‹ L'Assistance Obstétricale dans la Région de BôneChapitre 26 sur 38 · EP LEE · texte numérisé non relu

EP LEE

façon suivante : celui-ci possède depuis 1936 une ambulance vaste et rapide, capable de transporter 2 personnes couchées à une allure moyenne de 60 kms, dans des conditions de confort aussi parfaites que

possible.

À cette allure, une femme enceinte pourrait arriver à l'hôpital trois heures au plus après le départ de l’'ambulance (Distance maximum à parcourir (Bône-

La Calle et retour : 170 kms).

Cette ambulance devrait être à la disposition des médecins de colonisation et pouvoir partir sur un coup de téléphone de l’un d’eux sans que celui-ci ait à demander l'autorisation du Maire ou de l’Administrateur. Les frais de transports étant remboursés par la commune à l'Hôpital de Bône.

Cette amélioration des moyens d'évacuation ne grèverait pas trop le budget des communes et permettrait certainement de sauver la vie de nombreux enfants.

À BONE. — Dans la ville même, le problème

obstétrical se pose de la façon suivante :

A) Défaut d'éducation des femmes indigènes qui, pour la plupart sont accouchées par des matrones.

B) Maternité absolument insuffisante ne possédant aucune consultation externe, celles-ci étant assurées pa:

l’œuvre de la Croix Rouge et un peu par le médecin communal.

Ï. — La première partie du problème se présente de la même façon que dans la plaine ; Il semble pourtant que dans la ville on pourrait plus facilement éduquer la population indigène qui vit en continuel contact avec les européens.

Une propagande active obtiendrait certainement aussi de bons résultats ; Il est d’ailleurs incontestable que la femme indigène a de plus en plus tendance à venk: accoucher à la Maternité, puisque pour 5 entrantes en 1918, il y a eu 79 entrantes en 1936.

IT. — Bône se doit de posséder une Maternité capable, par ses consultations externes et par son service social, de réaliser une surveillance obstétricale efficace, .noderne, répondant aux besoins de la population 4 s’occupant comme le dit Monsieur le Professeur LAFFONT, des questions suivantes :

a) Prophylaxie de la dystocie et de l'infection puerpérale.

5) Dépistage de la syphilis constitutionnelle et héréditaire.

c) Organisation de la lutte contre la stérilité par

l'examen au moment de la puberté et du

mariage.

d) Propagande en faveur des consultations des

nourrissons et des femmes enceintes.

>) Lutte contre l’abandon des enfants, la morti-

natalité, l’avortement.

f) Protection des filles-mères.

g) Vaccination préventive du nourrisson contre la

bacillose.

h) Création d’un carnet individuel.

Le Directeur de l'Hôpital s’est rendu compte de l'insuffisance de la Maternité actuelle. Deux projets de censtruction d’une Maternité isolée ont été proposés Ils n’ont pas été réalisés parce que l'Hôpital de Bôn: devant être entièrement reconstruit depuis assez longtemps déjà, l'Administration se refuse à modifier l’état actuel de l'Hôpital.

Par contre, depuis février 1937, on a commencé la construction d’un centre de santé qui goupera toutes les consultations externes des femmes enceintes y com-

pris celles des nouvaux-nés.

Nous estimons qu'il vaudrait mieux prévoir dans le projet du nouvel Hôpital, une vaste Maternité possédani ces consultations et centralisant toute l’assistance obstétricale de la ville comme, par exemple, celle que nous allons décrire.

Avant d'essayer de montrer ce que devrait être le Service de la Maternité dans le nouvel Hôpital, dont doit être dotée incessamment la ville, nous voudrions donner notre opinion sur une question généralement discutée en France :la Gynécologie doit-elle être atta-

chée au service de Chirurgie générale ou à la Maternité ?

Notre Maître, Monsieur le Professeur LAFFONT, dans son discours d'ouverture du 9° Congrès des Gyné-

cologues et Obstétriciens de Langue Française se montrait nettement partisan de la 2° solution. Il disait en effet :

( En nous laissant simplement guider par le courant des idées actuellement en marche, ne nous semble-t-1l pas que nous puissions revendiquer notre double spécialisation comme une conséquence normale de l’évolution contemporaine des sciences médicochirurgicales 2

Autrefois, la science médicale appartenait aux médecins qui n'en devaient rien ignorer et il y a 50 ans à pee, la spécialisation demeurait, sauf exception, à peu près inconnue : chacun était sensé posséder la bonne encyclopédie des connaissances médicales.

Cette tendance se manifeste chaque jour davantage. La chirurgie générale s’est vue tout d’abord déposséder de l’ophtalmologie et de l’oto-rhino-laryngologie. Ces deux spécialités exigent de ceux qui les pratiquent des aptitudes à la fois médicales et chirurgicales. »

Nous ne saurions trop approuver ces ‘paroles. L’ophtalmologiste doit connaître en effet à fond toute la pathologie de l'œil et être à même de pratiquer toutes les opérations sur cet organe ; de même toutes les interventions portant sur l’oreille le nez ou la gorge doivent être l’appanage de l’oto-rhino-laryngologiste.

Il en est de même pour les autres spécialités qui se détachent peu à peu de la chirurgie générale. Pourquoi

n’en serait-il pas ainsi pour l'appareil génital de Ja

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