PIERRE CORNEILLE
s' adressant à Guillaume II, comme il parle, dans sa tragédie, au Fléau de Dieu, Attila :
Le châtiment viendra pour tinir tant d'horreurs
et venger l'univers de toutes ces fureurs.
D'un déluge de sang, aux éclairs des tonnerres,
l'Assassin Innombrable a recouvert la terre.
Lorsque, par les tyrans, Dieu punit les mortels,
Il garde un coup de foudre aux plus hauts criminels
qu'il donna pour supplice à toute la nature,
jusqu'à ce que leur ra^^e ait comblé la mesure.
Peut-être qu'il prépare, en ce même moment,
à de si noirs forfaits l'éclat du châtiment.
Guillaume, Sa justice à te perdre s'apprête.
Il tient le bras levé pour te briser la tête
et veut que cet exemple oblige de trembler
quiconque, désormais, t'osera ressembler.
Un grand destin commence, un grand destin s'achève:
l'Empire est prêt à choir, et la France s'élève.