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DES TRAVAILLEURS

ayant de pareilles aspirations vers le même idéal sous des deux différents, entonnent, — dans les faubourgs de Paris, de Londres, de Berlin, de Rome, de Vienne, de Pétrograd, de Bruxelles, de NeW'York, — le Chant des Ouvriers, de Pierre Dupont :

Pour des salaires incertains.

Du front, des bras, des pieds, des mains,

Nous qui luttons, peinons sans cesse

Sans abriter nos lendemains

Contre le froid de la vieillesse.

Aimons-nous, et quand nous pouvons Nous unir pour boire à la ronde.

Que le canon se taise ou gronde, Buvons, — buvons! — buvons A l'indépendance du monde !

r5 l'assassin innombrable

UN POÈTE DE FRANCE

Gardiens de la tranchée où vos yeux se sont clos, ô Morts qu'il faut aimer, — pour toujours, la Patrie consacre sa tendresse et son idolâtrie auK soldats disparus dans ce rouge chaos

MARC ANAVANT,

jeune multimillionnaire qui consacre sa fortune à établir la fraternité entre les hommes,

O guerre, quand seras-tu lasse ?

Cesseras-tu, puisque tout passe ?

Ni Dieu, ni Maître ! Ah mais !

Et qu'entre les peuples associés la paix,

demain, règne à jamais !

Le chant le plus beau c'est : l'Internationale. Tous, en chœur, le refrain :

C'est la lune finale I...

UN POÈTE DE FRANCE

O gardiens d'idéal, qui songez à demain, le mal ne finira qu'avec le genre humain. Enfants de la Patrie, il n'est qu'une patrie à servir. Celle en nous que notre sang charrie, sang gaulois, fin, léger, plus clair que le germain. Rires, printemps, espoirs fauchés dans la rafale, ô Morts dont les périls font notre front plus pâle. Enfants de la Patrie, hardis morts en héros, pourris au champ d'Honneur, devenus des zéros historiques, — fierté de la terre natale et son sang le plus vif, couchés on ne sait où, ô pourpres tisserands de la grandeur finale,

le deuil pour les vainqueurs se mélange d'orgueil.

O soldats dont la gloire au meurtre se marie, cadavres de héros, vaillants qui, sans cercueil, vers X ou bien vers Z, pour l'avoir trop chérie, sans suaire, dormez à même la patrie, écoutez ! — Durement, par la guerre frappés, les grands loups allemands, affamés et très maigres, poussent tous vers le ciel de longs hurlements aigres. Écoutez! — A Verdun, quel Coq clame la paix recouvrant, à nouveau, de près, de bois épais, de pommiers lourds de fruits, de blés, d'avoines et de seigles, de vignes et de fleurs, les carcasses des aigles?

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