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CHAPITRE DIXIÈME

Nouvelles fondations. — L'Islet. — Saint-George d'Aubert- Gallion. — Charlesbourg. — Un grand bienfaiteur. — Jubilé sacerdotal de Mgr Cazeau.

Il n’y avait guère de prêtres dans le diocèse de Québec que l’amitié de M Cazeau attirât aussi souvent au Bon-Pasteur que l'abbé Delâge, curé de l’Islet. Contemporains d'âge, comptant un demi-siècle de relations amicales, d’une égale aménité et gaieté de tempérament, tous deux doués de cette urbanité et de cette politesse qu’on peut appeler antiques, parce qu’elles disparaissent de plus en plus de nos mœurs au contact de l’américanisme et de la spéculation à outrance, ils se regardaient et s’aimaient comme deux frères, Il y avait entre eux communauté d'idées et de sentiments qui les enlaçaient, pour ainsi &ire, l’un à l’autre, comme David et Jonathas

ME Cazeau n'avait pas tardé à faire de son ami un des plus chaleureux approbateurs et soutiens du Bon- Pasteur, Aucun curé ne recevait les religieuses avec plus de cordialité, quand elles passaisnt pour leurs quêtes dans la paroisse de l’Islet ; aucun ne les recommandait avec plus d’instances à la charité de ses ouailles, Dès qu’il crut l’occasion propice, il proposa à ses paroissiens la construction d’un couvent, auquel il contribua largement de ses propres deniers, et il invita la communauté du Bon-Pasteur à venir sy établir et ouvrir des classes.

La charmante paroisse de l’Islet a la réputation d’être une des perles, sinon la plus belle, de la rive sud du Saint-Laurent. Sa situation avantageuse et la fertilité de son sol y attirèrent des colons dès les premiers temps du pays. Cette seigneurie était déjà assez peuplée en 1679 pour que l’on commençât dès lors à y tenir les registres de l’état civil. Actuellement, le village de l’Islet assis avec sa vieille église au bord du fleuve, est un des plus proprets, des plus gais et des plus frais d’apparence qui se puisse voir sur cette côte, outre qu’on y jouit d’une vue incomparable d’une prodigieuse étendue, A partir du rivage, le terrain vaguement ondulé, semé de collines boisées et d’érablières, monte vers les monts Alléghanys qui, de ce côté, forment la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Le fleuve géant, semé. d'îles et d’ilots d’un vert d’émeraude, n’a pas moins de

quatre ou cinq lieues de largeur vis-à-vis la seigneurie de lIslet, et est borné au nord par cette partie des Laurentides qu’on nomme les câpes et qui, plus que partout ailleurs, se dressent à pic le long du fleuve à des hauteurs majestueuses, Cette chaîne de montagnes s’allonge à droite et à gauche comme un immense ruban bleuâtre, à des distances qui se perdent dans le vague de l'horizon.

Un couvent au village de l'Islet, au milieu d’une paroisse florissante et populeuse, ne pouvait manquer de réussir; aussi la communauté du Bon-Pasteur accepta-t-elle volontiers l'offre du curé Delâge Cet établissement n’a pas trompé les espérances qu’il avait fait naître, Le couvent de l’Islet est devenu comme une ruche d’abeilles toujours bourdonnantes de vie, d’intelligences qui s’épanouissent, et de cœurs qui se forment à toutes les vertus. Il est fréquenté par plus d’une centaine d'élèves sous la direction de cinq religieuses.

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Nous voici maintenant en pleine Beauce, non pas la vieille Beauce de France avec ses vastes plateaux couverts de plantations et de vignobles à perte de vue, avec ses villes, ses bourgs, ses hameaux dont l'histoire

se perd dans la nuit des temps; mais la jeune Beauce

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du Canada, qui n’a de commun avec l’ancienne que le nom, d’une physionomie toute différente, âpre, montagneuse, à demi-ouverte à la civilisation, parsemée de lacs de toutes grandeurs, de toutes variétés, tous plus pittoresques les uns que les autres, enveloppée d’un réseau de rivières convergeant vers leur artère centrale, la rivière Chaudière, qui va se jeter, avant d'arriver au Saint-Laurent, dans un abîme, espèce de vasque ou chaudière énorme qui lui a donné son nom.

La hache du colon canadien a ouvert d'immenses trouées dans les forêts de cette région difficile à défricher mais fertile. Un grand nombre de paroisses florissantes et pleines d'avenir ont surgi de tous côtés et se multiplient autour de la ceinture des bois qui recule toujours, Le temps n’est pas éloigné où ce groupe de paroisses formera un des beaux diocèses du pays.

Remontons maintenant le cours de la rivière Chaudière, le long de laquelle se succèdent sans interruption de gros villages bien bâtis, riches et progressifs, dont quelques-uns seront bientôt des villes. Arrêtons-nous devant l’un de ces hameaux, un des plus prospères,

gracieusement échelonné sur l’épauie d’un coteau élevé

de la rive gauche: c’est le village de Saint-George d'Aubert-Gallion, Du milieu des maisons groupées autour de l’église paroissiale se détache un grand et bel édifice à triple étage, flanqué de deux ailes moins élevées, avec toit mansard, couronné d’un joli clocher,

dont la toiture métallique jette des éclairs au soleil. Nous sommes en présence d’un des couvents les plus remarquables du Bon-Pasteur, un de ceux qui ont fait les plus rapides progrès.

Le fondateur de ce couvent est le chapelain et directeur actuel de la maison-mère, M. l’abbé Bernier, alors curé de Saint-George. Homme pratique, entendu dans les affaires, il a suppléé au peu de ressources dont il disposait, à force d'activité, d'industrie et de dévouement, Disons bien haut qu’il fut puissamment secondé par le bon vouloir et la générosité des paroissiens. L'édifice s’est élevé avec une merveilleuse rapidité sous son énergique impulsion, En 1880, la paroisse en a offert la propriété pleine et entière à la communauté du Bon-Pasteur, Plus d’un esprit timide avait jugé l’entreprise téméraire et prématurée, disant que l’endroit avec ses environs n'était pas encore assez avancé pour alimenter un grand centre d'éducation ; mais la suite a prouvé que le curé et ses paroissiens voyaient mieux dans l'avenir, Le nombre d’élèves n’a cessé de grossir, et ce chiffre s'élève aujourd’hui à plus de trois cents, qui reçoivent l’enseignement de dix religieuses et de trois maîtresses laïques, sans parler des converses qui s'occupent de la tenue de la maison. Les petits garçons sont admis jusqu'à l’âge de douze ans, Peu de fondations du Bon-Pasteur ont été couronnées d’un pareil succès et donnent d'aussi belles espérances pour l'avenir.

L'année même que se fondait la mission de Saint- George, la paroisse de Charlesbourg réclamait et obtenait le privilège d’un établissement du Bon-Pasteur pour l’enseignement des jeunes filles. Ce beau et vaste couvent construit sous les auspices de l’ancien curé, M. l'abbé Beaudry, occupe un site charmant auprès de l'église paroissiale, Sa proximité de Québec, dont il n’est éloigné que d’une lieue, et la réputation de salubrité de l'endroit lui ont attiré, dès l’origine, un bon nombre d'élèves de la ville. Six religieuses assistées d’une sœur converse y instruisent cent quarante élèves dont soixante-cinq pensionnaires et soixante-quinze externes,

Le développement que prenait dans les campagnes

l’Institut du Bon-Pasteur pour l'avantage de l'éducation était loin de nuire à son but essentiel, l’œuvre des pénitentes. Au contraire, il le favorisait singulièrement en le faisant connaître et apprécier, ce qui contribuait à augmenter les vocations au noviciat et le nombre des amis et des protecteurs au dehors,

Parmi ceux-ci, il faut mentionner au premier rang M. Félix Fortier, greffier du Conseil Exécutif de la province de Québec, qui a légué au Bon-Pasteur la plus grande partie de sa fortune, laquelle était considé-

rable, C’est grâce à ce don généreux qu'avait pu être bâtie en 1876 l’aile du couvent consacrée spécialement au logement des pénitentes, qui fait pendant à celui de la communauté, dont cette aile est séparée par l’église conventuelle, ,

M. Fortier est mort en 1890 dans un âge très avancé ; il s’était retiré à Saint-Michel-de-Bellechasse après avoir remis sa charge d'officier du gouvernement, Il a laissé

après lui la réputation d’un des hommes les plus intègres

de son temps. D’une piété rare, il partageait ses loisirs entre la prière et les bonnes œuvres. Chaque jour, on pouvait le voir à l’église, absorbé dans le recueillement et les saints entretiens avec Dieu, La mémoire de ce juste ne s’éteindra pas dans l’Asile dont il a été l’ami dévoué, un des plus sages conseillers et le bienfaiteur insigne,

Au cours de l’année 1879, la maison de Saint-Vincent de Paul avait été transformée en résidence pour le chapelain, et la communauté avait prié M“ Cazeau d'en faire sa demeure habituelle, afin qu’il pût y trouver plus de repos et plus de facilité pour diriger l’Institut, qui, de jour en jour, prenait une plus large part dans sa vie, Le prélat avait dû céder, à la fin, à ces représentations, et dans les premiers jours de décembre de cette année, il était venu s'établir à Saint-Vincent de Paul,

Chaque matin, aux heures de bureau, il se rendait à

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280 L'ASILE DU BON-PASTEUR DE QUÉBEC l’archevêché, où il depêchait les affaires diocésaines dont il était chargé, puis il revenait le soir à ses appartements.

L'âge, les sollicitudes, le travail sans relâche qu'il s'était imposé durant toute sa carrière, avaient fini par ébranler sa forte constitution et à le rendre sensible aux intempéries de notre rude climat et aux moindres écarts de régime, Ses amis, dont le nombre ne se comptait pas, la communauté surtout, commençaient à s’alarmer de cet affaiblissement qui annonçait le soir d’une vie si précieuse et si chère, Les prêtres de l’archevêché, tous plus jeunes que lui, et qui lui étaient attachés comme des enfants à leur père, auraient voulu lui épargner une partie de ses fatigues; mais sa délicatesse extrême l'empêchait presque toujours de profiter de leurs bons offices. Au reste, les occupations auxquelles il se livrait depuis tant d’années, étaient devenues pour lui une seconde nature,

M" Cazeau était alors à la veille de célébrer le cinquantième anniversaire de son ordination, De grands préparatifs se faisaient à Québec pour lui donner des témoignages de reconnaissance dignes des longs et signalés services qu’il avait rendus à l'Eglise du Canada et au pays en général.

A la date du premier janvier 1880, l’annaliste du Bon-Pasteur écrit : “ Nous saluons avec des transports de joie mêlée de crainte l’an nouveau qui, plus encore

que ses devanciers, nous semble plein de mystères, D'un coup d'œil, chacune de nous embrasse les événements qui se succéderont dans le cours des douze mois de 1880, et d’abord: Les noces d’or de notre vénéré Père, puis nos élections générales, puis … ?”.

L’annaliste n’ose pas aller plus loin ; mais on devine ses pressentiments, La santé chancelante de M“ Cazeau lui faisait sans doute craindre d’avoir bientôt à inscrire une date funèbre. Mais écartons ces souvenirs de deuil pour ne pas assombrir l'éclat des belles fêtes auxquelles nous allons assister,

“ Dans le cours de l'après-midi, ajoute la chronique, notre Père, M“ Cazeau, nous est venu voir, nous a bénies, et a demandé le secours de nos prières pour obtenir l'humilité dont il aura besoin lors de l’ovation qu’on lui prépare. Sur cela, une sœur a objecté qu’il nous faut aussi faire des actes de la même vertu : tout ce qui se rattache à notre Père étant si intimement lié au Bon-Pasteur ”.

Le 3 janvier, cinquantième anniversaire de l’ordination de M“ Cazeau, l’annaliste reprend :

“ Nous voudrions écrire en lettres d’or cette date si chère à nos cœurs. Depuis deux mois nous nous préparons à la célébrer de notre mieux. Les sœurs de nos différentes missions viennent se joindre à nous, celles de Chicoutimi seules ne peuvent le faire à cause de la saison, Un jour, peut-être, le trajet de Québec au

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Saguenay sera facile, vu que les voies de communication se multiplient si rapidement; on parle déjà même d’étabur un chemin de fer jusqu’au lac Saint- Jean ”.

Les prévisions de l’annaliste sont aujourd’hui réalisées: une voie ferrée rend la communication avec la région du Saguenay aussi facile qu'avec les grands centres du pays.

La chronique continue : ‘“ Les novices professes occupent la salle de musique, le noviciat des nonprofesses devant servir de salle pour le banquet. La vieille sœur de notre Père, M'° J, Cazeau, et d’autres parentes prennent le dîner dans la maison de Saint- Vincent de Paul. Nous avons bien tremblé à la pensée que quelque accident pourrait envelopper de deuil un jour qui nous promettait tant de bonheur. Enfin ce jour est arrivé, et le ciel semble sourire à nos joies, Un soleil radieux se joue à travers les feuilles d’or qui ornent le chœur de la chapelle ; une douce gaieté illumine tous les fronts; on dissimule sa fatigue, ses contrariétés, craignant de profaner, par un air maussade, les joies d’une telle fête, Sœurs M. üc Ron-Secours et Saint-Pierre, de la Charité, filles de notre Mère Fondatrice, sont avec nous.

“ Notre Père est profondément ému; il sait pourtant faire bonne contenance et charmer tout le monde par cette exquise urbanité qui fut toujours son caractère

distinctif; c’est cette aimable politesse qui lui valut la protection de M Plessis lorsqu'il n’était encore qu’un tout petit enfant. Notre Père prend le souper avec sa famille, dans le noviciat, et se rend ensuite dans la salle de communauté où les élèves de l’Hospice Saint- Charles donnent une petite soirée musicale et littéraire, MM. les abbés Drolet, Bluis, Roy, et l'honorable P. Chauveau sont présents. Notre veillée en famille

s’est prolongée jusqu’à dix heures ”.

Voici en quels termes une de nos feuilles publiques a rendu compte des solennités du 3 janvier au Bon- Pasteur :

“ La première de la série des fêtes par lesquelles la cité et le diocèse de Québec doivent célébrer les noces d’or de M“ Cazeau, a eu lieu au couvent du Bon- Pasteur, samedi, le 3 janvier, qui est le propre jour anniversaire de l’ordination de ce bien-aimé prélat.

“ Une grand’messe a été chantée dans l'élégante chapelle du couvent, qui avait été décorée pour la circonstance avec beaucoup de goût, M“ Cazeau officiait, ayant pour diacre et sous-diacre MM. Labrecque et Mathieu, du séminaire, M" l'archevêque était au chœur, ayant à ses côtés M. Déziel, curé de Lévis, qui est un des plus anciens amis de M“ Cazeau (il est lui-même

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dans sa cinquantième année de prêtrise), M. Collet, secrétaire du diocèse, était cérémoniaire, et M. l’abbé Fraser touchait l'orgue. Un nombreux clergé (plus de’ 70 prêtres) était venu, tant de la ville que des campagnes environnantes, assister à cette touchante cérémonie, Nous avons remarqué parmi eux M. le grand vicaire Hamel, supérieur du séminaire de Québec et recteur de l’université, et plusieurs autres membres de cette maison ; le R. P. Saché, supérieur des Jésuites ; le R. P. Grenier, O. M. I.; le R. P. Henning, supérieur, et plusieurs autres Pères Rédemptoristes; M. Auclair, curé de Notre-Dame; M. Bolduc, procureur de l’archevêché; M. l'abbé Lagacé, principal de l’école normale ; les chapelains de diverses communautés ; M. Beaudry, curé de Charlesbourg; M. Sasseville, curé de Sainte- Foye ; M. Plamondon, desservant de l’église Saint-J'ean- Baptiste; M. Marquis, ancien curé de Saint-Pierre- Célestin, etc., etc.

“ Dans l’église, nous avons remarqué, outre les membres de la famille de M" Cazeau, M. Mauir, chevalier de Saint-Grégoire, ancien greffier de l’Assemblée Législative, l’un des fondateurs de l'institution ; M. Cyrille Tessier, notaire de la maison, et plusieurs autres amis de M" Cazeau et de la communauté,

“ La messe en musique a été chantée par les religieuses elles-mêmes avec le plus grand effet ; elle a été suivie par un Te Deum solennel.

“ Après la cérémonie religieuse et après un diner offert au nombreux clergé, une intéressante séance littéraire et musicale a eu lieu dans une autre salle,

“ Toutes les religieuses de la communauté et toutes les élèves des écoles tenues par les bonnes sœurs, dans la ville, occupaient la vaste pièce élégamment décorée pour la circonstance, On remarquait surtout à droite un excellent portrait à l’huile en pied et de grandeur naturelle qui, grâce au talent artistique d’une des religieuses du couvent, reproduit fidèlement les traits du digne prélat.

“ Après une marche d’entrée et l’exécution d’une cantate de circonstance, l'adresse suivante fut lue par M"° A. M. Burrougbhs qui sut faire honneur à l'excellente méthode adoptée dans cette institution ! :

ADRESSE A M°* CAZEAU Prélat domestique de Sa Sainteté, vicaire général,

CHAPELAIN DU COUVENT DU BON-PASTEUR “ Monseigneur et très honoré Père,

“ Nous avons l’insigne privilège d'ouvrir le concert de vœux et de félicitations qui, de toutes parts, acclame aujourd'hui l’année jubilaire de votre vie sacerdotale. Cette époque solennelle où tous les sentiments se con-

1— La méthode enseignée par l’abbé Lagacé,

fondent dans une seule et même harmonie, remue profondément nos âmes, car elle nous rappei.: que près de la moitié de votre précieuse vie de sacerdoce a été consacrée à nous combler de vos paternels bienfaits, La fête de ce jour nous apparaît donc dans ce qu’elle a de plus beau, de plus touchant et de plus gracieux. Pour la saluer, nos cœurs s'ouvrent à une indicible jubilation, et nos accents joyeux, imprégnés du parfum des autels, s'élèvent, montent vers Dieu comme ur hymne de reconnaissance et d'actions de grâces. Aussi nous aimons à le proclamer, notre humble sanctuaire restera à jamais embaumé du sacrifice de bonne odeur que ce matin vous y avez offert à l'Eternel, C'était, vénéré Père, votre sublime action de grâces en cet heureux anniversaire du jour qui vous fit prêtre du Seigneur, En ce moment d’ineffables souvenirs pour vous, notre prière prenait un nouvel essor pour remercier le Seigneur de ce qu'après vous avoir fait son ministre pour la gloire de son nom, il a bien voulu pour notre bonheur vous conserver jusqu’à ce jour béni. Oh ! comme elle devenait ardente cette prière de nos âmes conjurant Dieu de vous continuer ses grâces précieuses, le suppliant de faire tomber pour votre consolation la rosée du ciel sur ce modeste champ où chaque jour vous semez de nouveaux bienfaits. Ici s'élève la voix de notre reconnaissance; elle a beaucoup à vous dire, digne Prélat, vous qui à ce titre glorieux voulez bien allier celui de Chape-

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