HISTORIQUE
La lutte contre les microbes de l’intestin ne date pas d’hier et les anciens les combattaient déjà sans les connaître. |
Hippocrate dans son chapitre « sur les femmes qui ne sont pas enceintes » donne déjà une description du clyso. Après lui Avicenne en décrit un autre plus perfectionné et Gérard de Crémone traduit le passage qui en note les effets en termes assez pittoresques: « ef facit necessitatem surgendi ad scellam cum velocttate ». Pendant des siècles après ces vieux maîtres on a employé le lavement et le purgatif ; ce sont, nous le verrons, deux bons moyens d’asepsie. On en usait et abusait empiriquement parce qu'ils faisaient bien, en expliquant leur action par des théories plus ou moins ingénieuses. ,
C’est seulement après Pasteur et les nombreux travaux nés de ses idées que l’on put entrevoir la vérité. Tous
les efforts portèrent d’abord sur les microbes vivant sur
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les surfaces extérieures ou dans les cavités du corps directement accessibles, et l’antisepsie permit tout aux chirurgiens. On ne s’arrêta pas à ce premier succès et l’on poursuivit linfiniment petit jusque dans les, cavités internes, jusque dans le sang lui-même. C’est à M. Bouchard que revient l'honneur d’avoir été pour la médecine ce que Lister fut pour la chirurgie.
. Après Lister les chirurgiens pensèrent qu’au lieu de combattre le microbe au niveau des plaies, il valait mieux ne pas l’y amener. Auxantiseptiques puissants, mais non sans danger ils opposèrent l’eau bouillie et les instruments stériles ; ils créèrent l’asepsie contre l’antisepsie.
De même, en ces dernières années, on voulut faire plus que l’antisepsie intestinale, et notre maître, M. Gilbert, osa le premier parler d’asepsie intestinale. Entrant résolument dans cette voie, de nombreux praticiens, aujourd’hui, veulent parvenir au but par l'emploi d’aliments dont les résidus digestifs sont insuffisants pour nourrir les légions microbiennes, ou par des moyens mécaniques d'évacuation comme les purgatifs et les lavements.
Nous nous en défendons énergiquement: Il ne faut pas voir, dans notre titre, l'intention de soulever entre les médecins le différend qui, un instant, divisa les chirurgiens. Ce n’est là d’ailleurs qu'une querelle de mots n'ayant plus aucune raison d’être aujourd’hui. Quiconque use des antiseptiques arrive par ces substances à l’anéantissement des microbes c’est-à-dire à l’asepsie ; de son côté le partisan de l’asepsie emploie pour y arriver certains moyens chimiques ou physiques dirigés contre les
microbes, c’est-à-dire des antiseptiques. En un mot les
Ml — antiseptiques sont comme l’étuve et la vapeur d’eau des moyens d’asepsie.
C'est pourquoi nous n'avons pas négligé les antiseptiques intestinaux dans ce travail qui sera ainsi divisé : Après avoir étudié les microbes de l'intestin, leurs produits et leurs effets et démontré ainsi la nécessité de lasepsie, nous chercherons les moyens d’y parvenir :
Moyens physiologiques, chimiques, mécaniques, régimes.