‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 7 sur 144 · AGREE AE · texte numérisé non relu

AGREE AE

AS Fret 2,0 »

4. Bulletin de l'Office du travail, février 1897. 2. Bulletin de l'Office du travail, avril 4894. Conf. das Han-

ASE, 70 35»

RU ETES (D) OO MERE TO) A8QES et 6,9 »

LRO re DIS ASC. DAC ASO TEE MEET 39 00 1998 3,0 »

La moyenne ressort pendant ces 12 années à 4,7 pour cent. Cette proportion paraît très minime, mais il est nécessaire d’apporter les corrections suivantes. La statistique des Trade-unions ne tient pas compte du chômage résultant de maladie ; or on doit ajouter de ce fait, si l’on veutobtenir un résultat comparable à ceux qui nous sont fournis par les autres pays. 2,5 pour cent (proportion généralement admise) (2). Enfin le chômage libre, doit être représenté par 1 pour cent. On arrive ainsi à une proportion de 8,2 pour cent, qui se rapproche sensiblement de celles des autres mations.

Il faut enfin tenir compte de la situation particulièrement favorisée des ouvriers quiont été soumis à l'enquête.

D'une part, l’Angleterre jouit d'une prospérité économique incontestable qui assure à ses nationaux une quantité considérable de travail.

D'autre part, les trade-unionistes doivent être considérés comme une véritable aristocratie ouvrière. Ils appartiennent généralement aux professions qui

dels-Museum,7 janvier 1897.Un article du D' Georg, von Mayr, «die Arbeitslosen im deutschen Reiche s.

4. L'enquête de 1898 a porté sur 466.754 personnes. Voir Labour Gazette, février 1899.

2. Rapport sur la question du chômage, loc. cit., pp. 295 et 307.

demandent le plus d'intelligence et de capacité technique, et dans lesquelles le chômage se fait sen- tir d’une façon beaucoup moins sensible que dans les métiers unskilled.

Les unions du genre de celles des dockers ne peuvent avoir qu’une vitalité très réduite,en temps ordinaire, pour ne prendre leur essor que dans la période de crise (1). En outre, dans les professions supérieures dont nous venons de parler, ce sont encore les individus les plus intelligents et les plus capables qui s’affilient aux Trade-Unions. Naturellement cette élite souffre beaucoup moins du manque de travail que les autres ouvriers du mème corps de métier; un patron qui occupe ce personnel de choix tient à le garder, et il ne renvoie en cas de nécessité que ceux dont il est le moins satisfait. Enfin les Unions anglaises, si sagement et si fortement organisées, ont pris des mesures très efficaces pour favoriser l’'embauchage de leurs adhérents.

Pour toutes ces raisons, le chômage doit être moins intense chez les membres des Trade-Unions anglaises que partout ælleurs, et il l’est en effet, comme nous venons de le constater. Le mal n’en existe pas moins sérieux, puisqu'il y a toujours bon nombre de ces ouvriers d’élite qui ne peuvent trouver d'emploi et que le chômage plonge dans la misère.

Nous pourrions multiplier encore les citations, mais elles deviendraient fastidieuses à force d'avoir

1. V. Paul de Rousiers. Le Trade-Unionisme en Angleterre, bibliothèque du Musée social, Colin, 4897.

la même signification (1). Indiquons seulement encore les renseignements qui nous sont fournis par les statistiques américaines. Les conditions économiques des pays neufs d’au delà de l'Atlantique, ne sont pas les mêmes que dans notre vieille Europe ; nous y retrouvons pourtant les mêmes crises et les mêmes misères.

Suivant M. Caroll Wright, dont l'opinion fait autorité en la matière, le pourcentage du chômage oscillerait aux Etats-Unis entre 2 et 10 pour cent.

Mais ce n’est là qu’une appréciation d’un homme compétent, corroborée par l’analogie des résultats trouvés ailleurs.

Pour pouvoir éclairer notre religion d’une façon

1. Consulter pour la Belgique l'enquête des syndicats gantois, Revue du travail, janvier 1899, et celle de Bruxelles et des environs pour 1894-95, Revue du travail, 1896, p. 28. Le choômage dans les unions professionnelles de l'Etat de New-York, aux Etats-Unis, est représenté par le tableau suivant :

Q le S£ Sans travail Sans travail ee le dernier jour pendant le Trimestre S4 5€ du trimestre trimestre entier EE Nombre | P. CG. | Nombre | P. C.

4. trimestre 1899 | 142.570 | 46.654 | 30.6 35.381 24.8 2 — — 151.206 | 27.378 | 18.1 Je STATS 3 — = 168.454 | 23.230 | 413.8 10.893 6.5 4. — — 473.962 | 39.353 | 22.6 10.132 5.8 1 — 1898 | 179.955 | 37.857 | 21 18.102 | 10.1 2 — — 172.340 | 35.643 | 20.7 10.272 6.

Sixtienth annual report of the Bureau of Labor Statistics of the State of New-York for the year, 1898, New-York and * Albany, 1899 ; V. Revue du travail, mars 1900.

Marcel Lecoq

plus certaine au sujet de l’étendue du chômage aux Etats-Unis, il est préférable d’avoir recours aux enquêtes faites par un des Etats de l’Union, dontles statistiques sont universellement estimées : le Massachusetts. |

Le procédé d'enquête employé par le Labour Bureau de cet Etat, mérite d’être signalé, car il est un des meilleurs dont on ait fait usage jusqu’à ce jour. On relève sur le livre d’embauchage de chaque industrie, le nombre d'ouvriers présents pendant le mois qui vient de s’écouler, et tous les mois on renouvelle cette opération dans chacun des ateliers recensés. On totalise les chiffres ainsi trouvés par mois et par corps de métiers.

Le mois où l’on trouve le plus grand nombre d’ouvriers employés est pris comme base des calculs de l’année. Prenons un exemple : le chiffre maximum des ouvriers ayant du travail est signalé au mois d'avril, pendant lequel 30.000 d’entre eux sont inscrits. Au mois de juin suivant, les registres ne contiennent plus que 27.000 inseriptions. Il y aurait donc d’après ce système 3.000 chômeurs, soit 10 pour cent. R

Sans entrer dans l'appréciation de ce système dont les avantages sont multiples, notamment en ce qui concerne l’impartialité et l'exactitude des déclarations, et l’utilité des renseignements fournis sur l’étendue et l’évolution des crises, il est nécessaire de faire une observation pour donner aux chiffres leur véritable valeur.

Chaque année, nous l’avons vu, le mois où le travail a étéle plus actif est considérécomme base com-

parative pour l'appréciation du chômage pendant

les autres mois de l’année; or même pendant ce mois de prospérité relative, ily a des ouvriers sans travail en nombre plus ou moins considérable, Karl Marx appelait très bien cette partie inoccupée du prolétariat, la réserve de l’armée active du travail ; 1] s’agit de savoir quelle est l’importance de la réserve encore disponible après ces appels successifs au service actif. Faute de le connaître on peut être amené à detrès graves erreurs.

Le nombre maximum des ouvriers occupés pendant une année varie très sensiblement d’une année à l’autre; de telle sorte, que si l’on prend comme base le maximum d’une année ou de celle qui la suit, l'appréciation du chômage peut être grandement modifiée. Ainsi l'enquête américaine indique, pour le mois de septembre 1892, un chiffre de 2.950 chômeurs. Si, au lieu de prendre comme base de comparaison le maximum de cette même année, nous choisissons celui de 1895, nous découvronsau mois de septembre 1892 un nombre de11.731 ouvriers sans travail.” |

Ne pouvant savoir exactement la valeur d’un chif-

fre fourni, puisqu'il varie absolument suivant la base du calcul, il devient par là même impossible d’établir des comparaisons entre eux sans courir le danger de se tromper étrangement. Nous trouvons à deux époques différentes une estimation de chômage à peu près analogue : 2.950 en septembre 1892, et 2.899 en mars 1893. Nous serions portés à penser que la situation pouvait être analogue pendant ces deux périodes ; ce serait une erreur complète. La sta-

{istique du Massachusetts Board est annuelle, elle prend son terme de comparaison dans l’année même : le premier chiffre est « valeur 1892 » comme le second est « valeur 1893 » ; sion les ramène tous les deux à une même « valeur », 1893 par exemple, comme nous lavons fait plus haut, on voit qu'en septembre 1892 il y avait 41.781 chômeurs pour 2.899 en mars 1893, c’est-à-dire environ quatre fois plus (1).

Toutefois, quand on est averti de ces causes d’erreur, il est possible, dans une certaine mesure, de réagir contre elles. Dans le cas qui nous occupe, nous savons d’abord que les chiffres trouvés seront toujours inférieurs à la réalité puisque l’on n’a pas tenu compte du nombre des ouvriers sans travail

4, Voici d’ailleurs un tableau qui fera encore mieux saisir la différence qui résulte du changement de base comparative. Chômage en 1892 et 1893

CL RTE EP RU Re ne A Se Le ER Nombre des

ou Pourcentage

Mois PRIE ETES ————

Base Base Bose Base

1892 1893 1892 | 1893 January ....| 13.842 | 22.623 8.348 | 4,45 | 7,97 | 9,64 February... 9.258 18.039 6.324 2,98 5, 70 1,98 Mârch ...:.. 6.442 15:293 2.889 2,07 4, 89 0,91

April: 3.156 11,937 — | 1,01 3,83 EL

MAVR ESP 3.416 12.197 1.180 1,40 3, 92 0,37 Juness tech 5.426 14.907 9,833 41,74 4, 56 2, 92 JUIN A PREUTS 8.879 17.660 26.615 2,85 5,67 8, 32 August..... 7.390 16.174 55.944 | 2,38 | 5,49 | 17,49 September. . 2,950 ATX 71.414 0,95 3: 110122 "33 October... 294 9.005 48.846 0,07 2, 8912457927 November... — 8.781 48.409 | — 2,82 | 15,14 Décember... 7134 9.515 47.257 0,24 3,05 | 14,78

au moment de la plus grande activité économique de l’année. Nous savons par ailleurs qu’au temps de prospérité on doit compter sur une proportion de 2à 3 pour cent de chômage permanent. Nous serons donc surs d’être toujours au-dessous de la vérité, en ajoutant 2 pour cent aux proportions trouvées par le Massachusetts Board.

Voyons maintenant quels renseignements il nous fournit. De 1889: à 1893 les moyennes annuelles de chômage ont été les suivantes :

1889 moyenne 1,44 p.c.

Si nous faisons encore la moyenne de ces 5 années nous obtenons la proportion de 2,96 pour cent. En y ajoutant les 2 pour cent, minimum de chômage en temps de prospérité, nous arrivons sensiblement à 5 pour cent, proportion très normale (1). La misère pour cause de chômage est donc aussi grande aux Etats-Unis qu'en Europe.

Il ne suffit pas d'examiner combien d'ouvriers sont atteints par le chômage pendant six mois où un an, ou de voir quelle est la quantité de travailleurs qui se trouve en moyenne chaque Jour sans ouvrage,

4. V. Opinion de M. Caroll Wright, citée dans le Rapport sur la question du chômage, p.288. Voir aussi Report of the Massachusetts Board to investigate thesubject of the. Unemployed- March13, 1895, Boston, Wright et Potter Printing Co, 18, Post office square, 189.

il faut encore, pour avoir une idée suffisante de la question, considérer la durée du chômage.

En France, l'Office du travail estime, d’après les réponses qu’il a reçues des syndicats ouvriers, que le chômage réduit de 40 ou 45 jours le temps normal du travail de l’ouvrier. En effet l'ouvrier : ayant de l'occupation toute l’année, travaille en moyenne 290 jours par an; or, la population prise dans son ensemble travaille à peing 250 jours. Il reste donc 40 jours de chômage réel (1).

En Allemagne, une enquête faite par les associations ouvrières, évalue en moyenne le chômage à 10 semaines par an. Les recencements officiels des 14 juin et 2 décembre 1895, nous donnent des renseignements plus complets et plus précis pour la Prusse. Le tableau suivant indique la durée de chômage chez les ouvriers qui étaient sans ouvrage à l’époque du recensement.

Nombre des chômeurs au 14 juin au 2 décembre

LOUP NE RNA NT NOR 2.072 143.534 DAT IOUES Er er AIRES 17.542 66.635 BA LR IOULS NE MECS a 37.545 143.840 LD A 28 OUES RE ANR RE RAS 21.546 96.312 20'à O0 SEULS TER ANR MERE 44.940 129.350 DL'IOUFS EL DITS IR SITE 33.105 61.340 Nombre de jours inconnus . . . 31.229 42.665

Total 1 fée 193.979 593.676

{I résulte de ce cette enquête, faite dans des conditions très sérieuses, que les chômages les plus courts ne sont malheureusement pas les plus nombreux. Le manque de travail dure presque toujours

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