LES MINISTRES OU CULTE
on le voit, qu*une dignité temporaire, Canéphores et arrhéphores étaient choisies pour des cérémonies spéciales; leur rôle, qui consistait probablement, comme dans les autres cultes, à porter dans les processions les corbeilles sacrées, cessait dès que la cérémonie était achevée (1).
IV, — Personnages divers mêUs au culte ou à l'administration
du temple.
Indépendamment du personnel purement religieux que nous venons de passer en revue, les inscriptions révèlent l'existence de diflférents fonctionnaires dont le caractère est quelquefois très mal déterminé, mais qui prenaient, semble-t-il, une large part aux cérémonies de TAscIépieion et tenaient une place considérable dans le culte ou dans l'administration du sanctuaire.
En premier lieu, il faut nommer Tarchonte-roi, son gajèdre et les quatre épimélètes des mystères d'Eleusis, sous la présidence desquels s'accomplissaient, probablement les Epidauria, cette fête d'Asclépios si éltfSîISmeïïï unie aux fêtes de Déméter, et qui se célébrait le quatrième ou le cinquième jour des Eleusinies (2). Quel était leur rôle dans cette cérémonie? Nous n'en savons rien, mais il paraît évident que , chefs civils des mystères , ils étendaient aussi leur surveillance sui* les Epidauria , un des actes de ce grand drame religieux dont la direction leur était confiée par l'Etat,
Citons encore les Uçk>tzoioL C'étaient, à ce qu'il semble, des commissaires chargés d'offrir, au nom de la cité, certains sacrifices , de veiller à l'accomplissement de certaines formalités officielles; de contrôler peut-être, dans une certaine mesure, les actes du prêtrov Leurs fonctions paraissent avoir été surtout administratives ; tout ce qui concernait les biens et l'argent des dieux était de leur compétence. Il y avait des teponotoi attachés à chacun des sanctuaires d'Athènes (3), Leur rôle, dans le culte d'Asclépios , nous 0st in-
(t) Â propos des arrhéphores, il faut remarquer que cette forme n'est pas celle qui est généralement employée pour désigner la dignité semblable dans le culte d'Athéna : on dit errhéphore. Voir A. Mommsen , Heortologie, p. 448, note.
(2) Voir plus loin, Chapitre III.
(3) 8ur les UpoicotoC, voir le scoliaste de Démosthène. Contre Miditu, 114; Eiymologieum magnum, au mot IcponotoC; Bœckh, StaatshamhaUung der Athener, livre II, 6, p. 231 et suiv. ; A. Mommsen» Heortolagiet p. 242. — Voir surtout Fottcart, BuU. de eorr. hellén.p IV, p. 233 et suiv.
32 L*A8CLÉPIBI0N D*ATHÈNES.
diqué par deux fragments des comptes de Torateur Lycurgue (I) : nou3 voyons que c'était de leurs mains que le trésor recevait le produit de la vente des peaux des victimes sacrifiées lors de la fôte des Asclépieia.
Des fonctionnaires plus intéressants et que nous connaissons mieux, bien que leur participation à Tadministration de TAsclépîeion soit encore pour nous bien obscure, sont ces citoyens nommés par le peuple pour dresser les catalogues d'ex-voto, consacrer au dieu une offrande publique, etc. C'était un procédé ordinaire du gouvernement athénien de confier certaines affaires à un petit nombre de personnes formant des commissions et devant rendre compte soit au Conseil soit au peuple, leur travail achevé, de la manière dont elles avaient rempli leur mandat. De pareilles commissions étaient élues lorsqu'il fallait, par exemple, élever sur l'agora une statue à quelque personnage auquel le Conseil et le peuple désiraient donner un témoignage public de reconnaissance (2), lorsqu'il s'agissait d'aller annoncer à quelque ville amie les honneurs qu'Athènes avait décernés à l'un de ses citoyens (3). Pour régler certaines questions religieuses, de semblables comités étaient fi*cquemment nommés : ceux auxquels se rapportent quelques-unes des inscriptions trouvées parmi les ruines de l'Asclépieion peuvent servir d'exemple (4). Mutilées et incomplètes, ces inscriptions, par malheur, ne nous fournissent que des renseignements insuffisants sur les causes qui ont amené la formation des comités qu'elles mentionnent. Mais en les comparant à d'autres, mieux conservées (5), on peut savoir à peu près quel était le caractère de ces comités, comment ils fonctionnaient, de combien de personnes et de quelles personnes ils se composaient.
Comme on l'a vu (6), le prêtre en était, sinon le président, au moins un des principaux membres : il est nommé le premier parmi les personnages auxquels doivent s'adjoindre les délégués
(i) C. I. a., 157 ; Rangabé. Antiquités heUéniquet, 842.