‹ L'assassin innombrableChapitre 16 sur 63 · UN CURÉ, SERGENT · texte numérisé non relu

UN CURÉ, SERGENT

sous la terre lorraine, à Fleury devant Douaumont :

— L'Évangile dit qu'il faut s'entr'aimer, grandir ce lien fragile de solidarité dans le supplice humain, ne pas s'entretuer, mais se tendre la main. De mal, (condition normale de la vie), la table de la terre est largement servie.. sans la guerre. Ce mal, Guillaume, en vérité, l'a trop, d'une façon formidable, augmenté, car il a, de son crime, ensanglanté la sphère. Hors d'une pitié traditionnelle, — hors de ce coup de chapeau qu'on lève pour un mort, vécut-il en fripon le temps de sa misère, sur ce grain de planète en l'infini des cieux perdu, — Kaiser de proie, il ne peut valoir mieux qu'un ti(fre qu'on abat.

PÉGOUD,

qui^ le premier, ne se contentant pas d'escalader les nues, boucla la boucle avec un avion, Jit, le premier, d'extraordinaires voltiges aériennes, — Pégoud, tué, Pégoud, tombé du ciel, à Belfort, et monte dans la gloire :

— Dans l'enfer, Satan même, vengeur de tant de deuils^ brûle, d'un chrysanthème de flammes, le Maudit. Pourtant, ce bandit-là,

Matamore et Tartuffe aussi bien qu'Attila, Gaudissart de la Prusse au-dessus de tout, pire, hélas ! que tous les rois scélérats de Shakespeare, n'est pas seul à flétrir. Sous ses ordres, il a l'Autriche, un Empereur si vieux qu'à peine il bouge, François-Joseph, gâteux sinistre, aux favoris de larbin. Dans l'histoire, il faut des piloris, certes, pour le vassal. Mais Guillaume-le-Rouge est, seul, le grand coupable.

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