‹ L'Assistance Publique à Carcassonne: Avant la construction de l'Hôtel-Dieu, 1269-1723Chapitre 21 sur 24 · HOPITAL-GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

HOPITAL-GÉNÉRAL

Nous avons vu dans les chapitres précédents, que les hôpitaux qui n’avaient pas disparu à la fin du xvrr siècle furent rattachés à l'Hôpital-Général qui venait d’être fondé. Il nous reste maintenant à étudier cet établissement depuis sa création jusqu’en 1723 date à laquelle nous avons arrêté cette étude car elle correspond avec la construction de l'Hôtel- Dieu actuel à une nouvelle période de l'histoire de l'Assistance publique à Carcassonne.

Durant les xv°, xvie, et XVI siècles, la misère avait augmenté en France dans de grandes proportions ; les causes en étaient : les guerres étrangères

dévastation et la ruine du pays. Aussi le nombre des mendiants étant devenu excessif vers la fin du xvir siècle, Louis XIV voyant que tous les édits de ses prédécesseurs n’avaient aucun résultat, résolut de faire enfermer tous les pauvres dans des hôpitaux spéciaux afin « d’oster la mendicité et l'oisiveté et d'empescher tous les désordres qui viennent de ces deux sources, establir des manufactures, porter les pauvres à la crainte de Dieu et à une vie plus ré-

et surtout les luttes intestines qui An la

glée, faire de bons artisans, de bons citoyens et de bons chrétiens, et donner une ample moisson à toutes les personnes de piété, pour exercer les œuvres de miséricorde dans ces lieux charitables, et travailler à leur propre sanctification en procurant le salut aux autres » (1). :

Louis XIV créa ainsi l’H6pital- Général de Paris (2) (1656-1657) et manifesta le désir de voir les grandes Villes du royaume suivre cette exemole. Aussi le 6 mars 1674 l’évêque de Carcassonne ayant reçu une lettre de M. Daguesseau, intendant de la province, fit convoquer les consuls à la Cité pour leur faire part des désirs du roi. Ceux-ci, après avoir pris connaissance de la lettre, répondirent que « depuis plusieurs siècles on avait au bout du pont un hôpi: tal où les vues de Sa Majesté étaient remplies » et que dans quelques temps ou aurait un « Hôtel de Charité » qui ne laisserait rien à désirer (3). On s'était mis en effet à consiruire un asile pour les pauvres comme c’est mentionné dans le registre des délibérations du Conseil municipal à la date du jeudi 7 mars 1686 et cet ouvrage se trouvait si fort avancé qu'il était presque en état de recevoir ses nouveaux habitants. Il ne restait plus qu’à nommer les directeurs au nombre de 14, qui tous pris parmi

1. L'Hospital-Général Charitable, chez Ch. Savreux, Paris 1652.

2. Le roi affecte à cette institution, la Salpêtrière, Bicêtre, la Grande et la petite Pitié, le refuge, du faubourg Saint-Victor, l'hôpital Scipion, la maison de la Savonnerie, etc.

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