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demeurée à peu près stationnaire, car au moment de la dissolution des ateliers, leur population s’élevait à 2.500 personnes dont un tiers travaillaient hors de l’atelier (1).
À quelles causes peut-on attribuer cetle défaveur? — Nous avons vu précédemment dans un passage extrait du rapport du comité de l'agence des Arts, en date du 14 vendémiaire an III, que les chefs d'ateliers encouragaient par tous les moyens en leur pouvoir, lextension du travail à l'atelier qu'ils avaient rendu ainsi beaucoup plus avantageux que le travail à domicile. Non seulement les salaires étaient plus élevés, mais il y avait en outre une foule d’autres avantages plus ou moins visibles mais qui n'en étaient pas moins appréciables. C’est ainsi que les déplacements et les longues attentes que l’on était obligé de faire chaque décade pour venir chercher etrapporter un travail, pour attendre qu'il fut estimé et payé, étaient supprimés. Dans certains ateliers, l’estimation du travail intérieur était faite au-dessus du cours réel ; la surveillante partageail ensuite avec les ouvrières le bénéfice qui en résultait.
Aussi, n’y avait-il que les femmes auxquelles il était impossible de faire autrement qui demandaient du travail à domicile. |
Le nouvel arrêté du 29 prairial an II, preserivit quelques très sages mesures pour éviter que les
1. Rapport fait au Comité d'agriculture et des arts sur la situation des ateliers de filature, 12 frimaire an IIT. Tuetey, loc. cit. p. 686,
abus ne s'’introduisissent aussi dans la distribution du travail à domicile aux femmes indigentes. « Il sera confié, y disait-on, du lin, du chanvre ou du coton et les ustensiles nécessaires à toutes celles qui se présenteront pour travailler à domicile, à : condition : 1° qu’elles soient déjà instruites des procédés de filatures ; 2° qu’elles soient munies d’un certificat de responsabilité délivré par le propriétaire ou principal locataire de la maison où elles sont logées, et visé par le comité civil de la section, (art. 5) — Afin d'éviter une concurrence préjudiciable au commerce, le prix de main-d'œuvre sera tou- jours inférieur d’un dixième au prix en usage dans les fabriques particulières » (art. 6).
On ne se contenta pas de donner du travail aux femmes qui avaient déjà l'habitude de filer, on voulut procurer un gagne-pain, en leur faisant apprendre ce métier, aux enfants qui ne le connais saient pas encore. « [l sera établi, disait l’article 7, dans la maison de filature un atelier d'instruction pour cent jeunes citoyennes, depuis l’âge de 7 ans - jusqu’à celui de 42 ans seulement. L'enseignement y aura pour objet la filature des chanvres et lins, Les citoyens qui voudront faire admettre leurs enfants dans cet alelier se muniront d’un certificat du comité civil de leur section, attestant leur bonne conduite et leur état d’indigence.
« Art. 8. — Le temps de l'apprentissage est fixé à deux mois, pendant lesquels il sera payé à chaque élève un secours de 7 sols par jour. A lexpiration de ce délai chaque élève pourra recevoir du
travail à domicile, en remplissant les formalités prescrites par l’article 5 ».
Nous n’avons malheureusement pas de documents qui nous permettent d'apprécier le fonctionnement du travail à domicile tel qu’il fut organisé par l’arrêté du 29 prairial. C'est fort regrettable, car il nous semble ‘que, si les indications données par cet arrêté furent suivies, on dut arriver à de très bons résultats. |
Quoi qu’il en soit, nous pouvons constater que les ateliers de filatures ont fait un bien très réel, malgré les graves inconvénients qu'ils présentèrent à la fin et qui amenèrent leur disparition. Pendant plusieurs années de détresse ils permirent à 2.500 ou 3.000 personnes, femmes, vieillards ou enfants, de subsister et d'attendre des jours meilleurs sans avoir occasionné pour cela une dépense trop excessive. Evidemment il aurait été possible de faire plus de bien aux assistés et d’en secourir un plus grand nombre, on aurait pu aussi diminuer les charges du Trésor, une foule de désordres de tous genres auraient pu être évités, mais ce que nous devons retenir c’est que ces ateliers peuvent faire un bien très efficace dans les périodes de grande misère, pourvu qu'on évite certains écueils sur lesquels sont venus se briser ceux de la Révolution.
4. L’art.9 ajoutait : « Le domicile d’un an à Paris est néces-
saire pour être admis soit au travail à domicile, soit dans Patelier d'instruction ».