‹ L'asepsie et l'antispesie à l'hôpital BichatChapitre 48 sur 55 · Voir Baudouin (Marcel). — Loc. çit · texte numérisé non relu

Voir Baudouin (Marcel). — Loc. çit

(Quénu) 2 opér. 2 morts ra-

pides par choc.

Néphropexie (rein mobile) 1 opér. i guérison.

Cystotomie sus-pubienne (cystite) 1 opér. 1 en voie de

guérison.

Cystotomie sus-pubienne. Grattage. Ablation

d’un épithélioma vésical 2 opér. 1 guérison

opératoire. Mort ultérieure de néphrite 40 jours après l’opération, la plaie sus-pubienne guérie; — 1 mortaprèslü jours de bronchopneumonie (Quénu).

Corps étrangers de l’urèthre (extraction) ... . \ opér. 1 guérison.

Uréthrotomies internes 4 — 3 —

1 mort après 8 jours chez un tuberculeux d'anurie par tuberculose probable du rein.

Uréthrotomies externes 3 opér. 3 guérisons.

10° Opérations faites sur le membre supérieur (32 opérations).

Amputations de doigts 0 opér. 9 guérisons.

Désarticulation du doigt 1 — 1

Désarticulation du poignet 1 — 1

Résections de l’épaule 2 — 2 —

Résections du coude 3 — 3 —

Résection du poignet 1 — 1 —

Résection de la clavicule (extrémité externe). 1 — 1

Arthrotomie du coude 1 opér. 1 mort tar-

dive de cachexie tuberculeuse.

Arthrotomie du poignet 1 opér. 1 guérison.

Kystes synoviaux (ablation) 3 — 3 —

Lipome de l’épaule (ablation) 1 — 1 —

Verrue de la main (ablation) 1 — 1 —

Grattages pour abcès froids 3 — 3 —

Grattages pour tuberculose osseuse 2 — i —

1 amélioration.

Anévrysme artério-veineux de la radiale (extirpation) 1 — 1 —

Plaie de l’artère cubitale (ligature) 1 — 1 —

11° Opérations faites sur le membre inférieur (52 opérations).

Amputation de la cuisse 4 opér. 3 guérisons;

1 mort par pneumonie septique au 2e jour.

Amputation de la jambe 2 opér. 1 g., 1 mort

rapide d’anémie (blessé exangue).

Amputation des orleils 2 opér. 2 guérisons.

Désarticulation du genou (M . Ghaput) 1 opér. Imortle30j.

par septicémie.

Désarticulation des orleils 1 opér. 1 guérison.

Arthrotomies du genou (hydarthrose blennorrhagique ; tuberculoses articulaires) ... 3 — 3 —

Hygromas du genou (ablation) ii — ü —

Grattage du fémur (tuberculose) 2 — 2 —

— de l’extrémité supérieure du tibia. . 1 — 1 —

Grattage du calcanéum (séquestre) 3 opér. 1 guérison;

1 amélioration ; 1 résultat nul.

Grattage de métatarsiens (carie) 1 opér. 1 guérison.

Ablation de ganglions inguinaux (adénite) . . 2 — 2 —

Abcès par congestion (incision) 1 — 1

Epithélioma de la jambe (ablation) 1 — 1 —

Amputation tibio-tarsienne (procédé Guyon). 1 opér. i mort au 22e jour d’épuisement. Escliarres des lambeaux et du sacrum.

Ligature de la veine fémorale (plaie) 1 opér. 1 guérison.

Ligature de l’iliaque externe •.. 1 — f

Ligature de l’artère crurale (plaie) 1 — 1 —

Ligature de la tibiale antérieure 1 — 1 —

Kyste hydatique de la cuisse (ablation) 1 — 1 —

Extirpation de l’astragale (pieds bots) 2 — 2 —

Ténotomie du tendon d’Achille 3 — 3 —

Ongles incarnés (procédé de Quénu) 0 — (5 —

Résection du genou (tumeur blanche) 2 — Ivoiedegué-

rison ; 1 a suppuré et a dù être suivie d’amputation de la cuisse qui guérit.

Résection traumatique du genou 1 opér. 1 guérison.

Résection cunéiforme pour déviation du gros

orteil I — 1 —

Résection du tibia (fract. compliquée) 1 — 1

Résection du fémur (fract. compliquée),... 1 — 1 —

Les 441 opérations faites ont donc donné 37 morts, soit en blocs 8.39 pour 100. Nous allons passer en revue ces divers insuccès et leurs causes probables.

Les 30 opérations pratiquées sur la face et la tête nous ont donné un insuccès. 11 s’agit d'une opération de trépanation du crâne faite par mon ami le Dr Quénu, pour épilepsie essentielle ; la femme mourut le jour de l’opération ayant des attaques épileptiformes. Il y avait eu une notable perte de sang pendant l’intervention .

Sur les 56 opérations pratiquées sur l'abdomen et l’intestin, nous comptons 9 insuccès.

Dans un cas, une hernie inguinale dut être traitée par l’anus contre nature. L’opéré mourut au 8° jour de pneumonie avec ictère : il s’agissait probablement d'une pneumonie septique.

Un autre opéré de hernie inguinale étranglée a succombé au 12e jour à des accidents urémiques dûs à une néphrite interstitielle. A cette date, la plaie était guérie et le cours des matières rétabli.

Un opéré de hernie crurale étranglée est mort au 7e jour de pleuro-pneumonie ; sa plaie était aussi guérie et le cours des matières parfaitement rétabli (Quénu).,

Deux hernies ombilicales étranglées ont succombé, l'une très rapidement, de collapsus, 14 heures après l'intervention in extremis faite par mon ancien interne et ami. M. Routier: l’autre, opéré par moi, mourut de péritonite au 6° jour.

Dans trois des laparotomies exploratrices qui se sont terminées par la mort, celle-ci a eu pour cause deux fois l’épuisement des malades atteints de cancers intrapéritonéaux inopérables, mais dans les deux cas il n’y eut pas trace de péritonite. Le 3e cas était un étranglement interne dû à une péritonite chronique avec cancer ; les accidents continuèrent et emportèrent rapidement la malade opérée in extremis.

Enfin, un abcès du foie fort anciennement développé et ayant profondément altéré l’état, général fut ouvert à travers

la plèvre et le péritoine ; l'opéré mourut au 5e jour, épuisé par une diarrhée persistante, antérieure à l’opération.

Une extirpation d’épithélioma rectal, adhérent aux parois du bassin, a entraîné une mort rapide par collapsus avec hypothermie. Mon ami, M. Quénu, avait essayé d’opérer le malade par le procédé de Kraske, mais il dut se borner à enlever la tumeur et à faire un anus sacré.

Les 129 opérations pratiquées sur les organes génitaux de la femme nous ont donné 19 insuccès, c’est-à-dire presque la moitié de notre mortalité totale ; c’est que ces opérations sont souvent graves, puisque nous y comptons 67 laparotomies pour kystes, tumeurs des ovaires et des trompes, salpingites et tumeurs utérines.

L'ablation des tumeurs de l'ovaire a donné deux morts. Dans un cas, il s’agissait d’un kyste avec pédicule tordu; l’opérée mourut de péritonite septique au 2e jour. Dans l’autre cas, on avait affaire à des tumeurs végétantes des deux ovaires; l'opérée succomba au choc opératoire; dans le but de la remonter un peu; on lui fit même la transfusion (Quénu).

Trois hémo-salpingites avec hématocèle ont succombé : l’une de choc, l’autre de péritonite septique, la 3e de péritonite purulente.

Deux pyo-salpingites ont été suivies d'insuccès : dans un cas, il se fit au 5e jour une perforation du rectum qui entraina une péritonite généralisée. Dans l’autre cas, la mort survint par péritonite septique au 2e jour (Quénu).

Les hystérectomies abdominales, avec pédicule extérieur, ont fourni 2 décès : 1 par hémorrhagie intrapéritonéale au 3e jour (Quénu), le second par occlusion intestinale par coudure de l’intestin au 5e jour (Quénu).

La mortalité des hystérectomies abdominales, avec pédicule rentré, est plus grande : 3 décès, 1 par urémie, il n’y avait pas de péritonite, les deux reins étaient atrophiés; 2 par péritonite septique, née des sutures faites sur l’ntérus.

Enfin, dans une hystérectomie abdominale pour un énorme

fibrome enclavé, la mort survint par hémorrhagie pendant l’opération.

Une seule hystérectomie vaginale, pour cancer utérin, a succombé au 9° jour d’accidents urémiques. L’autopsie permit de s’assurer de l’atrophie de la substance rénale ; il n’v avait pas traces de péritonite.

Dans un cas de cancer utérin fort avancé, le curettage de la cavité utérine fut suivi de mort au 12e jour. La malade mourut d’épuisement, sans accidents péritonitiques ni pulmonaires.

Enfin, une femme âgée (09 ans), à laquelle nous avions fait, en même temps qu’une hystéropexie, deux cures radicales de hernies inguinales, a succombé probablement au choc, en tous cas sans présenter d’accidents pulmonaires, ni péritonitiques. Le fait a été constaté à l’autopsie.

Les 32 opérations faites sur les organes génitaux de l’homme ne nous ont donné qu’un insuccès. Un tuberculeux, chez qui nous avons enlevé le testicule suppurant, est mort de méningite tuberculeuse 25 jours après l'opération. Il lui restait un petit trajet fistuleux insignifiant au moment où les accidents cérébraux ont éclaté.

Les 14 interventions pratiquées sur les voies urinaires ont fourni 4 insuccès.

Deux néphrectomies succombèrent dans les 24 heures au choc : dans le premier cas, il s’agissait d'une femme atteinte de pyélite suppurée et de périnéphrite : dans le second cas, c’était un enfant de 5 ans opéré par M. Quénu et porteur d’un énorme sarcome du rein ; malgré la rapidité opératoire et le peu de sang perdu, la mort survint dans la journée. Enfin, un tuberculeux très avancé, opéré d’uréthrotomie interne pour rétrécissement très serré, mourut d’anurie au 8e jour, par tuberculose rénale.

Les opérations faites sur le membre supérieur au nombre de 32 ont donné un insuccès, relatif d’ailleurs. En effet, un tuberculeux, auquel on fit l’athrotomie du coude et le grattage des parties malades, mourut, plusieurs mois après, de tuberculose généralisée.

Enfin, nous comptons 4 décès sur les 52 opérations faites aux membres inférieurs :

Un amputé de cuisse mourut de pneumonie septique au 2e jour; c’était à la suite d’un traumatisme. Un amputé de jambe, apporté exsangue, mourut de choc et d’anémie traumatique aiguë en quelques heures.

Une désarticulation du genou, faite par M.Chaput, pour traumatisme, succomba à des accidents septiques au 3e jour. Une amputation tibio-tarsienne pratiquée par leD1' Hartmann d’après le procédé du Pr Cfuyon et pour des altérations anciennes et tuberculeuses des os du pied chez une vieille femme, se termina par la mort au 22e jour. Il s’était fait des eschares du sacrum et une mortification du lambeau. La femme mourut épuisée.

Nous allons maintenant nous efforcer de classer un peu ces diverses causes d'insuccès et nous pensons pouvoir en tirer quelques conclusions pratiques.

Les morts rapides dues au traumatisme, au choc comme on dit, sont au nombre de sept :

Une trépanation, une hernie ombilicale étranglée, une extirpation du rectum, une ablation de tumeurs ovariennes, une hémo-salpingite et deux néphrectomies. Dans tous ces cas, l’acte opératoire a certainement déterminé la mort à bref délai par un mécanisme qui souvent nous échappe et que cliniquement on dit choc traumatique.

Trois fois l’issue funeste a été due à la perte de sang subie par l’opéré, soit du fait même de l’opération, comme dans les deux hystérectomies abdominales, soit par suite de la blessure antérieure. Tel est le cas d’un amputé de jambe.

Trois opérés ont succombé à une sorte d’épuisement déterminé par l’affection pour laquelle on est intervenu et par suite du choc résultat de l’intervention : ce sont les trois opérés de la parotomie pour tumeurs malignes.

On peut rapprocher de cette cause de mort l’état d’affaissement dans lequel est tombée la malade opérée d’hystéropexie et de cure radicale des hernies.

La tuberculose a emporté deux opérés, l’un de castration

pour sarcocèle tuberculeux, l'autre d’arthrotomie du coude. Dans les deux cas, l’issue fatale a été assez tardive et d’ailleurs peu en rapport avec l’intervention, quoi qu’on en ait dit, surtout à propos de la castration des tuberculeux.

Des accidents pulmonaires ou pleuro-pulmonaires ont déterminé la mort de trois opérés : une hernie inguinale étranglée, une hernie crurale étranglée et une amputation de cuisse.

Des phénomènes du côté de la sécrétion rénale, c’est-à-dire des accidents urémiques, sont survenus dans 4 cas : au 12(! jour, d’une hernie inguinale étranglée opérée et guérie; dans une hystérectomie abdominale; dans une hystérectomie vaginale et lors d’uréthrotomie interne, par tuberculose rénale probable.

Des accidents d’étranglement interne ont été la cause de mort dans un cas de laparotomie pour péritonite chronique, et dans une hystérectomie abdominale qui paraissait en voie de guérison.

Nous arrivons aux accidents dûs à la septicémie sous ses diverses formes. Dans 2 cas, la septicémie chronique antérieure à l’opération a persisté et a entraîné la mort : abcès du foie avec diarrhée incoercible : cancer utérin fort avancé et cureté. Une fois la septicémie chronique, suite d’amputation de jambe pour carie osseuse, paraît s’être développée après l’opération, la malade étant déjà cachectique avant l’intervention.

La péritonite septique ou purulente a entraîné la perte de 8 opérées. Une hernie ombilicale étranglée, un kyste ovarique avec pédicule tordu, deux salpingo-liématocèles, deux pyosalpingites, deux hystérectomies abdominales. Dans tous ces cas, sauf un seul (une pyo-salpingite), l’intoxication a suivi l’opération et est due certainement à celle-ci ; toutefois, la hernie ombilicale étranglée peut faire exception, en ce sens que l’intoxication peut venir de l’intestin et échappe alors à l’action de l’opérateur. Dans le fait déjà signalé de pyo-salpingite, ce fut une perforation tardive de l’intestin rectum et aussi l’administration intempestive d’un purgatif qui détermi-

nèrent la péritonite septique. C’est donc un accident post-opératoire, mais non dû à la technique de l’opération.

Enfin, la désarticulation du genou pour traumatisme grave, faite par M. Chaput, succomba à la septicémie.

En additionnant le nombre de décès dûs à la septicémie et à l'une de ses formes, la péritonite suppurée ou non. nous arrivons au chiffre de 9 décès sur 441 opérations, soit 2,04 pour 100.

Je ferai remarquer en terminant que, comme l’année dernière, je n'ai pas observé d’érysipèle chez mes opérés ni chez mes blessés.

Deux fois, des blessés ont été pris de tétanos, sans d’ailleurs avoir été soumis à autre chose qu’à des pansements antiseptiques. Dans les deux cas, les plaies étaient souillés de terre et difficiles à nettoyer par suite de l’écrasement des parties molles. Du reste, depuis l’ouverture de l’hôpital Bichat, c’est-à-dire depuis 7 années, je n’ai observé qu’un autre cas de tétanos post-opératoire chez une malade opérée d’ovariotomie par mon excellent ami et collègue, M. le Dr Périer.

Je dois ajouter, que cette année, par suite de travaux faits dans mon service, j'ai dû, pendant 6 mois, pratiquer les opérations dans les salles en communication constante avec la salle commune des malades. Cette nécessité a été certainement pour quelque chose dans les accidents post-opératoires que nous avons pu observer, en particulier pour les opérations pratiquées sur les organes intra-péritonéaux.

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