A) LA CHINE
Au point de vue des informations scientifiques en général et sismiques en particulier, la Chine se présente dans des conditions toutes spéciales. Les annales de TEmpire du Milieu remontent à la plus haute antiquité que rhomme puisse étudier. Mais on peut se demander si la science peut faire état de ces documents qui ont passé
2 L'âSIC moyenne SISMIQUE.
par tanl de mains et tant de transcriptions. En outre les annalistes officiels se bornaient le plus souvent à relater les faits intéressant les capitales successives ou résidences de la cour sous les diverses dynasties : Si-ngan-fou ou Tchang-ngan, Lo-Yang, Naggkin, Pékin, etc. ou leurs environs plus ou moins iiniii^drats. Les récits de catastrophes naturelles sAii(\nb)nbreux, mais comme dans l'esprit ou au mpin»\9àns le texte des historiographes chinois les granS|«phénomènes de la nature, inondations, éboulementSL de* montagnes, cyclones, tornados, raz de marée, etc., sont presque toujours accompagnés de trembJ^flQcnits'de terre, il est souvent difficile dans leurs des- •• crîptions de faire la part des uns et des autres phéno-
• •.:•. \\nènes. La synonymie des noms géographiques est des
-'•. * plus compliquées, et qui plus est variable suivant la nationalité des savants et des missionnaires européens qui ont eu à les transcrire dans leur propre langue. En raison de l'antiquité démesurée de l'histoire chinoise beaucoup de villes ont plusieurs fois changé de nom. Les bonnes cartes font défaut et pour cause. Bref tout cela fait que cette description sismique de la Chine est donnée sous les plus expresses réserves. Ce n'est donc qu'un essai n'ayant abouti malgré un travail considérable qu'à deviner pour ainsi dire et approximativement les principales régions d'instabilité, et qu'on donne surtout pour ne pas laisser de lacunes dans la description sismique du globe.
Deux sources principales ont servi à établir cette monographie : 1° pour les siècles qui s'étendent de 1800 avant Jésus-Christ au moyen âge, les annales Wen-hian- Thoung-Ehao et Thoung-Kien-Khang-Mou, dont E. Biot a extrait les grands désastres naturels et les tremblements
de terre; â^ le grand catalogue des tremblements de terre de TEmpire russe et des régions adjacentes de Moucbketoff et Orloff pour les temps modernes, et dont les auteurs ont profité des nombreuses informations dues aux agents commerciaux et politiques que leur pays entretient en Chine depuis plus de deux siècles. Les relations des missionnaires catholiques et des Jésuites n'ont presque rien donné. Combien ne doit-on pas regretter la perte par incendie d'un catalogue d'un millier de secousses recueillies par Mac-Gowan.
Dans ce travail on a distingué 9 régions, un peu arbitraires, il est vrai, et utilisé 2897 séismes ressentis en 259 localités.