‹ L'asile du Bon-Pasteur de Québec [microforme]Chapitre 66 sur 93 · CÉLINE · texte numérisé non relu

CÉLINE

Lorsqu'elle arriva à ces paroles : “ Je fais vœu de garder la “ chasteté ”, il y eut chez elle un effort de voix énergique et un accent tellemert affecté qu’un sanglot général éclata dans toute l'assistance, Puis chacun se retira pour laisser la mourante à ses ineffables consolations !

“ Le peu de jours qu'il lui restait à vivre furent passés dans la résignation la plus chrétienne, occupée sans cesse à méditer les courtes aspirations qu’on lui suggérait de temps en temps pour sa nourriture spirituelle,

“ Le 25 octobre 1854, sur les huit heures et demie du soir, Céline éprouva une faiblesse qui fut le signe avant-coureur de la mort. Toute la communauté, sœurs et pénitentes,

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s’assembla autour de la mourante, qui tenait dans ses mains défaillantes son Christ renversé, et sur sa poitrine, sa statue de la Vierge.

Vers les neuf heures, on remarqua sur sa figure un léger mouvement qu’elle n'avait pas coutume de faire dans ses autres faiblesses. Sentant visiblement que c'était l'instant suprême, la supérieure lui dit : ‘ Oui, ma chère enfant, encore une minute et vous serez au ciel avec Jésus et Marie ”! Céline entendait encore ; elle ouvrit les yeux, les porta sur toutes celles qui l’entouraient comme si elle eût cherché à les fixer sur quelqu’une en particulier. Ils tombèrent et se déposèrent sur la petite protégée, la jeune protestante qu'elle avait dirigée, comme pour se bien assurer qu’elle la laissait en sûreté dans l’Asile et l'inviter à.y mourir comme elle.

4 Puis, ranimant un reste de vigueur, elle fit un cernier effort pour disjoindre ses mains tremblantes qu’elle éleva avec ses regards vers le ciel …

‘ Elle avait cessé de vivre !

“ Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur !

“ Heureuse Céline d’avoir pu expier ses fautes sur la terre, de s'être mise à la recherche de la vertu, d’avoir connu Dieu et de l'avoir préféré à tout !

“ Bénie soit la divine miséricorde qui ouvre une voie

de salut aux âmes égarées! Bénie soit Marie, le refuge des pécheurs, qui leur obtient la grâce de la conversion et le bonheur de réparer les tristes égarements de leur vie, par une mort véritablement chrétienne ” !

Si la vie de chacune des pénitentes qui sont venues jusqu’à ce jour réclamer un refuge et trouver le salut à l’Asile du Bon- Pasteur était mise par écrit, leur ensemble formerait des volumes considérables où l’on verrait éclater, d’une part, la miséricorde divine qui ne se lasse jamais de poursuivre le pécheur, de l’autre, la misère du pauvre cœur humain qui, après s'être épuisé au service du monde, ne rapporte que l'horreur de son état et des blessures qui ne sauraient être cicatrisées que par l'huile du repentir. On y admirerait, comme dans les notices qu’on vient de lire, des coups extraordinaires de la grâce où se montre avec évidence le doigt de Dieu, des merveilles de conversion et de persévérance, dont les Directrices de l’Asile ont été et sont encore les heureux témoins.

Nous devons cependant nous arrêter ici, et passer sous silence une foule de faits remarquables et pleins d’édification, afin de ne pas donner à cet ouvrage des proportions qu’il ne comporte pas. Au surplus, nous en avons dit assez pour faire voir quels fruits abondant: de vie a déjà produits la jeune institution dont ces pages contiennent l’histoire, et combien elle est appelée à en produire encore dans l'avenir. Il suffit que le reste soit connu de Dieu qui ne laisse aucun mérite

sans récompense.

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