UN HABITANT DE SIRIUS
Gais enfants, bons garçons que la gloire convie, quand du César sera célèbre la folie,
ô morts jeunes et beaux, vous n'aurez même plus, oubliés par la vie,
vos noms sur des tombeaux.
LE POÈTE DE FRANCE
Héros, ne croyez pas à ces images sombres, ô Morts, et dressez-vous pour marcher en avant. Nos Morts ! En avant ! Dans la foudre et le vent des balles, des schrapnels, des obus, poursuivant la Victoire, accourez, ô multitudes d'ombres, aines qui n'êtes plus...
LA MARSEILLAISE, de Rude :
dont l'envol accompagne l'hymne sublime où passe le soujfle de millions de morts :
Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n'y seront plus, Nous y trouverons leur poussière et la trace de leurs venus.
LE POÈTE DE FRANCE
Aînés qui n'êtes plus! Exemple en nous vivant! Et que se mêle à vous l'ombre de Déroulède, Don Quichotte de France, appelant trop à l'aide de Strasbourg et de Metz. Il nous montrait nos forts.
Sonneur fou de clairon, qui prêchais la revanche aux sages, aux rêveurs assemblant leurs efforts pour la paix à tous prix, — déjà la Victoire se penche vers nous redevenus unis, vaillants et forts.
MAX BARTHOU (i8 ans),
Jauché par un éclat d'obus, en Alsace, sur la place de Thann, et dont le père ambitionne, désespérément, un habit vert .
Voilà ce qu'ils chantaient les héros qui sont morts :
Le tambour bat, le clairon sonne.
Qui reste en arrière ?... Personne !
C'est un peuple qui se défend 1 En avant!
En avant! Tant pis pour qui tombe !
La mort n'est rien. Vive la tombe, Quand le pays en sort vivant :
En avant !
UN POÈTE DE FRANCE
— Le Pays est vivant, et les morts ressuscitent dans les sèves d'avril; ils sont dans les beaux sites du Nord et de l'Est, où ces braves sont tombés. Les morts victorieux font la France éternelle, renaissent dans ses fils qui la rendront plus belle. La gloire met debout les héros succombés en traquant sous le sol la fourmilière ignoble des Boches désireux de capturer le globe et qui, demain, — demain? — par vous, seront courbés.