‹ L'assassin; comédie en un acteChapitre 6 sur 42 · SCÈNE DEUXIEME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIEME

angi';liqi:e.

A prcuveque le journal l'adit : Tenez: rÉc7(0 de Qucvilly... Vous n'avez qu'à lire l'article.

Elle tire un journal de la poche de son tablier et le lui donne, puis elle remonte au dressoir qui est au fond à droite et, pendant qu'Alfred lit, elle met le couvert sur la table qui est à droite.

ALFRED, qui est venu à l'avant-scône, milieu.

'Voyons YÉcho de Quevillyl (il ouvre le journal et lit.) « Un

crime enveloppé du plus profond mystère vient de jeter la consternation dans notre paisible arrondissement. .AI. Alfred Ducamp, le premier peintre de genre de la capitale, » le premier! diantre! il fait i)on être mort! « a disparu depuis quinze jours sans que les recherches les plus actives aient pu faire retrouver son cadavre! »

ANflÉLIQUE, qui est à droite de la table.

Brrr !

Klle continue à mettre le couvert.

Heureusement... « Il venait de terminer la décoration du château de Craqueloup, qui est une des sept merveilles de notre belle province. 11 quitta le château le mardi, 11, à. trois heures après-midi; depuis cette époque on n'a découvert qu'une vareuse et un béret bleus, tachés de son sang. »

ANGÉLIQUE, qui est revenue à droite fie la table

Oh!...

ALFRED

Des goûts et des couleurs... u Par une fatale coïncidence, l'un des malfaiteurs les plus dangereux, le nommé Corbillon, venait de s'évader de la maison d'arrêt de Rouen. On craint que ce misérable, poussé par une basse

cupidité, « il aurait été volé comme dans un bois... «n'ait ajouté un nouveau crime à la liste déjà trop longue de ses forfaits. La justice informe. » Connu! « En attendant, les amis du jeune et déjà grand artiste ont recueilli les chefs-d'œuvre épars dans son atelier et jusqu'aux moindres ébauches de son pinceau suave et correct ! » hum! hum !... « Cette précieuse collection se vendra incessamment dans une des salles de l'hôtel BuUion. Tous les amateurs de la France et de l'étranger s'apprêtent à couvrir d'or les derniers chefs-d'œuvre de l'infortuné Alfred Ducamp. » Bravo ! en avant la musique ! et vive Corbillon !

Il jette le journal sur le canapé devant lequel il est remonté. ANGÉLIQUE, descendant à l'avant-scène droite.

Vive Corl)illon ! Vous le connaissez ?

ALFRED

Moi ! pas du tout. Je ne connais que l'autre, la victime!

Chantant.

A la Monaco, l'on chasse...

ANGÉLIQUE

Comment, monsieur ! l'infortuné Ducamp était un de vos amis?

A L F lî E D .

Mon meilleur!... A la Monaco...

Il la prend par les mains et la fait passer à f^auche en dansant. ANGÉLIQUE.

Et vous avez le cœur do chanter lorsqu'il est mort?

Mais, naïve Angélique, la mort pour un artiste comme nous, c'est l'aurore de la fortune! et de la gloire ! Le pauvre garçon dont vous parlez n'était pas sans talent,

Page 1