‹ L'assassin; comédie en un acteChapitre 4 sur 42 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

pavillon, vous êtes tranquille et... ni vu, ni connu, mcmsieur Philippe Roquet.

Elle remonte au fund et pose son pauier près du dressoir, à droite de la fenêtre.

Al. !• Hi:i).

.le vous remercie, mademoiselle Angélique, et puisque c'est aujourd'hui samedi, permettez-moi de vous payer mon loyer de la semaine. (Lui donnant de l'argent.) Cinq louis, pri.x convenu.

.\NGÉL1QUE, redescend à l'avant-scène adroite d'.\lfred, tendant la main.

Oh ! ça ne presse pas, monsieur Philippe Roquet.

ALFUKD.

Ma chère mademoiselle Angélique, vous avez été pleine de complaisance pour moi, mettez le comble à vos bontés: appelez-moi monsieur tout court.

ANGKLIQUE.

Oui, monsieur Philippe Roquet. Mais à partir du jour d'aujourd'hui, je ne vous appellerai plus ni Roquet ni autrement.

ALFRED

Par la raison?

ANGÉLIQUE

Par la raison que je vous donne congé tout de suite.

ALFRED, vivement.

Vous me chassez?... Et pourquoi?

Dame! monsieur Philippe Roquet, c'est pas ma faute. Madame m'a dit à ce matin qu'elle voulait déjeuner dans le pavillon, et si elle savait que j'y ai logé un homme, c'est moi qui aurais une fière grondée !

ALFRED

Je croyais que madame Pérard n'entrait jamais ici?

ANGÉLIQUE

C'est vrai qu'elle n'y a pas remis les pieds depuis la mort de son défunt. Mais tout s'oublie à la longue. Il y u bien longtemps qu'elle n'en a parlé, de feu Monsieur.

ALFRED

Et c'est dans un pareil moment que vous m'exilez d'ici ?

ANGÉLIQUiï.

Pardi ! Vous n'en mourrez pas pour loger à l'auberge. On est mieux qu'ici, sans flatterie, et pas si cher.

ALFRED

A l'auberge! Y songez- vous? pour que tout le monde me voie !

ANGÉLIQUE

C'est donc vrai que vous vous cachez ?

ALFRED

Moi? Non! Pourquoi? J'irai à l'auberge, s'il le faut. Mais, Angélique, je ne la verrai plus !

Qui?

ALFRED, remonte à la fenêtre.

Elle ! Je ne la verrai plus dans son jardin se promenant d'une corbeille à l'autre, froissant une Ileur dans ses mains blanches, et rêvant! Hier encore, Angélique, je l'ai suivie toute une heure sans sortir d'ici. (Elle passe à droite,

remet la chaise, qui était à gauche du canapé, près de la porte premier plan gauche, et passe derrière le canapé.) Elle était li-bas,

dans la grande allée du fond. Elle marchait d'un air pen-

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