‹ L'assassinat de François de Lorraine due de Guise: 18 février, 1563Chapitre 24 sur 54 · Lettre de Gatherine au Gonnétable. {Lettres de · texte numérisé non relu

Lettre de Gatherine au Gonnétable. {Lettres de

dans ses espérances, conçut un vif dépit. II était resté à Paris pendant la guerre civile ; on le voit figurer dans une séance du parlement le 5 mars précédent ^ C'est là que le trouvèrent les graves nouvelles de la fin de février i563, la mort de Guise, Téchec de ses prétentions à la dignité de grand-mattre, les accusations deshonorantes portées contre Goligny, son cousin et son ami. Il conçut alors, d'après l'ambassadeur d'Espagne, un projet romanesque, mais qui n'est pas extraordinaire dans une cour où régnait le- machiavélisme des Médicis. Tout puissant à Paris, même à la Conciergerie, en face d'un premier président effrayé de la moindre responsabilité, il s'introduisit en personne ou fit introduire un adldé auprès de Poltrot de Meré et promit de lui sauver la vie, quelque fût l'arrêt du parlement, à la condition qu'il disculperait Coligny, et qu'il persisterait dans sa rétractation a même sur l'écha- « faud. » Chantonay assure même qu'il signa cette promesse et qu'il la remit, comme

Catherine de Médicis, t. I, p. b\3). — Lettre de la même à Saint-Sulpice, ambassadeur en Espagne (ibid., t. II, p. 36). — Chantonay, dans sa lettre du 22 avril 156à, donne d'autres détails. (Ârch. nat., K. i499, no 56).

i. — Lettre de de Thou à la reine, 5 mars 1562 (i563); copie, f. fr., vol. 6621, f. 52.

un acte officiel, aux mains de Poltrot^ Cette explication paraît avoir été ignorée de tous les contemporains. Elle n'est pas moins^ acceptable et s'accorde fort bien avec la politique du connétable et particulièrement avec les tendances du maréchal do Montmorency ^. Comme il n'est pas de feu sans fumée, les habitants de Paris soupçonnaient une intrigue et accusaient le maréchal de la diriger secrètement. L'ancienne impopularité des Montmorency, aiguisée par menées du parti lorrain, s'accrut de la méfiance qu'inspirait le maréchal. Plus d'une fois,, en parcourant la ville, il entendit des cris de désapprobation. Appelé par la reine quelques jours après, pendant les négociations du traité d'Amboise, il partit en grand équipage et reçut une « telle conduite »

qu'il jura, en passant devant la garde de la porte, de se venger des Parisiens ^.

Le jour- même où le greffier du Tillet informe mystérieusement la reine du démenti que Poltrot de Meré inflige à ses propres dépositions, le parlement en corps supplie

i. — Lettre de ChantoDay au roi d'Espagne du 22 avril 15()3. (Orig. espagnol; Arch. nat., K, 1499, n» 56).

2. — Nous avons exposé ci-dessus qu'il refusa d'assister aux obsèques du duc de Guise.

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