‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 116 sur 229 · GRAND BUREAU DES PAUVRES · texte numérisé non relu

GRAND BUREAU DES PAUVRES

Le Grand Bureau des pauvres est, après l'Hôtel-Dieu. l'établissement le plus ancien qui ait été fait à Paris pour le soula^jement des pauvres. Son objet est d'assister les vieilles gens et les petits enfans de toutes les paroisses de la ville et fauxbourjjs de Paris, connus el domiciliés, qui sont hors d'état de gagner leur vie.

Ces pauvres sont choisis par MM. les commissaires des pauvres en exercice sur chaque paroisse.

Les paroisses sont réunies en trente-trois commissariats des pauvres.

Les commissaires des pauvres sont nommés chaque année par MM. les curés et marguilliers et notables citoyens de la paroisse.

Les pauvres ainsi choisis par MM. les commissaires des pauvres sont par eux présentés au Grand Bureau des pauvres pour y être inscrits.

A compter du jour de leur réception, ils reçoivent par semaine, sçavoir : les pauvres âgés de 60 ans et au-dessus, 1 2 sols, et les enfans 6 sols par semaine.

Cette paye leur est faite par MM. les commissaires des pauvres en exercice sur le montant du rolle de la taxe des pauvres que le commissaire est chargé de recevoir, suivant le rolle qui lui en est délivré lors de sa réception et de sa prestation de serment au Grand Bureau, entre les mains de M. le Procureur général.

La taxe des pauvres sur tous leshabitans de la ville et fauxbourgs de Paris fait un objet, année commune, d'environ 5 a, 000*^, à quoi il convient d'ajouter le produit des questes faites par les dames qui pré-

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senlent les pains ù bénir, celui de ce que rendent les tronières de ce qui se trouve dans les troncs, des présents volontaires de MM. les commissaires des pauvres, lorsqu'ils rendent leurs comptes, dans lesquels sont compris tous ces objets, ce qui forme pour le tout environ 58,000^.

Sur cette somme on tient compte à MM. les commissaires des pauvres, en rendant leurs comptes, de celles qu'ils ont payé aux pauvres, comme il est ci-devant dit, les gages des vergers des pauvres cbargés de les conduire au Bureau et de veiller sur eux, et ceux des huissiers chargés de faire les requêtes desdits pauvres et dont les gages sont, sçavoir : pour tous les vergers ensemble 1,538^ par an et pour tous les huissiers de 609^ aussi par an.

Cette dépense monte, année commune, à ^6,000^, en sorte que les reliquats des comptes des commissaires peuvent faire un objet, année commune, de 12,000^.

Les communautés ecclésiastiques payent séparément leurs taxes des pauvres entre les mains du receveur du Cirand Bureau, et ces taxes montent à 8,898^.

♦ Cette dernière somme ainsi que les reliquats des comptes des commissaires des pauvres sont employés au profit des pauvres de l'hôpital des Petites-Maisons. Cette somme paroîtra peut-être bien modique, mais on observe que depuis plus de 1 5o ans la taxe n'a point été augmentée ; que les taxes pour les marchands qui ne sont point des six corps et les artisans en état de payer ne sont que de 1 3 sols par an,

(x'Iles des marchands des six corps, notaires, procureurs et huissiers sont de 26 sols par an, et celles des personnes constikiées en dignité eu égard à leur qualité est toujours dans une proportion modique.

Les pauvres âgés admis à l'aumône du Grand Bureau sont reçus chacun à leur tour par ordre d'âge à l'hôpital des l^etites-Maisons, comme il sera ci-après dit, et les enfans sont admis à l'hôpital de la Trimté. aussi chacun à leur tour par ordre d'Age, suivant un rolle arrêté tous les 3 ou 4 ans.

Lettres patentes du roi Henri II, du onze novembre t55/i, qui permettent aux commissaires commis par le Parlement sur le fait et

police des pauvres de faire construire un ou deux nouveaux hôpitaux pour V loger et nourrir des pauvres en petites loges. Contrat de vente fait et passé double le 3 février iddIi (l'année commençant alors à Pâques et par conséquent février se trouvoit après novembre ), devant Brusié et Fournier, notaires à Paris, par Robert Fallentin aux commissaires du Grand Bureau des pauvres d'une maison, cour, étable, jardin, lieux et appartenances, contenant en fonds de terre trois arpens ou environ, le lieu ainsi qu'il se comportoit, appelle anciennement la Maladrerie de Saint-Germain des Prés les Paris, pour être ledit lieu appliqué à un hôpital pour lesdits pauvres.

Depuis ce tems les pauvres âgés de l'aumône du Grand Bureau ont été admis à cet hôpital, chacun à son rang d'âge.

Cet hôpital étoit destiné pour 600 pauvres vieillards de l'un et l'autre sexe, et toujours de l'aumône du Grand Bureau. Cependant les bâtimens ne pouvoient contenir que 35o pauvres.

Les valides étoient au préau et on leur pavoit une rétribution de 3o sols par semaine pour leur tenir lieu de nourriture; à l'égard des infirmes, ils étoient à l'infirmerie nourris et soignés, mais ils ne rece\ oient point de paye.

En i-ySi, on a fixé la pave de chaque pauvre du préau à 36' par semaine, depuis elle a été successivement augmentée et a été portée à 3^ par chaque jeudi.

Partie des bâtimens de cet hôpital étant tombés en ruine, l'administration les a fait reconstruire, elle a même fait une augmentation de deux salles d'infirmerie, afin de pouvoir admettre un plus grand nombre de pauvres.

Cet hôpital contient aujourd'hui 538 personnes tant au préau qu'à l'infirmerie; celles du préau reçoivent tous les jeudis 3^ qui leur sont distribuées par les administrateurs, ainsi que du sel tous les mois, du bois deux fois l'an et quelques distributions en pain à cause des fondations particulières.

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