.

fit rapidement fortune. Eq 1861, elle résumait les souvenirs bibliques et les résultats de la philologie. Que les choses ont marché depuis!

La conception était simpliste, trop simpliste pour être vraie, car la simplicité n'existe guère dans les faits et les choses de la science, A mesure que la petite peuplade des Aryas se développait, que le langage évoluait, se détachaient des essaims qui poussés les uns par les autres emportaient jusqu'au bout du monde la langue et les institutions de l'époque de leur séparation. Les Indiens, les Iraniens sont les aines de la famille, les conservateurs les plus fidèles du langage et des institutions de l'époque primitive. Les Celtes, les Latins, les Grecs, les Germains, les Slaves, représentent des colonies sans cesse croissantes, s'éloignant de plus en plus pour peupler l'Europe encore déserte. A ces fils de Japhet l'immensité avait été donnée pour demeure.

En ces temps pourtant bien proches, on oubliait aisément l'existence des races qui ne rentraient point dans le cadre biblique, et l'affirmation de Thomme préhistorique était encore traitée de rêve par l'érudition officielle, de blasphème par celle de l'Eglise.

Mais on s'aperçut bientôt que les grandes divisions linguistiques avaient entre elles des affinités complexes, tout autres que ne le comportait l'idée généalogique ; chacune d'elles était apparentée d'une manière particulière à plusieurs autres, et, chose inquiétante, ces parentés existaient entre peuples aujourd'hui voisins, corrélatives à la position géographique et non à Tordre d'émigration des colonies supposées. Il fallut donc admettre que le déplacement des Aryens s'était seulement produit après la différenciation des grandes tribus, Celtes, Germains, Slaves, Indiens, etc., et que la position respective de ces tribus dans l'Arye primitive était la môme que celle des

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peuples historiques. C'est ainsi que Ton fut amené à regarder l'Europe centrale comme le lieu de formation des tribus aryennes, qui auraient simplement divergé, gagnant du terrain chacune au droit do soi, à l'exception des Phrygiens, des Arméniens, des Iraniens et des Indiens qui auraient seuls accompli des migrations véritables. Il était plus logique en effet de regarder comme centre le pays où se trouvaient tant de nations aryennes, encore dans leur ordre d'affinité, plutôt que la lointaine Bactriane.

En môme temps on faisait de bien autres découvertes. On s'apercevait que les races zoologiques deThorame aujourd'hui répandues en Europe se trouvaient déjà en place des milliers d'années avant le temps des Aryas. La notion déformation des peuples aryens par démembrement d'un peuple primitif était calquée sur celle de la formation des peuples en général formulée dans la Genèse. Ce qui était une cause de crédit devenait une cause de doute, depuis que l'ethnogénie biblique se trouvait mise en défaut par la découverte de l'antiquité de l'homme et par l'archéologie préhistorique. On s'apercevait aussi que le lithuanien et d'autres langues d'Europe avaient gardé des formes plus primitives que le sanscrit ou le zend, et tout récemment la critique, dépassant peut-être la vérité par un excès contraire, s'est efforcée de ramener à des temps très historiques l'anl iquilé fabuleuse des livres sacrés de la Perse et de rinde, jusqu'à faire l'Avesla plus récent que la littérature des peuples classiques. M. Darmesteter {Le Zendavestay Paris, Leroux, 1893), conclut ainsi sur la date de ce livre réputé le plus ancien du monde : « 11 a été rédigé tout entier après la conquête d'Alexandre, entre le i®*" siècle avant notre ère, et le IV® siècle après notre ère ». La rédaction zende, soit, mais les rédacteurs pouvaient avoir à leur disposition des documents vieux de quelques siècles, écrits en caractères araméens ou cunéiformes achéménides.

Le système de Muller n'a plus qu'un seul partisan, luimême. 11 est encore enseigné dans les établissements d'éducation, conservatoires de toutes les doctrines hors d'usage ;les philologues en sont arrivés peu à peu aux conceptions suivantes. Point de famille patriarcale ni même de peuplade aryenne primitive, mais un ensemble de peuplades nomades, répandues sur un vaste territoire, parlant des langues très apparentées, subissant une évolution linguistique collective vers les formes aryennes, chaque dialecte réagissant sur ses voisins. Dans cette masse touffue et complexe de dialectes indéfinis, une sélection qui faisait disparaître les plus faibles, donnant une aire d'extension considérable aux plus forts. Ainsi par la suppression des intermédiaires se formaient les grands groupes linguistiques, comme se sont formés plus récemment le français, l'espagnol, l'italien, langues issues d'idiomes locaux imposés i\ de vastes régions par des accidents historiques, et qui achèvent d'étouffer les innombrables idiomes sortis avec eux du fonds commun latin.

A celte théorie, résultante de l'ancienne doctrine des ondes de Schmidt et de plusieurs autres, s'est jointe une explication complémentaire do la simplification croissante des idiomes. La destruction des formes est due à la formation de sortes de sabirs dans les pays où la conquête superposait des peuples parlant des idiomes trop éloignés pour permettre de s'entendre, et dans les familles où le père et la mère ne parlaient pas la môme langue.

C'est ainsi que les philologues sont arrivés à abandonner la théorie de l'origine unique et bactrienne des peuples aryens, des langues et des institutions aryennes.

Pays d*ori^ne. — J'ai dit plus haut que les philologue^ étaient aujourd'hui d'accord pour regarder l'Europe centrale

L'ARÏEN îgion où s'est produite l'évolulioD des langues et oas aryennes. 11 existe plusieurs autres opinions, s sont abandonnées et les autres n'ont pas pris fa- 1 opinions les deux plus sérieuses sont celles qui gine de la culture aryenne dans les steppes de la Jiouole et en Scandinavie. La première a pour elle oralement admis, c'est que les premiers Aryens i vie de pasteurs nomades. Le steppe convient  ce genre de vie. A cet argument il est facile de e la grande Torët Hercynienne, très développée au Lent de notre ère, avait succédé à des steppes, et

six mille ans avant notre ère les fourrés impéné- ) débattaient Galates et Germains h l'époque histoient fort bien ne pas exister. L'hypotbèso scandi-

par confusioD entre deux choses : Torigino de la aryenne, et celie de la race dolicho-blonde consile aryenne par excellence. Nous verrons que celte ■st développée dans la région Scandinave, dans les i de la Merdu .Nord et de la Balti.^ue, mais à l'épo*

formée la civilisation aryenne, H. Europœus Aé-

rexct.>dent de ses essaims dans l'Europe centrale, •açons sur une carie les lignes de migrations conuples aryt^ns, les prolongements des flèches se rets l'Europe centrale. Les migrations vers l'indeet eut du N, 0,, celles des .Xrméniens et des Phrylest; les Grecs, les Latins ont marché du >'. au S.,

les Germains, du N. E. au S. 0., les Scandinaves . les Slaves du S. 0. au N. E. Le réservoir duquel jt K's migrations à IV[)Ot](ie historique se troumité vers le sud par le massif alpin, les Balkans oire. Celte n'!:ii.>n est très vaste, naais il ne faut X i la circvnscrire davantage. Les données du pro-

blèine ont changé y Une s'agit plus de retrouver remplacement de la hutte où vécurent en communauté les premiers Aryens; ceux-ci constituaient déjà un complexe de tribus nomades entre lesquelles il n'a jamais existé d*identité absolue de race» de langage et d'institutions.

Et si Ton nous demande ce qu*il y avait avant, nous répondrons qu'avant ce taillis humain il y en avait un autre, différant un peu de langues, d'institutions et de race, mais que jamais peut-être, si haut que l'on veuille remonter, on ne trouverait à toutes ces tribus une famille ancestrale unique, parlant une seule langue et vivant sous le régime de coutumes uniques. Nous retrouvons le conflit de la notion darwinienne des origines, et de la notion biblique, d'un monogénisme exclusif.

La région que nous venons de circonscrire renferme toutes les choses dont le nom se retrouve dans toutes les langues aryennes. Les philologues ont attaché une grande importance aux arguments de ce genre, et l'existence dans toutes ces langues d'un nom applicable d'abord au hêtre, qui vit seulement à l'ouest d'une ligne passant par Kœnigsberg et Odessa, les a convaincus de l'origine occidentale de la civilisation aryenne. Je n'insisterai pas sur ce point. Les aires botaniques et zoologiques sont tellement variables qu'il serait très difficile de dire où se trouvait il y a sept ou huit mille ans la limite extrême du hêtre ou de l'anguille. Je me bornerai donc à renvoyer aux travaux de Penka et de ses devanciers.

Civilisation primitive des Aryens. — La même méthode philologique a permis de faire des hypothèses d'une certaine vraisemblance sur l'état de . civilisation des peuples aryens avant leur différenciation. Il n'existe point de noms d'origine commune pour les métaux et le travail du métal. On peut en

conclure que la difFérenciatioa était déjà complète avant que ces peuples connussent les principaux métaux. L'agriculture était rudimentaire et le blé inconnu. L'orge cependant paraît avoir été cultivé. Les hommes de l'époque magdalénienne connaissaient d'ailleurs di\jà cette graminée» dont ils nous ont laissé des dessins. Les animaux domestiques étaient surtout le chien, le mouton et le bœuf, celui-ci élevé en grands troupeaux qui faisaient la seule richesse de ce temps. Ce genre de vie ne comportait pas l'existence de populations denses, mais seulement de tribus demi-sédentaires, que les circonstances pouvaient parfois porter très loin. Le sol, plus herbeux que celui de la Tartarie, de l'Arabie ou du pays des Cafres, n'exigeait pas de continuels déplacements et d'aussi vastes parcours que ceux des tribus mongoles, arabes ou zouloues, mais il ne retenait pas non plus, comme le fait une terre appropriée, les populations que des motifs sérieux poussaient à chercher des demeures nouvelles au delà des terres du voisin.

Max Muller et Pictet ont donné une description de la vie des anciens Aryas qui ne manque point d'exactitude, si on laisse de côté le roman des mythes et si l'on restreint le sujet aux Aryas proprement dits de VAirianem vaego et de la Médie, les ancêtres des Perses, des Mèdes et des Hindous. Ce rameau de la famille aryenne, venu par la Thrace ou par les steppes russes, la Crimée et le Caucase, avait longtemps vécu dans des conditions plus favorables à la vie pastorale. L'archéologie préhistorique nous montre dans l'Europe centrale une plus grande tendance à la vie agricole. La civilisation aryenne primitive n'était donc pas entièrement uniforme et comprenait tous les stades de passage entre le régime de la chasse et celui de l'agriculture sédentaire.

Race dominante chez les peuples aryens primitifs. — J'aborde

une matière d'un intérêt plus direct, et qui ne me parait pas avoir encore été traitée d'une manière satisfaisante. Il convient donc de serrer de plus près le sujet, et d'entrer dans plus de détails, car il n'existe pas de travaux auxquels je puisse renvoyer le lecteur.

Il convient d'abord de poser nettement la question. Quand on regardait les peuples aryens comme dérivés d'une seule famille, il était permis de se demander à quel type anthropologique appartenait celle-ci. Cette manière d'envisager les choses ne me parait plus permise maintenant que tout le monde est d'accord pour regarder les peuples aryens comme provenant de l'évolution de peuples antérieurs. L'unité de type, possible au sein d'une famille, ne l'est déjà plus dans une peuplade. Je ne crois pas que l'on puisse trouver dans le monde une peuplade entièrement homogène, et il parait en avoir été toujours ainsi, pour lointain que soit le passé dans lequel nous remontions avec l'anthropologie préhistorique.

Pour que la question puisse être résolue, telle qu'on la posait autrefois : quel est le type de t Aryen primitif? il faudrait que l'anthropologie préhistorique nous montrât une population homogène dans la région et à l'époque de la formation de la première civilisation aryenne. Il s'en faut qu'il en soit ainsi. La région étant celle au nord de la Seine, du massif alpin, des Balkans et de la partie occidentale de la Mer Noire, et l'époque celle du milieu et de la fin de la pierre polie, l'énumération des types humains parmi lesquels il faut choisir est fort longue. La question doit donc aujourd'hui se poser ainsi : parmi les races en présence chez les peuples aryens primitifs, quelle est celle dont la prépondérance sociale était telle que la civilisation pouvait être regardée comme la sienne?

Il s'agit donc d'exclure les races représentées seulement par l'élément servile, par les peuplades sauvages existant à l'état

d'inclusions au milieu des peuplades aryennes, par las étrangers, qui pouvaient être des esclaves venus de loin, des coqqui^rarUs de passage, des aventuriers de toute espèce. Dans tout peuple, en effet, et à plus forte raison chez les peuples analogues h ces premiers Aryens et aux Indo-Chinois d'aujourd'hui, la distinction est nécessaire entre l'élément qui compte et celui qui ne compte pas, celui qui a une influence et celui qui vit inclus dans la société sans y jouer un rdle actif.

Celte position moins simpliste du problème est plus conforme à la réalité, mais il faut bien dire que la solution n*en devient pas plus facile.

Cinq ou six mille ans avant notre ère, à l'époque la plus ancienne possible des commencements des peuples aryens, l'Europe centrale et la région britanno-scandinave nous montrent déjà un mélange confus de types. Je les étudierai plus loin en détail, et me contente ici de les énumérer*

1" //. Europœus. 11 existe partout, depuis les Iles Britanniques et le nord de la France jusqu'à Moscou et au lac Lado <i;a.

2° //. spelœus. La race dite de Cro-Magnon, qui parait venue du S. 0. de l'Europe, et qui commence dès cette époque à ne plus ôlro commune à l'état de pureté, ne se trouve que comme (^liMuont adventice dans la région qui nous occupe, mais les srpultures néolithiques fournissent des sujets qui s'y rattachont de plus ou moins près. On peut la mentionner seulement pour mémoire, mais il ne faut pas la passer sous silence.

T //. meridionaiis, La race méditerranéenne représentée par des sujets soit purs, soit mélangés avec les deux races précédentes, abonde dans les Long-Barrotvs de la Grande- Urolagne. Elle parait avoir joué un moindre rôle dans l'Europe centrale, mais on la trouve un peu partout.

i'* //. contractus. Celte race, que j'ai d'abord distinguée

dans les ossuaires cévenols de l'époque du cuivre, s'est retrouvée comme élément important dans plusieurs parties de la France. Elle paraît y être venue du N. E., et il est probable qu'une élude plus approfondie la fera reconnaître dans les séries néolithiques de l'Europe centrale.

5° Races pygmées. Les fouilles du Schweizersbild oot fourni des exemplaires d'un pygmée dolichocéphale leploprosope, très différent de H. contractus^ et dont l'existence comme race distincte peut ôtre admise.

0° H. hyperboreus. La race si caractérisée des Lapons a été retrouvée dans des dolmens et autres sépultures néolithiques en Danemark, en Suède, dans le nord de la Russie. Sa présence en Belgique semble établie par plusieurs pièces, notamment par un des crânes de Sclaigneaux.

7*^ Raco de Borreby. Une autre race brachycéphale, mais à visage large et haut, et de taille fort grande, a été trouvée en plusieurs endroits, et notamment en Danemark, dans les lies Britanniques, etc. Cette race n'apparaît que tout à la fin de répoque néolithique. Elle résulte probablement du croisement de B. Europxus avec une race brachycéphale do haute taille, analogue à //. Dinaricus. Quelques pièces de TEurope centrale peuvent appartenir à ce dernier. Ces grands brachycéphales ont été sans raison rapprochés des races mongoliques. Ils n'ont de commun avec elles que des caractères résultant de la présence de VAcrogonus parmi les ancêtres communs de ces races métisses.

8^ Race de Furfooz. Cette race, également métisse, a joué un rôle d'une certaine importance dans l'ouest de l'Europe centrale à la fin de Tépoque de la pierre polie. Elle a été rapprochée sans plus do raison des Finnois, qui paraissent constituer des races métisses de formation récente, car les différents types actuels n'apparaissent pas dans les sépultures avant le

L'ARYEN ;e. On n'en trouve point trace dans les tombes oéoet proiohistoriques de la Russie.

ilpinw. Je cite cette forme de métis d'Acrogoniis noire, car je ne suis pas sur qu'on puisse lui ratta- [ivers crftues néolithiques regardés jusqu'ici comme es.

rogonus. Je cite également pour mémoire ce type istence ancienne nous est surtout prouvée par celle nécessairement formés sur place, car ils tiennent e di3 leurs caractères des races locales de chaque réuis la Galice jusqu'au Tibet.

Tois pas qu'il faille comprendre dans l'énumératioD eus, le type chinois, qui, originaire do la Kaschgarie, oir constamment marché vers l'est, ni son métis igonus, le Mongol proprement dit, si malheureuse- , tisé par Bory //. Scythtcus '.

une n'a jamais souteau d'une manière sérieuse l'origioe asialolichoci^phnlcs bruns, dont les affinités avec les populations cienocs de l'Occidenl sont incontestables. Il en est de même □lichocéphales blonds, que ccrlains écrivains ont seulemeot dans la partie mtiridionale de la Russie, sans les rattacher généalogique aux races jaunes. Il en est autrement pour les aies, que l'on a longtemps regardés comme apparentés direc- :c H. Scylhieui, le ïarlare brachycéphale de l'Asie centrale. ) est il la fois connexe avec la théorie de l'origine asiatique , assimilés par certains auteurs aux brachycéphales, et avec ■uner-Bey, qui rattachait aux races jaunes toutes les populativea de l'Europe, même dolichocéphales. Celte dernière thèse cte qu'eu partie. H. pn'scus était certainement 1res proche l'Esquimau, et celui-ci a plusieurs caractères communs avec en particulier ceux de la peau, qui dans l'anthropologie rudi- 'autrefois prenaient le pas sur les autres. Ce qui est tout â c'est d'établir un lien de filiation entre les brachycéphales t ceux d'Asie, itères mongoloïdes qui se trouvent quelquefois chez des ceci-

De toutes ces races une seule se trouve partout dans les sépultures néolithiques, c'est le dolichocéphale blond, /f. Europœus. Dans certaines régions on le trouve seul, avec des formes variables, mais souvent identiques à celles actuellement vivantes dans le même pays. Dans d'autres il est représenté par des exemplaires de race pratiquement pure et par des métis divers bien reconnaissables. Dans la plupart des pays on le trouve associé à des races différentes, représentées par une proportion d'exemplaires qui peut aller jusqu'à la moitié

dentaux s'expliquent suffisamment par des mélanges accidentels avec des individus isolés de type mongol ou chinois, amenés par des circonstances diverses, ou par les incursions du Moyen-Age. Ces caractères sont d'une incroyable ténacité, et Tatavisme peut les faire reparaître à de longues générations d'intervalle. Souvent aussi ces caractères sont dus à la variation individuelle, dont Tamplitudc est plus grande qu'on ne pense.

Nos ultra-brachycéphales de la région des Cévennes, et ceux des Alpes orientales, dépassent de beaucoup le degré de brachjcéphalie des Mongols les plus accusés. Cette brachycéphalic ' est d'ailleurs le seul caractère qu'ils aient en commun avec eux^ et encore l'analogie de l'indice céphalique n'est-elle pas accompagnée de cellç des formes générales du crâne.

Tappeiner qui connoit mieux que personne les ultra-brachycéphales des Alpes orientales, a fait de la question une étude particulière. Les conclusions de son travail {Der europdische Mensch und die Tiroler, Meran, Pôlzelbcrger^ i896) sont catégoriques. « Ich liabe bei dcn anthropologischen Untersuchung der 3iOO Icbenden hochbrachycephalen Tiroler keinem einzigen Mann gefunden, welchcr die charakteristichen Merkmale der mongoiiscben Rasseansich gehabthat(p. 42). So wird auch der weitero Schluss nicht bczwcifelt werden kOnnen, dass aile europâischen brachjcephalen Schâdel wesentlich verschieden von den moDgolischen Schadeln sind, dass also die europaischen Brachycephalen keine Nachkommen der Mongolen sein kônnen, und dass daher eine pràhistorischen Einwanderung von MongoUn aus Asien ein anthropologischer Irrthum Ut (p. 48). Die Vergleichung meiner 3400 lebenden Tiroler mit den mongolischen Rassenbildern Hanke's bat augenscheinlich erwiesen^ dass die Tiroler keine Aehnlichkeit in kûrperlichen Eigenschaften mit den mongolischen Vôlkern haben. Und da die Tiroler mit den anderen kurzkôpfigen Euro-

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de Tensemble. Parmi ces éléments, les brachycéphales deviennent de plus en plus nombreux vers la fin de la pierre polie et représentent des types fort divers dont la plupart ne correspondent à aucune race fixée aujourd'hui existante.

Les données que nous fournissent les sépultures de la pierre polie ne représentent probablement pas d'une manière exacte la proportion des races. L'étude attentive des sépultures permet de conclure que les crânes et les autres ossements appartiennent presque tous à des chefs ou à des familles au-

paern in soinatischer Beziehung ûbereiDstîramcn^ so gilt diescr Satz auch fur aile kurzkôpfigen Earopàer. Aber am klarsten beweist meine vergleichende craniologische Uebersichtstabelle der brachycephalcn Tiroler Schadel uad der Mongolenschâdel^ dass die Mongolenschâdcl m allen craniologisckcn Merkmalen streng ver&chieden ôind von den Tiroler Schddeln uQd da dièse mil den brachycephalea curopiiischen Schadeln fast ganz ùbcreinslimmen, kann von einer moagoUscken Einwanderung in Europa keine R^de melir sein (p. 53). »

Au témoignage de Tappeiner, fondé sur l*étude de 3600 vivants et 927 crânes, dont 384 au-dessus de 85. je puis ajouter le mien, qui repose sur l'élude d'un nombre à peu près égal de Cévenols. Je n'ai non plus jamais rencontré un seul mongoloïde. On peut d'ailleurs consulter les chiffres de deux de mes mémoires sur la région cévenole qui ont déjà paru : Matériaux pour l'Anthropologie de l'Aveyron et Recherches sur 427 itUra-brachycéphales de 95 à 100 et plus.

Je ne trouve pas davantage de types mongoliques parmi les brachjcépliales anciens que j'ai pu voir dans divers musées.

La question a du reste pris récemment une tournure nouvelle. Les recherches anthropologiques en Russie, dans le Caucase et la Sibérie occidentale, Turkestan compris, n'ont pas encore fourni un seul crâne mongolique antérieur aux Huns, aux Turcs et aux Tartares. L'arrivée des brachycéphales jaunes dans l'Asie centrale ne paraît pas antérieure à notre ère. J'ajoute que les migrations par le N. de la Caspienne n'étaient pas précisément faciles jusqu'à une époque assez rapprochée des temps historiques. Nos brachycéphales sont au contraire pour partie apparentés de très près à ceux de l'Asie Mineure, de l'Arménie et des régions voisines, jusque dans le N. de la Perse et au Pamir. Ces derniers, étudiés par Ujfalvy, ne sont d'ailleurs, d'après leurs propres traditions, que des

dessus du commun ci se rattachant d'une manière à peu près uniforme à B, Europœxis, sauf les accidents de métissage résultant du croisement avec des races différentes occupant une situation sociale inférieure. Il est très rare en effet que ces sépultures nous donnent des individus bien typiques de races autres que la dolichocéphale blonde. Les sujets qui ne se railachent pas à cette race sont ou paraissent être d'ordinaire des femmes empruntées aux classes inférieures ou aux races sauvages vivant juxtaposées à la civilisation aryenne^ des

colons ameDés par les Macédoniens en Bacirianc. Ce sont ces Galtchas, dans lesquels Topinard voyait des Savoyards atlardés dans leur migration vers l'Ouest î

Ne l'aul-il pas profiter de l'occasion pour en finir avec une autre légende, connexe avec la première? On s'imagine couramment que la race jaune est brachycéphale. C'est une erreur profonde, que j'ai relevée plusieurs fois, et aussi mon ami Uji'alvj, mais qui parait tenace. Le véritable U. Asiaticus, jaune, aux jeux et aux cheveux noirs, de petite ou mojenne taille, à la paupière oblique, est toujours dolichocéphale. C'est son métis avec un ^Irro^onus indéterminé qui est brachycéphale. En fait, sur sept cents millions de jaunes, il n'y a pas un quart de brachycépliales. Les peuples jaunes dont l'indice atteint le niveau moyen des peuples brachycépbales d'Europe sont peu nombreux,et ceux à indices supérieurs à S% très rares. Ce sont tous de petites tribus (Mandchoux 84, Usbeks 84, Kirghiz 85, Kalmouks 86). Leur nombre total ne fait pas trois millions d'individus. Les jaunes de Sibérie sont en général au-dessous de 80 ou un peu au-dessus. Les Ladakis du Pamir mesurés par Ujfalvy lui ont donné une moyenne de 77 pour 36 individus. Risley a trouvé sur 388 montagnards du Darjeeling une moyenne de 80.7. Les Thibjtains sont au-dessojs de ce chiffre. Hagen a trouvé sur de nombreuses séries de Malais des moyennes comprises entre 80 et 86.9, mais les Malais sont déjà pour partie une autre race. Sur i 5.582 Chinois, il a trouvé un indice de 81.7, inférieur à ceux de la France, de T Allemagne, de l'Antriche, de la Russie, de l'Italie, de la péninsule des Balkans, qui flottent entre 82 et 86.

Il y a donc en Chine et chez tous les peuples jaunes beaucoup moins de brachycéphales que chez nous, et comme chez nous ces brachycéplia- ]es représentent un élément intrus !

métis rësuhant de ces croisements imprudents, et quelquefois de simples esclaves égorgés pour accompagner leurs maîtres dans l'autre monde. Les représentants» probablement plus nombreux qu'on ne pense, de ces esclaves de race étrangère et de ces sauvages vivant en marge de la civilisation relative des Aryens, paraissent n'avoir pas pratiqué de modes de sépulture susceptibles de transmettre leurs ossements jusqu'à nous.

Je citerai comme exemple typique H. contractus, dont les seuls exemplaires rigoureusement purs sont tous féminins.

Nous arrivons à cette conclusion que la classe dominaute chez les Aryens primitifs était dolicho-blonde. Que cette prédorpinance ait été à la fois sociale et numérique, ou sociale seulement, cela importe peu. Chez un peuple la civilisation et la langue sont regardées comme propres aux maîtres, bien que partagées par les esclaves, les serfs et les étrangers. La question se trouve ainsi résolue par l'identification, dans le sens et dans la mesure indiqués plus haut, de B, Europxus et de l'Aryen.

Cette thèse diffère à la fois de celle de Penka, qui regarde le dolichocéphale blond comme ayant seul constitué les peuples aryens, et de celle de Mortillet ou de Topinard, (|ui font des brachycéphales les seuls et véritables Aryens do race, de culture et de langue.

Je regarde la thèse de Penka comme fautive en ce sens qu'elle suppose une absence peu vraisemblable de rapports sociaux entre les dolicho-blonds de l'époque protaryenne et les brachycéphales qui vivaient avec eux. Penka et Wilser cherchent en vain à se soustraire à cette objection eu plaçant dans la Suède méridionale leur berceau des Aryens. Cette localisation ne parait exacte que pour les Germains primitifs. La contrée aurait été trop étroite pour les divers peuples aryens,

qui ont été différenciés dès l'origine à un degré qui suppose un certain éloignement géographique. D'autre part on a trouvé en Scanie même des bracbycépbales dans les sépultures néôv litbiques. Enfin il est bien certain que, dès une période reculée de l'époque néolithique» B. Europœus avait déjà une aare d'extension très vaste autour de la Mer du Nord et de la Baltique méridionale.

L'hypothèse braehycéphale. — La thèse de Mortillet et dé Topinard est encore moins soutenablo. Elle est une des formes du mirage oriental. Les bracbycépbales, dans la conception de ces deux auteurs, seraient venus d'Asie, apportant la hache polie, amenant les animaux domestiques. Ils auraient introduit le blé, les plantes et les arbres utiles. Or dans les Kiôl£«kenmôdding portugais, dans les grottes de la région des Cor^ bières, ailleurs encore, le brachycéphale parait antérieur à Tépoque néolithique. Il n'est donc pas venu avec la pierre polie. En sens inverse, les dépôts asylicns des Pyrénées nous montrent le blé cultivé dès le cinquième interglaciaire, bien avant l'époque de la pierre polie. Ces mêmes dépôts nous fournissent des fruits du noyer, du prunier, du cerisier et d'autres arbres d'origine réputée asiatique, déjà modifiés par la culture. Les animaux domestiques de l'époque néolithique appartiennent en majorité à des races africaines, le bcBuf notamment. La hache polie n'est pas davantage d'importation asiatique. Elle est rare en Asie, où elle a été introduite tardivement. Son origine est africaine. L'évolution se suit dans les dépôts paléolithiques africains depuis la forme acheuléenue jusqu'à la forme la plus parfaite de l'époque néolithique. Ces diverses importations ont été faites plutôt par les méditerranéens.

Enfin, partout où nous trouvons le brachycéphale dans lès stations néolithiques, il y parait comme élément accessoire.

eut plu^ douter par exemple que les cr&nes brachydes palaffîtes de Suisse proviennent de trophées de 'allais dire de chasse, car les sëpulttires de la populapalafGtes, comme on le verra plus loin, prouvent été constamment dolichocéphale, ie, d'autre part, nous ne trouvons aucune trace, soit lioeure soit dans la Bactriane, d'une ancienne civili- Bchvcéphale aryenne. Il y avait bien une civilisation, I aryenne, it y avait bien des brachycéphales, mais ns.

irtisans de l'identiScation des Aryens avec les brades néolithiques sont cependant encore assez nom- Litre Morlillet, Topinard, il faut citer Sergi, Ripley, in camp différent Taylor. Enfin la campagne antisétrumont comporte une revendication du titre d'Aryens brachycéphales. La noble bète de proie blonde de ) n'est pas beaucoup plus sympathique aux antiséi le Juif lui-même. M. Drumont n'aime pas les Angloet peut-être n'a-t-il pas absolument tori, car peu au brachycéphale le proHl nasal do son maitre. Je -ai que les esprits frivoles en disant que de nos jours est le seul tenantde l'idée profonde de la Révolution. . été avant tout la substitution du brachycéphale au lond dans la possession du pouvoir, et la campagne .6 a pour but la défense du brachycéphale contre le edans, contre le dolicho-blond au dehors. En raison irtance du mouvement antisémite, et de la noioriûté im des Aryens a acquise dans le public par sa propa- I n'était pas inutile d'indiquer dans quel sens il doit indu quand il apparaît dans une poIémi'|ue de quo-

Jonc, quand dans un livre il est question de civilisa*

lion aryenne, de langues aryennes, de religions aryennes, on s'entend à peu près; il n'y a d'inexactitude que dans le fait de prendre la partie pour le tout, procédé onomastique facile et courant, mais sujet à critique. S'il s'agit d*hommes au contraire, l'image évoquée par le nom d'Aryen doit différer avec l'auteur. Si vous lisez Mortillet, Topinard ou Drumont, l'Aryen devra vous apparaître avec les traits du marchand de marrons du coin; il est Piémontais, Auvergnat, Savoyard, un brachycéphale avéré. Si l'auteur est Ammon, Penka, le pur Aryen, c'est John Bull débarquant sa valise à la main. Pour Virchow et pour moi, le globe trotter et le marchand de marrons sont tous deux Aryens, mais le plus Aryen, c'est le irotter, l'autre est Aryen comme un domestique est de la maison.

De tout ce qui précède il faut conclure à la nécessité de faire disparaître de la terminologie anthropologique tous les termes qui ne sont point linnéens, conformes aux règles zoologiques de nomenclature. Chaque fois qu'il s'agit d'une race zoologique, le nom en -us s'impose, rituellement donné d'après les canons du baptême taxinomique. Chaque fois qu'il s'agit d'un peuple, d'une race ethnographique, s'abstenir du nom en 'US, car il n'y a point de peuple dont le métal vil ou précieux soit sans alliage, le nom qui s'impose doit être emprunté à l'histoire. C'est pourquoi le terme d'Aryen peut être à sa place dans un ouvrage d'ethnographie, mais ne peut être employé que par licence, et pour être compris des lecteurs, dans un ouvrage d'anthropologie pure ou appliquée. Je l'emploierai donc seulement dans les titres, pour que le lecteur non initié ne soit pas dépaysé; dans le texte si j'en fais parfois usage ce sera avec le sens ethnographique, qui est légitime, rarement avec le sens illégitime et pour éviter la répétition multiple et rapprochée du très inharmonieux vocable Homo Européens.

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