‹ L'Asclépieion d'Athènes d'après de récentes découvertes: d' après deChapitre 3 sur 40 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

avant J.-C. ; il n'en est guère non plus qui soit plus récent que le second siècle de notre ère. Je n'ai -pas dépassé ces deux dates extrêmes. Durant cet intervalle de six siècles, quelques modifications extérieures furent sans doute introduites dans le culte du dieu guérisseur; le temple fut agrandi ; Timportance des ministres subalternes s^accrut ; le cérémonial des fêtes varia; la dévotion populaire dont le dieu était Tobjet prit un caractère plus exalté : ce sont là des changements qu'il nous est difficile de saisir, mais dont quelques-uns au moins nous sont révélés par les monuments ou par les textes. On peut supposer cependant, sans trop de témérité, que, dans sa forme essentielle, le culte resta le même. Les grands changements sont rares dans la religion athénienne. On voit les Athéniens sans cesse préoccupés de se conformer aux anciens usages qu'ils ont reçus de leurs ancêtres et faire des lois pour remettre en vigueur ces antiques coutumes, quand, par l'etfet du temps, elles sont tombées en désuétude. Les expressions ?raTpiov ^v , xori 'A icaTpcK reviennent à chaque instant dans les inscriptions relatives aux sacrifices offerts par les prêtres au nom du peuple. Un décret du commencement du premier siècle de notre ère autorise le prêtre d'Asclépios à rendre au sanctuaire sa disposition primitive (1). Plus tard, au temps de Marc-Aurèle, une loi réorganise conformément aux anciens rites les fêtes d'Eleusis (2). De semblables faits étaient fréquents. La religion d'Athènes, composée presque uniquement de pratiques extérieures, demeure immobile, parce que le respect pubMc s'attache à conserver ces pratiques intactes. Quand une religion est fondée sur des dogmes , elle se transforme et marche avec le temps ; lorsqu'elle se réduit à un culte, elle ne change guère d'aspect , parce que changer ce serait périr.

Il serait à désirer que la Société archéologique fît pour les principaux sanctuaires de l'ancienne Grèce ce qu'elle a fait pour le sanctuaire d'Asclépios : il sortirait de ces recherches des renseignements d'une inappréciable valeur sur les cultes

(1) C. /. À., n. 1, Addenda et cortigenda, 489*. (2)C. f. i4.,III, 1,0.

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et les croyances antiques. La terre classique des Hellènes nous cache encore bien des secrets ; chaque jour en donne la preuve. On sait tout ce qu'ont produit dans ces dernières années les fouilles de Dodone » de Mycènes , de Délos , d'Olympie; grâce à de récents efforts, Delphes , exploré déjà, nous sera bientôt tout à fait rendu; un jour aussi, nous l'espérons , on verra ce qu'Eleusis et Athènes même renferment encore de monuments inconnus : ce sera le devoir de Tarchéologie d'enregistrer ces découvertes et de faire profiter l'histoire des précieuses nouveautés qu'elles apporteront à la lumière.

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