‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 22 sur 54 · Autographe de du Tillet, 17 mars · texte numérisé non relu

Autographe de du Tillet, 17 mars

Quels mobiles déterminaient Taccusé à se démentir? D'après les défenseurs de Coligny, Poltrot de Meré n'osa persister dans un faux témoignage qui lui aurait été suggéré, sinon imposé, le Ipndemaîn du crime; la vérité lui aurait été arrachée pour la première fois par les rigueurs de la torture. Les accusateurs de Coligny se tiennent dans le vague et la plupart même ignorent ou feignent d'ignorer les variations de Poltrot. Il est certain que la vérité fut peu répandue et que, parmi les contemporains, les seuls initiés aux mystères dé la Conciergerie purent la connaître. Seul, Perrenot de Chantonay, représentant de Philippe II, le mieux informé de tous les ambassadeurs étrangers, mais aussi le plus malveillant pour les grands personnages de la cour, présente une explication que nous allons exposer pour la première fois.

La ville de Paris et le gouvernement de risle de France étaient alors administrés par le maréchal François de Montmorency, fils aîné du connétable. Montmorency était catholique, mais il appartenait à la nuance la plus rapprochée du parti réformé ^ . Aussi

(f. fr., vol. G610, f. 32). On a le droit do s'étonner qu'une nouvelle aussi importante n'ait dté transmise a la reine que le 17 mars. Voyez plus loin.

). -^ Nous rappellerons seulement ici le fameux

était-il presque aussi impopulaire à Paris que Coligny lui-même ^ . François de Montmorency, comme tous les seigneurs de sa maison, s'était ligué avec Coligny, son cousin germain, contre Tinfluence des Lorrains ^. Depuis la mort du duc de Guise, il avait de nouveaux sujets de haine contre le rival de son père. François II avait dépouillé le connétable de la charge de grand-mattre de la maison du roi au profit de Toncle de Marie Stuart ^. Le vieux Montmorency se flattait, à la mort de Guise, de faire revenir cette dignité à son fils ^ ; mais le premier mot de la reine, après l'attentat de Poltrot, fut d'assurer au prince de Joinville, fils atné de la victime, toutes les charges de son père^. François de Montmorency, frustré

procès des politiques qui faillit lui coûter la vie. voyez le savant ouvrage de M. Décrue : Le parti des Politiques, in-8, 1892.

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