Rapport au Conseil municipal
190 journées réparties entre 15 ouvriers avaient produit environ 500 fr.
Ces placements lemporaires ont le très grand avantage de permettre d'étudier l’assisté dans une situation différente de celle qui lui est faite par l'organisation soigneusement hiérarchisée et diselplinée de la colonie et d’examiner l'effet que produit sur lui le travail libre ; on relâche pour lui la discipline avant de lui laisser une entière liberté.Cest une transition très judicieuse.
Quels sont les résultats matériels et moraux de la colonie ? En dehors de la mise en valeur de terrains jusque-là incultes, de l’utilisation et la formation d'énergies humaines qui se consumaient improductives el parfois dangereuses, en dehors de ces avantages indéniables, la colonie de Chalmelle parvieudrait encore, au dire de ses défenseurs, à procurer une assistance très efficace avec très peu d’argent et cette somme devrait même diminuer graduellement.
Cette appréciation nous semble un peu trop optimiste. Les divers rapporteurs qui ont exposé la situation de la colonie au Conseil municipal de Paris, se sont toujours efforcés de la montrer sous son meilleur jour au risque de sortir de la réalité. Pour dissimuler la charge qu’impose l'entretien, ils ont toujours exagéré, et parfois dans des proportions fantastiques, les prévisions de recettes. Voici un exemple : du 1* octobre 1895 au 1% octobre 1896, les recettes avaient été de 15.934 fr. 45, inférieures de plusieurs milliers de francs à celles inscrites au budget de la ville. Pour l’année suivante le directeur croit utile « afin de ne pas être comme l’añnée pré-
cédente au-dessous de la vérité » (1) de prévoir seulement 18.000 fr. de recettes. Comme par ailleurs il fallait compter sur 42.900 fr. de dépenses, on devrait donc s'attendre à un déficit de 24.900 fr. Un pareil résultat eût sans doute effrayé le Conseil et le public, aussi ladministration crut faire une besogne utile en « rectifiant » les prévisions du directeur. Tout en augmentant légèrement le chiffre des dépenses on diminua le coût d’entretien de la colonie, en majorant les recettes escomptées. Au lieu de 18.000 fr. prévus par le directeur, le rapporteur de la 5° sous-commission estima lesrecettes à 27.400 fr.; de la sorte le déficit fut ramené à la somme relativement modeste de 15.900 fr. Il est inutile de dire que les appréciations du directeur étaient plus fondées que celles du rapporteur et que les recettes effectives ne furent-que de-+8.564 fr. 09. Le tableau suivant suffira pour qu’on puisse se rendre compte de la gestion financière de l'établissement pendant ces dernières années :
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4. Rapport de M. Mallet, directeur de la colonie, 1896, p.31. 2. L'année précédente, le pécule moyen était de 17 fr. 64, et en 1894 de 45 fr. V. Rapport de M. Bompard, 1896, et de M. Faillet, 1895, au Conseil municipal.
Marcel Lecoq 26
La durée du séjour de chaque colon ne dépasse guère, en général, quatre mois. En 1898, 83 ouvriers sur 101 ont quitté La Ghalmelle avant ce délai. C’est pendant le deuxième mois que les placements et les départs sont de beaucoup les plus nombreux.
L'hospitalisé peut partir quand bon lui semble en prévenant quatre jours à l’avance ; à moins de fautes graves, il n’est jamais renvoyé que muni d’une place ; quand il ne peut pas rester dans la situation qu'on lui a trouvée on le reprend à La Chalmelle s’il n'a pas encouru de sérieux reproches. Voici la statistique indiquant la durée de séjour en 1898.
SORTIS volontairement